À défaut de convaincre par le bilan, Ousmane Sonko semble désormais miser sur la provocation. Ses déclarations, perçues comme visant Touba et la communauté mouride, ne relèvent pas d’un débat de fond, mais d’une stratégie de communication fondée sur la phrase choc et la polarisation.
Accuser, ou donner le sentiment d’accuser, une ville entière et, au-delà, une communauté religieuse, d’être liée au recel constitue un dérapage politique majeur. Dans une démocratie, la responsabilité est individuelle ; elle ne se décrète jamais collective. Lorsqu’un leader politique laisse planer le soupçon sur tout un groupe, il ne recherche pas la vérité : il nourrit les amalgames.
Sa rhétorique habituelle puise davantage dans les recettes du populisme que dans l’exercice d’une critique responsable. Face à une base militante du Pastef qui commence à douter ou à s’impatienter, la tentation est grande de créer un nouvel ennemi, de susciter l’indignation et de ressouder les rangs autour d’un discours de confrontation. C’est là le marqueur politique d’Ousmane Sonko depuis son entrée en politique : la formule remplace alors l’argument, le choc médiatique se substitue au débat.
Touba n’est pas seulement une ville ; elle est un haut lieu spirituel, économique et historique du Sénégal. La communauté mouride est l’un des piliers de la cohésion nationale. La prendre pour cible, ou tenir des propos pouvant être interprétés comme une mise en cause globale, revient à jouer avec un équilibre que les responsables politiques devraient, au contraire, préserver.
Le Sénégal a besoin d’une critique exigeante, capable de contrôler le pouvoir et de proposer une alternative crédible. Il n’a rien à gagner d’une surenchère verbale destinée à faire le buzz ou à remobiliser des troupes pastéfiennes par des déclarations spectaculaires. Les slogans enflamment les réseaux sociaux ; ils ne construisent ni la confiance, ni la justice, ni l’unité nationale.
La parole publique est une responsabilité. Plus elle est puissante, plus elle exige de la mesure. À force de chercher l’effet de manche, on finit par banaliser l’amalgame et par fragiliser ce qui fait la force du Sénégal : le respect de toutes ses communautés et la primauté des faits sur les passions.
Ibrahima Thiam
Président du parti ACT
Accuser, ou donner le sentiment d’accuser, une ville entière et, au-delà, une communauté religieuse, d’être liée au recel constitue un dérapage politique majeur. Dans une démocratie, la responsabilité est individuelle ; elle ne se décrète jamais collective. Lorsqu’un leader politique laisse planer le soupçon sur tout un groupe, il ne recherche pas la vérité : il nourrit les amalgames.
Sa rhétorique habituelle puise davantage dans les recettes du populisme que dans l’exercice d’une critique responsable. Face à une base militante du Pastef qui commence à douter ou à s’impatienter, la tentation est grande de créer un nouvel ennemi, de susciter l’indignation et de ressouder les rangs autour d’un discours de confrontation. C’est là le marqueur politique d’Ousmane Sonko depuis son entrée en politique : la formule remplace alors l’argument, le choc médiatique se substitue au débat.
Touba n’est pas seulement une ville ; elle est un haut lieu spirituel, économique et historique du Sénégal. La communauté mouride est l’un des piliers de la cohésion nationale. La prendre pour cible, ou tenir des propos pouvant être interprétés comme une mise en cause globale, revient à jouer avec un équilibre que les responsables politiques devraient, au contraire, préserver.
Le Sénégal a besoin d’une critique exigeante, capable de contrôler le pouvoir et de proposer une alternative crédible. Il n’a rien à gagner d’une surenchère verbale destinée à faire le buzz ou à remobiliser des troupes pastéfiennes par des déclarations spectaculaires. Les slogans enflamment les réseaux sociaux ; ils ne construisent ni la confiance, ni la justice, ni l’unité nationale.
La parole publique est une responsabilité. Plus elle est puissante, plus elle exige de la mesure. À force de chercher l’effet de manche, on finit par banaliser l’amalgame et par fragiliser ce qui fait la force du Sénégal : le respect de toutes ses communautés et la primauté des faits sur les passions.
Ibrahima Thiam
Président du parti ACT

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