Depuis le cessez-le-feu du 17 juin 2026, de nombreux incendies ravagent des zones boisées et agricoles du sud du Liban. Des responsables de la Défense civile libanaise accusent l’armée israélienne d’être à l’origine de plusieurs de ces feux, notamment au moyen de fusées éclairantes, de drones et de munitions incendiaires. Les autorités israéliennes affirment pour leur part prendre des précautions afin de limiter les dommages causés aux civils et à l’environnement.
Le 11 août, un incendie s’est déclaré dans une zone boisée près de Khiam, dans le sud du Liban, après le largage de fusées éclairantes attribué à l’armée israélienne. Les pompiers libanais qui tentaient d’intervenir ont dû se retirer après qu’un drone a frappé à proximité, selon Hussein Fakih, responsable de la Défense civile dans la région de Nabatieh.
Selon ce responsable, les incendies sont devenus l’une des principales missions des équipes de secours dans le sud du pays. Il affirme que d’immenses superficies boisées ont été détruites et estime que, dans les secteurs proches de la ligne de front, entre 30 et 40 % des terres auraient été touchées par les flammes.
Des accusations d’écocide
La plateforme libanaise du système national d’alerte précoce rapporte que 175 munitions incendiaires au phosphore blanc auraient été utilisées entre le 7 octobre 2025 et le 20 juin 2026. Ces accusations ont été reprises par plusieurs responsables et acteurs environnementaux libanais, qui dénoncent une stratégie de destruction progressive des écosystèmes du sud du pays.
En mai 2026, des données satellitaires présentées par la chercheuse et ministre libanaise de l’Environnement Tamara el-Zein faisaient état de 2 000 hectares brûlés au cours du seul mois de mai, auxquels s’ajoutaient environ 8 500 hectares détruits lors d’une précédente offensive.
Les incendies ont touché différentes zones du sud du Liban, notamment des oliveraies, des terres agricoles, des broussailles et des espaces forestiers. Des habitants et des secouristes affirment que certains feux ont été déclenchés ou ravivés après des frappes ou des interventions de drones.
À Kfarchouba, près de la frontière, des pompiers ont notamment rapporté avoir combattu un incendie durant toute une nuit avant de constater le déclenchement d’un nouveau feu par un drone dans la même zone quelques jours plus tard.
Des opérations de secours difficiles
L’intervention des pompiers est rendue particulièrement complexe par les conditions de sécurité. Les équipes doivent coordonner leurs déplacements avec l’armée libanaise, qui transmet les demandes d’intervention à un mécanisme de déconfliction impliquant notamment l’armée israélienne.
Selon les informations rapportées par plusieurs médias, les équipes de secours n’ont parfois obtenu l’autorisation d’intervenir que sur certains sites alors que d’autres incendies continuaient de progresser.
La géographie du sud du Liban complique également les opérations. La région compte de vastes zones agricoles, des réserves naturelles et des espaces boisés, tandis que l’accès à l’eau demeure limité. La présence de mines antipersonnel dans certaines zones constitue en outre un risque supplémentaire pour les secouristes.
Des terres agricoles et des moyens de subsistance menacés
Au-delà de la destruction des forêts, les incendies menacent directement les moyens de subsistance des populations locales. Les oliveraies, les vergers et les terres agricoles constituent une source importante de revenus pour de nombreuses familles du sud du Liban.
Hicham Younes, fondateur de l’organisation environnementale Green Southerners, affirme que certaines des zones touchées abritent des forêts anciennes composées notamment de pins pignons et de chênes. Ces espaces jouent également un rôle important pour la biodiversité et constituent des zones de passage pour les oiseaux migrateurs.
Pour cet acteur environnemental, les incendies ne doivent pas être considérés comme des événements isolés. Il estime qu’ils participent à une dégradation progressive des écosystèmes et peuvent rendre plus difficile le retour des populations déplacées dans leurs villages.
L’armée israélienne conteste implicitement ces accusations en affirmant, lorsqu’elle est interrogée sur les différents incendies, que ses opérations sont menées avec des mesures destinées à réduire les dommages infligés aux civils et à l’environnement.
Une accusation qui ne date pas de 2026
Les accusations visant l’armée israélienne ne sont pas nouvelles. Durant l’été 2024, des images avaient notamment circulé montrant l’utilisation par des soldats israéliens d’un dispositif de type trébuchet pour projeter des matériaux enflammés au-dessus de la frontière libanaise. L’armée libanaise avait également diffusé des images présentées comme montrant des drones israéliens équipés de dispositifs permettant de répandre des substances inflammables.
Selon un décompte rapporté par L’Orient-Le Jour en 2024, environ 17 millions de mètres carrés auraient été brûlés par des opérations militaires israéliennes. Parmi les surfaces concernées figuraient notamment des oliviers, des cultures de bananes et d’agrumes ainsi que d’importantes superficies de forêts de chênes.
En février 2026, des experts libanais avaient également alerté sur les conséquences environnementales et sanitaires de la pulvérisation présumée d’herbicides sur des terres agricoles du sud du pays. Le ministère libanais des Affaires étrangères avait alors saisi les Nations unies pour dénoncer ces faits.
Yaroun, symbole des destructions
Le village frontalier de Yaroun illustre particulièrement les conséquences de la guerre sur les populations et leur environnement. Le 1er août, des habitants déplacés ont découvert que leurs oliveraies, leurs vergers et plusieurs habitations avaient été incendiés.
Le maire de Yaroun, Hafez Ghasham, affirme que l’armée israélienne avait auparavant détruit une grande partie du village à l’aide de bulldozers. Selon lui, les oliviers centenaires qui avaient survécu aux destructions ont ensuite été touchés par les incendies.
Avant leur déplacement, les habitants avaient mis leurs ressources en commun pour obtenir des images satellites du village et suivre l’évolution des destructions.
Pour les habitants, la disparition des oliviers représente bien davantage qu’une perte économique. Beaucoup de ces arbres avaient été transmis de génération en génération et constituaient une partie importante de l’histoire familiale et culturelle de la région.
Alors que le sud du Liban reste marqué par les conséquences du conflit, la multiplication des incendies soulève ainsi des inquiétudes à la fois environnementales, économiques et humanitaires. La destruction des terres agricoles et des espaces boisés pourrait compliquer davantage le retour des populations déplacées et fragiliser durablement les communautés vivant près de la frontière.
Le 11 août, un incendie s’est déclaré dans une zone boisée près de Khiam, dans le sud du Liban, après le largage de fusées éclairantes attribué à l’armée israélienne. Les pompiers libanais qui tentaient d’intervenir ont dû se retirer après qu’un drone a frappé à proximité, selon Hussein Fakih, responsable de la Défense civile dans la région de Nabatieh.
Selon ce responsable, les incendies sont devenus l’une des principales missions des équipes de secours dans le sud du pays. Il affirme que d’immenses superficies boisées ont été détruites et estime que, dans les secteurs proches de la ligne de front, entre 30 et 40 % des terres auraient été touchées par les flammes.
Des accusations d’écocide
La plateforme libanaise du système national d’alerte précoce rapporte que 175 munitions incendiaires au phosphore blanc auraient été utilisées entre le 7 octobre 2025 et le 20 juin 2026. Ces accusations ont été reprises par plusieurs responsables et acteurs environnementaux libanais, qui dénoncent une stratégie de destruction progressive des écosystèmes du sud du pays.
En mai 2026, des données satellitaires présentées par la chercheuse et ministre libanaise de l’Environnement Tamara el-Zein faisaient état de 2 000 hectares brûlés au cours du seul mois de mai, auxquels s’ajoutaient environ 8 500 hectares détruits lors d’une précédente offensive.
Les incendies ont touché différentes zones du sud du Liban, notamment des oliveraies, des terres agricoles, des broussailles et des espaces forestiers. Des habitants et des secouristes affirment que certains feux ont été déclenchés ou ravivés après des frappes ou des interventions de drones.
À Kfarchouba, près de la frontière, des pompiers ont notamment rapporté avoir combattu un incendie durant toute une nuit avant de constater le déclenchement d’un nouveau feu par un drone dans la même zone quelques jours plus tard.
Des opérations de secours difficiles
L’intervention des pompiers est rendue particulièrement complexe par les conditions de sécurité. Les équipes doivent coordonner leurs déplacements avec l’armée libanaise, qui transmet les demandes d’intervention à un mécanisme de déconfliction impliquant notamment l’armée israélienne.
Selon les informations rapportées par plusieurs médias, les équipes de secours n’ont parfois obtenu l’autorisation d’intervenir que sur certains sites alors que d’autres incendies continuaient de progresser.
La géographie du sud du Liban complique également les opérations. La région compte de vastes zones agricoles, des réserves naturelles et des espaces boisés, tandis que l’accès à l’eau demeure limité. La présence de mines antipersonnel dans certaines zones constitue en outre un risque supplémentaire pour les secouristes.
Des terres agricoles et des moyens de subsistance menacés
Au-delà de la destruction des forêts, les incendies menacent directement les moyens de subsistance des populations locales. Les oliveraies, les vergers et les terres agricoles constituent une source importante de revenus pour de nombreuses familles du sud du Liban.
Hicham Younes, fondateur de l’organisation environnementale Green Southerners, affirme que certaines des zones touchées abritent des forêts anciennes composées notamment de pins pignons et de chênes. Ces espaces jouent également un rôle important pour la biodiversité et constituent des zones de passage pour les oiseaux migrateurs.
Pour cet acteur environnemental, les incendies ne doivent pas être considérés comme des événements isolés. Il estime qu’ils participent à une dégradation progressive des écosystèmes et peuvent rendre plus difficile le retour des populations déplacées dans leurs villages.
L’armée israélienne conteste implicitement ces accusations en affirmant, lorsqu’elle est interrogée sur les différents incendies, que ses opérations sont menées avec des mesures destinées à réduire les dommages infligés aux civils et à l’environnement.
Une accusation qui ne date pas de 2026
Les accusations visant l’armée israélienne ne sont pas nouvelles. Durant l’été 2024, des images avaient notamment circulé montrant l’utilisation par des soldats israéliens d’un dispositif de type trébuchet pour projeter des matériaux enflammés au-dessus de la frontière libanaise. L’armée libanaise avait également diffusé des images présentées comme montrant des drones israéliens équipés de dispositifs permettant de répandre des substances inflammables.
Selon un décompte rapporté par L’Orient-Le Jour en 2024, environ 17 millions de mètres carrés auraient été brûlés par des opérations militaires israéliennes. Parmi les surfaces concernées figuraient notamment des oliviers, des cultures de bananes et d’agrumes ainsi que d’importantes superficies de forêts de chênes.
En février 2026, des experts libanais avaient également alerté sur les conséquences environnementales et sanitaires de la pulvérisation présumée d’herbicides sur des terres agricoles du sud du pays. Le ministère libanais des Affaires étrangères avait alors saisi les Nations unies pour dénoncer ces faits.
Yaroun, symbole des destructions
Le village frontalier de Yaroun illustre particulièrement les conséquences de la guerre sur les populations et leur environnement. Le 1er août, des habitants déplacés ont découvert que leurs oliveraies, leurs vergers et plusieurs habitations avaient été incendiés.
Le maire de Yaroun, Hafez Ghasham, affirme que l’armée israélienne avait auparavant détruit une grande partie du village à l’aide de bulldozers. Selon lui, les oliviers centenaires qui avaient survécu aux destructions ont ensuite été touchés par les incendies.
Avant leur déplacement, les habitants avaient mis leurs ressources en commun pour obtenir des images satellites du village et suivre l’évolution des destructions.
Pour les habitants, la disparition des oliviers représente bien davantage qu’une perte économique. Beaucoup de ces arbres avaient été transmis de génération en génération et constituaient une partie importante de l’histoire familiale et culturelle de la région.
Alors que le sud du Liban reste marqué par les conséquences du conflit, la multiplication des incendies soulève ainsi des inquiétudes à la fois environnementales, économiques et humanitaires. La destruction des terres agricoles et des espaces boisés pourrait compliquer davantage le retour des populations déplacées et fragiliser durablement les communautés vivant près de la frontière.

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