Un incendie près de Khiam et des secouristes empêchés d'intervenir
L'armée israélienne a largué des fusées éclairantes sur une zone boisée près de Khiam, dans le sud du Liban, ce mardi 11 août. Le feu s'est rapidement propagé. Face à l'incendie, les pompiers libanais ont tenté d'intervenir pour éteindre le brasier, avant qu'un drone ne frappe à proximité, les contraignant à se replier — une information rapportée par Hussein Fakih, chef de la Défense civile de la région de Nabatieh, au quotidien britannique The Guardian.
« La plupart de nos interventions concernent désormais des incendies », explique l'officier, qui estime qu'environ 30 à 40 % des terres situées près de la ligne de front ont été touchées par le feu.
Des accusations « d'écocide » via phosphore blanc et fusées éclairantes
Selon le NEWSP, la plateforme du système national d'alerte précoce du Liban, l'armée israélienne aurait frappé le pays avec 175 munitions incendiaires au phosphore blanc entre le 7 octobre et le 20 juin, dans le but présumé d'incendier forêts et champs des zones frontalières. Sa directrice, Tamara el-Zein, a qualifié à plusieurs reprises ces actions « d'écocide ».
En mai 2026, un rapport du NSWR citait la chercheuse et ministre de l'environnement libanaise dénonçant « une politique de terre brûlée dans tous les sens du terme ». Des images satellites partagées par Tamara el-Zein font état de 2 000 hectares brûlés en mai, s'ajoutant aux 8 500 hectares détruits lors d'une précédente offensive.
Des incendies quotidiens depuis le cessez-le-feu
Depuis l'accord de cessez-le-feu du 17 juin, qui a mis fin à l'essentiel des combats entre le Hezbollah et Israël, les incendies se seraient multipliés dans les oliveraies et les terres agricoles du sud du Liban, selon des vidéos et des témoignages recueillis par les services de secours.
« Ils ont commencé à agir ainsi juste après le cessez-le-feu, et il y a des bombes incendiaires tous les jours », précise Hussein Fakih. « De petits drones larguent des substances incendiaires, des obus au phosphore [blanc] sont tirés sur les zones boisées, sans compter les fusées éclairantes larguées en plein jour pour enflammer la végétation. »
Le 7 août, des munitions israéliennes auraient provoqué d'importants incendies dans deux zones boisées, à Kfarchouba et entre Jezzine et la vallée de la Bekaa occidentale. Selon Samir Hardan, chef de la station de la Défense civile locale, un second drone aurait déclenché un nouvel incendie au lendemain même de l'extinction du précédent.
Des interventions entravées par les autorités militaires
Les pompiers libanais sont tenus de coordonner leurs déplacements avec l'armée libanaise, qui transmet leurs demandes à un groupe de « déconfliction » incluant l'armée israélienne. Selon The Guardian, ils n'auraient reçu l'autorisation d'intervenir que sur deux sites, malgré des incendies actifs dans d'autres zones.
La lutte contre les feux est par ailleurs compliquée par la topographie du terrain et un accès à l'eau limité, rendu plus difficile encore par la présence de mines antipersonnel dans la région, selon L'Orient-Le Jour.
Des écosystèmes anciens menacés
Hicham Younes, fondateur de l'ONG libanaise Green Southerners, décrit des forêts anciennes dominées par des pins pignons et des chênes, jouant un rôle d'étape essentiel pour les oiseaux migrateurs. Il qualifie lui aussi ces attaques d'« écocide » : « Il ne s'agit pas d'un incendie ou d'une attaque isolée, mais d'un processus de destruction qui érode progressivement la capacité des écosystèmes à fonctionner, à se régénérer et à soutenir la vie. »
Sollicitée par The Guardian sur ces incendies, l'armée israélienne a indiqué que ses opérations étaient « menées en prenant des mesures de précaution pour limiter les dommages causés aux civils et à l'environnement ».
Une tactique déjà documentée
Ce n'est pas la première fois que les forces israéliennes sont accusées de provoquer délibérément des incendies. À l'été 2024, des troupes israéliennes avaient utilisé un trébuchet pour projeter des débris enflammés par-dessus la frontière libanaise, tandis que l'armée libanaise diffusait des images de drones équipés de tuyaux déversant des substances inflammables sur les forêts.
Selon un décompte de L'Orient-Le Jour portant sur 2024, sur 17 millions de m² brûlés, 1,13 million de m² correspondaient à des oliveraies, 810 000 m² à des cultures de bananiers et d'agrumes, et 11,5 millions de m² à des forêts de chênes.
En février 2026, des experts en santé et environnement avaient également alerté sur la pulvérisation par des avions israéliens d'herbicides jugés cancérigènes sur des terres agricoles du sud du pays, faits dénoncés par le ministère libanais des Affaires étrangères auprès de l'ONU.
Le témoignage des villages détruits
Le 1er août, les habitants déplacés du village frontalier de Yaroun ont découvert que leurs oliveraies, vergers et maisons avaient été incendiés. « Ils avaient déjà rasé tout le village au bulldozer. Ensuite, ils ont mis le feu aux arbres [...] de vastes oliveraies aux arbres très anciens », a témoigné auprès du Guardian Hafez Ghasham, maire de Yaroun, précisant que seules 20 des 900 maisons du village avaient été épargnées par les démolitions.
« Beaucoup de ces arbres [...] nous avaient été transmis par nos grands-parents et nos parents. Ils ont une immense valeur sentimentale [...] Ils tentent de rendre la terre inhabitable », a-t-il ajouté.
Ces accusations, portées par des pompiers, des ONG environnementales et des responsables libanais, s'inscrivent dans un différend plus large sur les conséquences environnementales et humaines des opérations militaires menées dans le sud du Liban depuis le cessez-le-feu de juin. L'armée israélienne conteste de son côté toute intention de nuire à l'environnement, invoquant des mesures de précaution dans la conduite de ses opérations.
L'armée israélienne a largué des fusées éclairantes sur une zone boisée près de Khiam, dans le sud du Liban, ce mardi 11 août. Le feu s'est rapidement propagé. Face à l'incendie, les pompiers libanais ont tenté d'intervenir pour éteindre le brasier, avant qu'un drone ne frappe à proximité, les contraignant à se replier — une information rapportée par Hussein Fakih, chef de la Défense civile de la région de Nabatieh, au quotidien britannique The Guardian.
« La plupart de nos interventions concernent désormais des incendies », explique l'officier, qui estime qu'environ 30 à 40 % des terres situées près de la ligne de front ont été touchées par le feu.
Des accusations « d'écocide » via phosphore blanc et fusées éclairantes
Selon le NEWSP, la plateforme du système national d'alerte précoce du Liban, l'armée israélienne aurait frappé le pays avec 175 munitions incendiaires au phosphore blanc entre le 7 octobre et le 20 juin, dans le but présumé d'incendier forêts et champs des zones frontalières. Sa directrice, Tamara el-Zein, a qualifié à plusieurs reprises ces actions « d'écocide ».
En mai 2026, un rapport du NSWR citait la chercheuse et ministre de l'environnement libanaise dénonçant « une politique de terre brûlée dans tous les sens du terme ». Des images satellites partagées par Tamara el-Zein font état de 2 000 hectares brûlés en mai, s'ajoutant aux 8 500 hectares détruits lors d'une précédente offensive.
Des incendies quotidiens depuis le cessez-le-feu
Depuis l'accord de cessez-le-feu du 17 juin, qui a mis fin à l'essentiel des combats entre le Hezbollah et Israël, les incendies se seraient multipliés dans les oliveraies et les terres agricoles du sud du Liban, selon des vidéos et des témoignages recueillis par les services de secours.
« Ils ont commencé à agir ainsi juste après le cessez-le-feu, et il y a des bombes incendiaires tous les jours », précise Hussein Fakih. « De petits drones larguent des substances incendiaires, des obus au phosphore [blanc] sont tirés sur les zones boisées, sans compter les fusées éclairantes larguées en plein jour pour enflammer la végétation. »
Le 7 août, des munitions israéliennes auraient provoqué d'importants incendies dans deux zones boisées, à Kfarchouba et entre Jezzine et la vallée de la Bekaa occidentale. Selon Samir Hardan, chef de la station de la Défense civile locale, un second drone aurait déclenché un nouvel incendie au lendemain même de l'extinction du précédent.
Des interventions entravées par les autorités militaires
Les pompiers libanais sont tenus de coordonner leurs déplacements avec l'armée libanaise, qui transmet leurs demandes à un groupe de « déconfliction » incluant l'armée israélienne. Selon The Guardian, ils n'auraient reçu l'autorisation d'intervenir que sur deux sites, malgré des incendies actifs dans d'autres zones.
La lutte contre les feux est par ailleurs compliquée par la topographie du terrain et un accès à l'eau limité, rendu plus difficile encore par la présence de mines antipersonnel dans la région, selon L'Orient-Le Jour.
Des écosystèmes anciens menacés
Hicham Younes, fondateur de l'ONG libanaise Green Southerners, décrit des forêts anciennes dominées par des pins pignons et des chênes, jouant un rôle d'étape essentiel pour les oiseaux migrateurs. Il qualifie lui aussi ces attaques d'« écocide » : « Il ne s'agit pas d'un incendie ou d'une attaque isolée, mais d'un processus de destruction qui érode progressivement la capacité des écosystèmes à fonctionner, à se régénérer et à soutenir la vie. »
Sollicitée par The Guardian sur ces incendies, l'armée israélienne a indiqué que ses opérations étaient « menées en prenant des mesures de précaution pour limiter les dommages causés aux civils et à l'environnement ».
Une tactique déjà documentée
Ce n'est pas la première fois que les forces israéliennes sont accusées de provoquer délibérément des incendies. À l'été 2024, des troupes israéliennes avaient utilisé un trébuchet pour projeter des débris enflammés par-dessus la frontière libanaise, tandis que l'armée libanaise diffusait des images de drones équipés de tuyaux déversant des substances inflammables sur les forêts.
Selon un décompte de L'Orient-Le Jour portant sur 2024, sur 17 millions de m² brûlés, 1,13 million de m² correspondaient à des oliveraies, 810 000 m² à des cultures de bananiers et d'agrumes, et 11,5 millions de m² à des forêts de chênes.
En février 2026, des experts en santé et environnement avaient également alerté sur la pulvérisation par des avions israéliens d'herbicides jugés cancérigènes sur des terres agricoles du sud du pays, faits dénoncés par le ministère libanais des Affaires étrangères auprès de l'ONU.
Le témoignage des villages détruits
Le 1er août, les habitants déplacés du village frontalier de Yaroun ont découvert que leurs oliveraies, vergers et maisons avaient été incendiés. « Ils avaient déjà rasé tout le village au bulldozer. Ensuite, ils ont mis le feu aux arbres [...] de vastes oliveraies aux arbres très anciens », a témoigné auprès du Guardian Hafez Ghasham, maire de Yaroun, précisant que seules 20 des 900 maisons du village avaient été épargnées par les démolitions.
« Beaucoup de ces arbres [...] nous avaient été transmis par nos grands-parents et nos parents. Ils ont une immense valeur sentimentale [...] Ils tentent de rendre la terre inhabitable », a-t-il ajouté.
Ces accusations, portées par des pompiers, des ONG environnementales et des responsables libanais, s'inscrivent dans un différend plus large sur les conséquences environnementales et humaines des opérations militaires menées dans le sud du Liban depuis le cessez-le-feu de juin. L'armée israélienne conteste de son côté toute intention de nuire à l'environnement, invoquant des mesures de précaution dans la conduite de ses opérations.

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