Le cerveau présumé de l'organisation, un individu nommé I.F. alias « Kara », gérait personnellement la promotion des substances abortives sur les réseaux sociaux. Son mode opératoire consistait à attirer des clientes via TikTok avant de basculer les discussions sur WhatsApp pour conclure les ventes en toute discrétion. Pour échapper à la surveillance des autorités, l'administrateur utilisait de faux comptes et des identités d'emprunt. L'enquête a également permis de remonter la filière jusqu'à un fournisseur basé au marché « Keur Serigne Bi » à Dakar et d'interpeller un livreur, M.D., pris en flagrant délit avec trois boîtes de médicaments en sa possession.
Au total, huit personnes ont été appréhendées lors de cette opération d'envergure. Outre les trois hommes gérant l'administration, l'approvisionnement et la logistique du réseau, cinq femmes ont été interpellées alors qu'elles tentaient de se procurer ces substances pour interrompre leur grossesse. Lors de leurs auditions, ces dernières ont affirmé ignorer le cadre légal strict entourant la vente de tels médicaments ainsi que les risques graves pour leur santé. Cette affaire souligne les dangers croissants liés à l'automédication facilitée par les plateformes numériques de vente non régulées.
Le bilan de l'opération fait état de la saisie de plusieurs téléphones portables ayant servi aux transactions, d'une motocyclette utilisée pour les livraisons et d'un stock de comprimés abortifs. Les huit suspects ont été présentés ce mercredi 18 février devant le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Rufisque. Ils devront répondre de divers chefs d'accusation liés au trafic de médicaments, à l'exercice illégal de la médecine et à la mise en danger de la vie d'autrui, tandis que la DSC poursuit sa veille sur le web pour identifier d'autres réseaux similaires.


