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À Thilogne, la gestion des forages par la communauté atteint ses limites

Factures d’électricité, impayés et pannes : à Thilogne, le comité demande à la SDER de reprendre les forages. Le maire s’oppose à la réforme.



À Thilogne, dans l’arrondissement d’Agnam Civol (région de Matam), la gestion communautaire des forages traverse une période difficile. Lors d’une réunion à la mairie le 19 octobre 2026, le président du comité ad hoc, Aboubacry Kane, a dressé un bilan inquiétant.

Sur 1,6 million de francs CFA en caisse, 1,2 million doit servir à payer la facture d’électricité de la SENELEC. Il reste peu pour rémunérer les conducteurs, releveurs et plombiers, dont les prestations attendent encore d’être payées. S’y ajoutent des pannes récurrentes sur les pompes, groupes électrogènes, colonnes et armoires de commande, faute de compétences et de budget.

Face à ce constat, le comité a demandé que la gestion soit confiée à la Sénégalaise des eaux rurales (SDER), en lançant un appel à l’aide aux autorités présentes.

La question divise pourtant. Le maire, Mamadou Elimane Kane, s’oppose à la réforme, tout en reconnaissant les difficultés actuelles. Il défend le maintien d’une gestion communautaire, associée à une structure de développement locale, avec un programme de solarisation. Le sous-préfet, Babacar Diagne, lui a rappelé que la réforme est une politique de l’État, conduite sous l’autorité du ministre de l’Hydraulique, Cheikh Tidiane Dièye, et l’a présentée comme irréversible.

L’Office des forages ruraux (OFOR) défend une gestion professionnelle pour garantir la continuité du service. Dans les zones sous délégation de service public, les ASUFOR et autres comités n’ont plus d’existence légale pour exploiter les ouvrages. Thilogne compte trois forages et un réseau rénové grâce aux investissements de l’État.

La SDER, qui exploite plus de 800 forages à Matam, Saint-Louis et Louga, s’engage notamment à traiter l’eau par chloration et à réparer pannes et fuites sous 48 heures. L’enjeu reste de concilier l’accès à l’eau potable, l’équilibre financier et la protection des investissements publics.

Rédigé par le Jeudi 29 Octobre 2026 à 03:33


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