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Tragédie au Venezuela: à peine expulsé des États-Unis, un migrant meurt dans le double séisme à La Guaira

L'histoire de Daniel Núñez illustre de manière dramatique l'ampleur du double tremblement de terre qui a frappé le Venezuela le 24 juin 2026. Tout juste expulsé des États-Unis après avoir tenté d'y obtenir l'asile, le jeune homme de 28 ans a péri sous les décombres de son hôtel à Macuto, moins d'une heure après son arrivée sur le sol national. Sa mère, Oswadeliz Núñez, a dû identifier son corps défiguré grâce à un tatouage.



Le destin s'est montré d'une cruauté absolue pour Daniel Núñez et sa famille. Après quatre ans d'exil aux États-Unis, ce jeune vénézuélien faisait partie des 146 passagers du vol d'expulsion 164 affrété par les autorités américaines, qui a atterri à l'aéroport international Simón Bolívar de Maiquetía le mercredi 24 juin 2026 à 10h22.

Pris en charge par les agents du service de renseignement vénézuélien (SEBIN) dans le cadre de la mission officielle « Vuelta a la Patria », Daniel a pu passer un dernier coup de téléphone à sa mère pour la rassurer. Il lui a expliqué qu'après des examens médicaux, le groupe de rapatriés allait passer la nuit dans un hôtel de Macuto, dans l'État de La Guaira, avant de pouvoir regagner leurs régions d'origine le lendemain. Quarante minutes plus tard, la terre tremblait de manière dévastatrice, provoquant l'effondrement immédiat du bâtiment.

Une identification douloureuse au milieu du chaos logistique

Face au silence des autorités et à l'absence d'informations centralisées après la catastrophe, Oswadeliz Núñez, avocate de profession, a quitté sa ville d'El Tigre pour entamer une recherche désespérée dans les hôpitaux et les morgues de La Guaira. Ce n'est que le lundi suivant qu'elle a été orientée vers une installation portuaire transformée en morgue de fortune pour accueillir les corps extraits des gravats.

« Quand nous sommes allés récupérer le corps de mon fils, c'était le chaos total. Les corps gisaient sur le sol », confie-t-elle.

Le visage de Daniel étant complètement écrasé par les structures en béton, c'est un tatouage sur son bras gauche, resté intact, qui a permis à sa famille de l'identifier formellement. Un tatouage qui avait jadis provoqué une dispute familiale et qui est devenu l'unique moyen de lui rendre sa dignité. Pour accélérer les obsèques et pouvoir ramener ses cendres, sa mère a dû débourser 680 dollars auprès d'un crématorium privé, les services gratuits promis par l'État affichant des délais d'attente de 10 à 30 jours. Selon des bilans non confirmés, au moins 12 autres expulsés du même vol auraient péri dans les mêmes conditions.

Engrenage administratif et pressions psychologiques aux États-Unis

Le parcours migratoire de Daniel avait débuté en 2022 lorsqu'il a traversé la frontière mexicaine pour demander l'asile aux États-Unis. Travaillant dans le secteur de la construction, son destin a basculé le 10 mai dernier lorsque des agents de l'Immigration and Customs Enforcement (ICE) l'ont arrêté. Le motif : un mandat d'arrêt émis pour défaut de comparution devant un tribunal en 2024, lié à une simple infraction routière (conduite sans permis valide). Daniel, qui avait déménagé, affirme n'avoir jamais reçu la convocation postale.

Bien qu'un juge ait finalement classé l'affaire de permis de conduire le 9 juin en lui infligeant une simple amende pour son absence initiale, son dossier d'asile toujours pendant a permis à l'ICE de le maintenir en détention. Sa mère dénonce de fortes pressions psychologiques exercées dans le centre de rétention pour pousser son fils à signer ses papiers d'expulsion volontaire. Les agents lui avaient promis un retour sous cinq jours, qui s'est finalement transformé en deux semaines d'attente, le faisant arriver au Venezuela le jour exact de la catastrophe.

Interpellé sur cette affaire, un porte-parole du Département de la Sécurité intérieure des États-Unis (DHS) a simplement déclaré à CNN que le vol s'était déroulé sans incident et que « dès qu'un individu n'est plus sous la garde de l'ICE, l'agence n'est plus responsable de cette personne ».

Un appel à la dignité pour les expulsés

Aujourd'hui, Oswadeliz Núñez refuse de se taire. Elle demande que le gouvernement vénézuélien fasse preuve de transparence sur le sort des passagers de ce vol et exige la mise en place de protocoles plus humains et sécurisés pour l'accueil des expulsés sans casier judiciaire, déplorant qu'ils soient traités comme de simples marchandises administratives.

« Ce ne sont pas des sacs de pommes de terre. Ce sont des êtres humains. Tout ce que je demande à Dieu, c'est que ces morts ne restent pas impunies, car mon fils n'était pas un criminel », martèle-t-elle.

Rédigé par le Samedi 18 Juillet 2026 à 15:09


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