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Piégés dans les mines d’or illégales : le mirage burkinabè des migrants ouest-africains



Ils viennent du Nigeria, du Ghana ou du Togo, happés par des promesses trompeuses de salaires élevés diffusées sur les réseaux sociaux. Mais au lieu d’un eldorado, ces hommes se retrouvent pris au piège du travail forcé, dans les entrailles poussiéreuses des mines d’or illégales du Burkina Faso.


Un samedi soir d’avril 2024, Moustapha Ibrahim, 48 ans, soudeur à Lagos (Nigeria), rentre chez lui avec à peine 3 800 nairas (2,40 dollars) en poche. Autrefois, il gagnait jusqu’à 13 000 nairas par jour. Allongé sur son lit, désabusé, il scrolle WhatsApp... lorsqu’une vidéo partagée par un ancien ami attire son attention : un paysage de paillettes dorées, des jeunes souriants, des liasses de billets. Le message est clair : « Viens au Burkina, le travail dans l’or paie ! »


Un voyage vers l’enfer


Séduit, Moustapha emprunte pour financer son voyage. Comme beaucoup, il traverse clandestinement plusieurs frontières, avant de débarquer dans une zone minière du centre-nord du Burkina Faso. Très vite, il déchante. Le logement promis n’est qu’un abri précaire. Le salaire ? Une poignée de francs CFA, souvent versée en retard ou pas du tout. Les journées sont interminables, sous une chaleur écrasante, sans équipements de sécurité.


Réseaux sociaux et réseaux mafieux


Ces campagnes de « recrutement » sont savamment orchestrées. Elles exploitent la précarité économique de milliers de jeunes et s’appuient sur des influenceurs fictifs ou de faux témoignages mis en scène. Derrière, des réseaux informels et mafieux organisent l’arrivée des candidats et leur asservissement.


Souvent sans papiers, sans recours, les victimes se retrouvent piégées, parfois violentées, et totalement dépendantes de leurs recruteurs. Ceux qui tentent de fuir sont menacés ou abandonnés en pleine brousse.


Une exploitation invisible mais massive


Selon des ONG locales, des milliers de migrants ouest-africains seraient concernés par ce phénomène dans les régions aurifères du Burkina Faso, mais aussi au Mali et au Niger. Le secteur informel de l’orpaillage, difficile à contrôler, constitue un terreau fertile pour ces formes modernes d’esclavage.


Appels à l’action


Des associations appellent les gouvernements de la CEDEAO à agir ensemble pour démanteler ces réseaux, offrir un appui consulaire aux ressortissants en détresse, et mieux réguler le secteur de l’orpaillage artisanal. Pour Moustapha, comme pour tant d'autres, le rêve d’un meilleur avenir s’est transformé en cauchemar doré.


Rédigé par le Jeudi 12 Juin 2025 à 14:54

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