Réuni du 7 au 15 juillet sous les auspices du Conseil économique et social, le Forum est consacré à une action transformatrice, équitable, novatrice et coordonnée en faveur de l'Agenda 2030, avec cinq Objectifs de développement durable (ODD) passés en revue de manière approfondie : l'eau et l'assainissement, l'énergie, les infrastructures et l'innovation, les villes et les partenariats.
Le Sénégal est l'un des 36 pays qui présentent leur revue cette année, dont dix d'Afrique de l'Ouest et du Centre, et partageait son panel avec le Cabo Verde et l'Italie.
« Après avoir présenté notre première Revue nationale volontaire en 2018, puis notre deuxième en 2022, nous présentons aujourd'hui notre troisième revue. Cette démarche participative traduit notre volonté de faire régulièrement le point sur la mise en œuvre de l'Agenda 2030 », a-t-il déclaré aux délégués, saluant les ministères sectoriels, les collectivités territoriales, la société civile, le secteur privé et le système des Nations Unies.
« Les contributions des différentes parties prenantes ont été mobilisées pour établir une revue qui reflète nos réalités nationales. » Parmi les innovations : des rapports alternatifs élaborés par la société civile, des consultations avec les associations de personnes vivant avec un handicap et le premier Examen local volontaire complet réalisé au Sénégal, par la ville de Pikine.
Une Revue nationale volontaire est une évaluation, conduite par le pays lui-même, des progrès accomplis vers les 17 Objectifs de développement durable. Les gouvernements y présentent leurs acquis, identifient les domaines où les progrès tardent et échangent leurs enseignements avec les autres pays. Ces revues sont présentées au Forum politique de haut niveau, la principale plateforme des Nations Unies pour le suivi de la mise en œuvre de l'Agenda 2030.
Les ODD, a-t-il expliqué, sont intégrés dans l'Agenda national de transformation « Sénégal 2050 » et la Stratégie nationale de développement (SND) 2025-2029, et près de 93 % des indicateurs ODD sont suivis à travers le dispositif national de suivi-évaluation et sa Revue annuelle conjointe, « véritable outil de dialogue et de redevabilité ».
Des progrès visibles pour les populations
Pour un ministre chargé de l'eau, l'ODD 6 constituait naturellement le point de départ. Le taux d'accès à l'eau potable atteint désormais 97,8 % en milieu urbain et un peu plus de 96 % en milieu rural, où il a progressé de près de neuf points de pourcentage en une décennie.
L'assainissement a progressé encore plus vite dans les campagnes, passant de 37,5 % à 64,5 % en milieu rural depuis 2015 – une amélioration que le ministre a qualifiée de particulièrement frappante –, tandis que la couverture urbaine est passée de 62,5 % à 73,65 %.
Le tableau énergétique raconte une histoire similaire. Le taux d'accès global à l'électricité est passé de 62 % en 2015 à 86 % en 2024, et les énergies renouvelables représentent désormais 29,1 % de la puissance installée, contre 3 % en 2016, avec un objectif national de 40 % d'énergies renouvelables dans le mix énergétique d'ici 2030.
Les usagers des transports dakarois reconnaîtront deux autres symboles du changement : le Train Express Régional (TER), qui a porté la fréquentation ferroviaire à 23,1 millions de passagers en 2025 contre 2,7 millions dix ans plus tôt, et le Bus Rapid Transit (BRT) entièrement électrique, qui permet d'éviter plus de 53 000 tonnes de CO2 par an.
La revue n'a pas éludé les difficultés. Alors que plus de la moitié des Sénégalais vivent désormais en milieu urbain, le déficit national de logements est estimé à près de 500 000 unités, et le ministre s'est montré tout aussi franc sur la dette publique, dont l'encours atteint 116,1 % du PIB.
Les ressources intérieures progressent néanmoins : les impôts nationaux financent désormais 69,7 % du budget national, contre 54,8 % en 2015, et la qualité de l'air à Dakar s'est nettement améliorée, le niveau moyen de particules fines étant passé de 35 à 21,8 microgrammes par mètre cube.
À l'horizon 2030, le ministre a présenté quatre leviers d'accélération : la transformation systémique de l'économie autour de huit filières stratégiques, des pôles territoriaux et des zones économiques spéciales ; la sécurisation de l'eau et de l'assainissement à travers le Compact national pour la sécurité de l'eau ; la mise en œuvre de la Contribution déterminée au niveau national (CDN 3.0) et l'accélération des énergies renouvelables ; et la mobilisation de financements durables accrus grâce à des partenariats renforcés, y compris la poursuite de la coopération avec le Fonds monétaire international (FMI) et une Stratégie nationale de transition pour gérer la sortie du pays de la catégorie des pays les moins avancés.
Paroles chaleureuses, questions franches
Lors du dialogue interactif qui a suivi, moment où délégations et société civile interrogent les pays présentateurs, les mots les plus chaleureux sont venus du plus proche voisin du Sénégal. « La Gambie et le Sénégal entretiennent une relation unique et durable, enracinée dans un héritage partagé, une histoire commune et des liens familiaux profonds qui continuent d'unir nos deux pays et nos deux peuples », a déclaré la représentante de la Gambie, avant de demander comment le Sénégal renforce la transparence et la lutte contre la corruption.
« La transparence, la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption constituent des leviers essentiels pour renforcer l'efficacité et l'efficience de l'action publique, consolider la confiance des citoyens et créer un environnement propice à l'atteinte des Objectifs de développement durable », a répondu le ministre.
Il a cité l'Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) et le nouveau Pool judiciaire financier, rappelant que le Groupe d'action financière (GAFI) a retiré le Sénégal de sa liste des juridictions sous surveillance renforcée en octobre 2024, un statut confirmé le 29 juin 2026 – « des progrès tangibles », selon ses mots.
La délégation espagnole a demandé comment la diaspora peut contribuer davantage au développement. « La migration génère des bénéfices partagés, a répondu le ministre. Les pays d'accueil bénéficient des compétences et du progrès économique des migrants, tandis que les pays d'origine ont accès aux envois de fonds, aux transferts de compétences et à des liens économiques renforcés. »
Une migration bien gouvernée, a-t-il ajouté, est un levier de développement durable lorsqu'elle repose sur une coopération équilibrée entre pays d'origine, de transit et de destination – un partenariat que le Sénégal entend approfondir avec l'Espagne.
Il y eut même une place pour le football : la délégation irlandaise a félicité le Sénégal pour le parcours des Lions de la Teranga lors de la récente Coupe du monde.
Le dernier message du ministre portait sur le chemin à parcourir. « Nous restons pleinement engagés dans la mise en œuvre de l'Agenda 2030, a-t-il conclu. Nous réaffirmons notre volonté de poursuivre dans cette voie avec l'ensemble de la communauté internationale. »
Le Sénégal est l'un des 36 pays qui présentent leur revue cette année, dont dix d'Afrique de l'Ouest et du Centre, et partageait son panel avec le Cabo Verde et l'Italie.
« Après avoir présenté notre première Revue nationale volontaire en 2018, puis notre deuxième en 2022, nous présentons aujourd'hui notre troisième revue. Cette démarche participative traduit notre volonté de faire régulièrement le point sur la mise en œuvre de l'Agenda 2030 », a-t-il déclaré aux délégués, saluant les ministères sectoriels, les collectivités territoriales, la société civile, le secteur privé et le système des Nations Unies.
« Les contributions des différentes parties prenantes ont été mobilisées pour établir une revue qui reflète nos réalités nationales. » Parmi les innovations : des rapports alternatifs élaborés par la société civile, des consultations avec les associations de personnes vivant avec un handicap et le premier Examen local volontaire complet réalisé au Sénégal, par la ville de Pikine.
Une Revue nationale volontaire est une évaluation, conduite par le pays lui-même, des progrès accomplis vers les 17 Objectifs de développement durable. Les gouvernements y présentent leurs acquis, identifient les domaines où les progrès tardent et échangent leurs enseignements avec les autres pays. Ces revues sont présentées au Forum politique de haut niveau, la principale plateforme des Nations Unies pour le suivi de la mise en œuvre de l'Agenda 2030.
Les ODD, a-t-il expliqué, sont intégrés dans l'Agenda national de transformation « Sénégal 2050 » et la Stratégie nationale de développement (SND) 2025-2029, et près de 93 % des indicateurs ODD sont suivis à travers le dispositif national de suivi-évaluation et sa Revue annuelle conjointe, « véritable outil de dialogue et de redevabilité ».
Des progrès visibles pour les populations
Pour un ministre chargé de l'eau, l'ODD 6 constituait naturellement le point de départ. Le taux d'accès à l'eau potable atteint désormais 97,8 % en milieu urbain et un peu plus de 96 % en milieu rural, où il a progressé de près de neuf points de pourcentage en une décennie.
L'assainissement a progressé encore plus vite dans les campagnes, passant de 37,5 % à 64,5 % en milieu rural depuis 2015 – une amélioration que le ministre a qualifiée de particulièrement frappante –, tandis que la couverture urbaine est passée de 62,5 % à 73,65 %.
Le tableau énergétique raconte une histoire similaire. Le taux d'accès global à l'électricité est passé de 62 % en 2015 à 86 % en 2024, et les énergies renouvelables représentent désormais 29,1 % de la puissance installée, contre 3 % en 2016, avec un objectif national de 40 % d'énergies renouvelables dans le mix énergétique d'ici 2030.
Les usagers des transports dakarois reconnaîtront deux autres symboles du changement : le Train Express Régional (TER), qui a porté la fréquentation ferroviaire à 23,1 millions de passagers en 2025 contre 2,7 millions dix ans plus tôt, et le Bus Rapid Transit (BRT) entièrement électrique, qui permet d'éviter plus de 53 000 tonnes de CO2 par an.
La revue n'a pas éludé les difficultés. Alors que plus de la moitié des Sénégalais vivent désormais en milieu urbain, le déficit national de logements est estimé à près de 500 000 unités, et le ministre s'est montré tout aussi franc sur la dette publique, dont l'encours atteint 116,1 % du PIB.
Les ressources intérieures progressent néanmoins : les impôts nationaux financent désormais 69,7 % du budget national, contre 54,8 % en 2015, et la qualité de l'air à Dakar s'est nettement améliorée, le niveau moyen de particules fines étant passé de 35 à 21,8 microgrammes par mètre cube.
À l'horizon 2030, le ministre a présenté quatre leviers d'accélération : la transformation systémique de l'économie autour de huit filières stratégiques, des pôles territoriaux et des zones économiques spéciales ; la sécurisation de l'eau et de l'assainissement à travers le Compact national pour la sécurité de l'eau ; la mise en œuvre de la Contribution déterminée au niveau national (CDN 3.0) et l'accélération des énergies renouvelables ; et la mobilisation de financements durables accrus grâce à des partenariats renforcés, y compris la poursuite de la coopération avec le Fonds monétaire international (FMI) et une Stratégie nationale de transition pour gérer la sortie du pays de la catégorie des pays les moins avancés.
Paroles chaleureuses, questions franches
Lors du dialogue interactif qui a suivi, moment où délégations et société civile interrogent les pays présentateurs, les mots les plus chaleureux sont venus du plus proche voisin du Sénégal. « La Gambie et le Sénégal entretiennent une relation unique et durable, enracinée dans un héritage partagé, une histoire commune et des liens familiaux profonds qui continuent d'unir nos deux pays et nos deux peuples », a déclaré la représentante de la Gambie, avant de demander comment le Sénégal renforce la transparence et la lutte contre la corruption.
« La transparence, la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption constituent des leviers essentiels pour renforcer l'efficacité et l'efficience de l'action publique, consolider la confiance des citoyens et créer un environnement propice à l'atteinte des Objectifs de développement durable », a répondu le ministre.
Il a cité l'Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) et le nouveau Pool judiciaire financier, rappelant que le Groupe d'action financière (GAFI) a retiré le Sénégal de sa liste des juridictions sous surveillance renforcée en octobre 2024, un statut confirmé le 29 juin 2026 – « des progrès tangibles », selon ses mots.
La délégation espagnole a demandé comment la diaspora peut contribuer davantage au développement. « La migration génère des bénéfices partagés, a répondu le ministre. Les pays d'accueil bénéficient des compétences et du progrès économique des migrants, tandis que les pays d'origine ont accès aux envois de fonds, aux transferts de compétences et à des liens économiques renforcés. »
Une migration bien gouvernée, a-t-il ajouté, est un levier de développement durable lorsqu'elle repose sur une coopération équilibrée entre pays d'origine, de transit et de destination – un partenariat que le Sénégal entend approfondir avec l'Espagne.
Il y eut même une place pour le football : la délégation irlandaise a félicité le Sénégal pour le parcours des Lions de la Teranga lors de la récente Coupe du monde.
Le dernier message du ministre portait sur le chemin à parcourir. « Nous restons pleinement engagés dans la mise en œuvre de l'Agenda 2030, a-t-il conclu. Nous réaffirmons notre volonté de poursuivre dans cette voie avec l'ensemble de la communauté internationale. »

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