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Haute Cour de Justice : Abdoulaye Diouf Sarr et Moussa Bocar Thiam vers une mise en accusation




Le rouleau compresseur de la reddition des comptes s'accélère au Sénégal. Ce mercredi 11 février 2026, le bureau de l'Assemblée nationale a officiellement transmis les dossiers de deux anciens ministres du régime de Macky Sall. Abdoulaye Diouf Sarr et Me Moussa Bocar Thiam sont désormais dans le viseur de la Haute Cour de Justice pour des faits présumés de malversations financières.

L'offensive judiciaire portée par le tandem Diomaye-Sonko franchit un nouveau palier institutionnel. Sous l'impulsion de la Garde des Sceaux, Yassine Fall, le Parlement a enclenché la mécanique législative visant à lever le voile sur des dossiers financiers complexes. La Conférence des présidents a déjà acté un calendrier précis : le projet de mise en accusation sera examiné en commission technique le 19 février prochain, avant un vote décisif en séance plénière prévu pour le 23 février 2026.

Pour Me Moussa Bocar Thiam, ancien ministre de la Communication, les griefs se cristallisent autour du projet « Sénégal Connect Park », l’ex-Parc des technologies numériques. Ce dossier, emblématique du secteur numérique sous l’ancienne administration, fait déjà l’objet d’investigations poussées ayant conduit à l’incarcération de plusieurs de ses anciens collaborateurs. La justice cherche désormais à établir la responsabilité directe de l'ancien ministre dans la gestion des fonds alloués à cet aménagement stratégique.

De son côté, Abdoulaye Diouf Sarr est rattrapé par les ondes de choc du rapport de la Cour des comptes de 2022. L'ancien ministre de la Santé devra répondre de la gestion des fonds de riposte contre la Covid-19. Ce dossier, qui avait déjà provoqué une vague de mises en accusation en mai 2025, revient sur le devant de la scène. Les enquêteurs s'intéressent particulièrement à l'utilisation des ressources massives engagées durant la pandémie, dans un contexte où la transparence est devenue l'exigence première du nouveau pouvoir.

Cette effervescence parlementaire précède un rendez-vous politique de haute intensité. Le 24 février, au lendemain de la plénière sur les mises en accusation, le Premier ministre Ousmane Sonko est attendu à l'hémicycle pour les questions d'actualité. Dans ce climat de tension, les députés devront également se pencher sur la réforme du paysage médiatique avec la création du Conseil national de régulation des médias (Cnrm). Le Sénégal s'apprête ainsi à vivre une fin de mois de février charnière, entre purges judiciaires et réformes structurelles.

Rédigé par le Jeudi 12 Février 2026 à 00:40


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