Un projet d'accord nucléaire aux clauses totalement inédites attend la validation finale de la Maison-Blanche. Selon des documents consultés par CNN et des sources proches du dossier, l'administration Trump s'est montrée disposée à accorder à Riyad le droit d'enrichir de l'uranium à des fins civiles. Une concession historique qui déroge aux standards habituels de non-prolifération imposés par Washington à ses partenaires étrangers.
Conclues en octobre 2025 par une déclaration du secrétaire à l'Énergie Chris Wright, les négociations sur cet « accord 123 » de coopération nucléaire civile n'ont toujours pas débouché sur l'envoi du texte au Congrès pour examen. Ce retard s'explique en grande partie par le contexte géopolitique hautement inflammable au Moyen-Orient. Le conflit armé actuel avec l'Iran, déclenché en partie par Washington pour empêcher Téhéran d'accéder à l'arme atomique, rend l'octroi de capacités d'enrichissement à son principal rival régional, l'Arabie saoudite, particulièrement délicat.
Par ailleurs, les conseillers du président redoutent une fronde parlementaire transpartisane au Capitole, capable de voter une résolution de désapprobation pour bloquer l'accord.
Une entorse au « gold standard » qui inquiète les experts
La principale source d'inquiétude des spécialistes réside dans l'absence d'obligation pour le royaume saoudien de signer le Protocole additionnel de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Ce protocole de l'ONU est pourtant conçu pour accorder aux inspecteurs un accès étendu et impromptu aux sites suspects non déclarés. À la place, l'administration Trump a opté pour un accord de surveillance strictement bilatéral entre Washington et Riyad.
Cette approche rompt radicalement avec le traité conclu en 2009 avec les Émirats arabes unis. Abou Dabi avait alors accepté de renoncer définitivement à l'enrichissement d'uranium et au retraitement du plutonium en échange de la technologie américaine, établissant ce que les experts nomment le « gold standard » (le standard d'or) de la non-prolifération.
« Si vous n'avez pas le Protocole additionnel en place, l'AIEA dispose de beaucoup moins de droits pour inspecter les sites clandestins », prévient Andrea Stricker, directrice adjointe du think tank Foundation for Defense of Democracies. Elle rappelle qu'autoriser l'enrichissement sur le sol saoudien comporte le risque permanent de voir les installations nationalisées par Riyad en cas de crise majeure.
Bataille d'influence commerciale contre la Chine et la Russie
Pour les partisans de l'accord, le risque de prolifération reste un enjeu résiduel face aux bénéfices économiques et géopolitiques attendus. L'ouverture du marché saoudien représente une opportunité commerciale de plusieurs milliards de dollars pour l'industrie nucléaire américaine en pleine renaissance, un objectif en parfaite adéquation avec la politique énergétique de Donald Trump.
De plus, les défenseurs du texte soulignent que si les États-Unis refusent de fournir cette technologie avec leurs propres conditions de sécurité, l'Arabie saoudite se tournera inévitablement vers la Chine ou la Russie. Pékin et Moscou se feraient un plaisir de livrer des centrales clés en main avec des exigences de contrôle encore plus faibles. Le prince héritier Mohammed bin Salman a déjà prévenu par le passé que son pays développerait l'arme atomique si l'Iran parvenait à se doter de la bombe.
Conclues en octobre 2025 par une déclaration du secrétaire à l'Énergie Chris Wright, les négociations sur cet « accord 123 » de coopération nucléaire civile n'ont toujours pas débouché sur l'envoi du texte au Congrès pour examen. Ce retard s'explique en grande partie par le contexte géopolitique hautement inflammable au Moyen-Orient. Le conflit armé actuel avec l'Iran, déclenché en partie par Washington pour empêcher Téhéran d'accéder à l'arme atomique, rend l'octroi de capacités d'enrichissement à son principal rival régional, l'Arabie saoudite, particulièrement délicat.
Par ailleurs, les conseillers du président redoutent une fronde parlementaire transpartisane au Capitole, capable de voter une résolution de désapprobation pour bloquer l'accord.
Une entorse au « gold standard » qui inquiète les experts
La principale source d'inquiétude des spécialistes réside dans l'absence d'obligation pour le royaume saoudien de signer le Protocole additionnel de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Ce protocole de l'ONU est pourtant conçu pour accorder aux inspecteurs un accès étendu et impromptu aux sites suspects non déclarés. À la place, l'administration Trump a opté pour un accord de surveillance strictement bilatéral entre Washington et Riyad.
Cette approche rompt radicalement avec le traité conclu en 2009 avec les Émirats arabes unis. Abou Dabi avait alors accepté de renoncer définitivement à l'enrichissement d'uranium et au retraitement du plutonium en échange de la technologie américaine, établissant ce que les experts nomment le « gold standard » (le standard d'or) de la non-prolifération.
« Si vous n'avez pas le Protocole additionnel en place, l'AIEA dispose de beaucoup moins de droits pour inspecter les sites clandestins », prévient Andrea Stricker, directrice adjointe du think tank Foundation for Defense of Democracies. Elle rappelle qu'autoriser l'enrichissement sur le sol saoudien comporte le risque permanent de voir les installations nationalisées par Riyad en cas de crise majeure.
Bataille d'influence commerciale contre la Chine et la Russie
Pour les partisans de l'accord, le risque de prolifération reste un enjeu résiduel face aux bénéfices économiques et géopolitiques attendus. L'ouverture du marché saoudien représente une opportunité commerciale de plusieurs milliards de dollars pour l'industrie nucléaire américaine en pleine renaissance, un objectif en parfaite adéquation avec la politique énergétique de Donald Trump.
De plus, les défenseurs du texte soulignent que si les États-Unis refusent de fournir cette technologie avec leurs propres conditions de sécurité, l'Arabie saoudite se tournera inévitablement vers la Chine ou la Russie. Pékin et Moscou se feraient un plaisir de livrer des centrales clés en main avec des exigences de contrôle encore plus faibles. Le prince héritier Mohammed bin Salman a déjà prévenu par le passé que son pays développerait l'arme atomique si l'Iran parvenait à se doter de la bombe.

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