La décision du département américain de la Justice d’ouvrir, dimanche 11 janvier, une enquête contre Jerome Powell a constitué un précédent lourd de conséquences. Jamais un président américain n’était allé aussi loin dans la remise en cause de l’indépendance de la Réserve fédérale, pilier central de la stabilité monétaire des États-Unis et référence mondiale pour les marchés financiers.
Pourtant, à Wall Street, l’événement est passé presque inaperçu. L’indice de volatilité, souvent considéré comme le baromètre de la nervosité des investisseurs, a brièvement progressé avant de retomber autour de 15 %, un niveau jugé modéré. Loin, très loin, des pics observés lors de véritables crises financières. « C’est une réaction assez mystérieuse », reconnaît Johannes Petry, spécialiste des marchés financiers à l’université Goethe de Francfort.
En théorie, une tentative de reprise en main politique de la Fed devrait provoquer une onde de choc. Les précédents internationaux sont peu rassurants. En Turquie, en Argentine ou en Inde, les interférences politiques dans les décisions des banques centrales ont souvent conduit à une perte de crédibilité monétaire et à une flambée de l’inflation. En Turquie, la succession de gouverneurs imposée par le pouvoir a précédé une inflation culminant à 85 % en 2022.
Donald Trump reproche depuis longtemps à Jerome Powell de maintenir des taux d’intérêt trop élevés. Son objectif est clair : pousser la Fed à assouplir sa politique monétaire afin de stimuler la croissance à court terme. Une stratégie généralement mal perçue par les marchés, qui redoutent une dérive inflationniste et une perte de confiance dans la monnaie.
Alors pourquoi cette relative indifférence de Wall Street ? Plusieurs facteurs peuvent l’expliquer. D’abord, le sentiment qu’il est encore trop tôt pour mesurer l’issue réelle de cette offensive politique. « Les marchés peuvent mettre du temps à réaliser la gravité d’une situation, puis réagir très brutalement », avertit Jens van’t Klooster, spécialiste de l’indépendance des banques centrales.
Ensuite, l’enquête contre Jerome Powell a suscité de vives critiques, y compris au sein du camp républicain. Des sénateurs influents ont rappelé leur rôle clé dans la nomination du président de la Fed, laissant espérer un contrepoids institutionnel capable de freiner les ambitions de la Maison-Blanche.
Autre élément rassurant pour les investisseurs : la Fed ne repose pas sur un seul homme. Les décisions de politique monétaire sont prises collégialement par un comité. Même un président affaibli ne garantit pas, à lui seul, un basculement immédiat de la ligne monétaire américaine.
Mais cette sérénité apparente masque une réalité plus structurelle. Pour les grands gestionnaires d’actifs, se détourner des États-Unis est presque impossible. « Il n’existe pas d’alternative crédible à l’économie américaine », souligne Johannes Petry. L’Europe, en particulier, ne dispose ni du même dynamisme ni de la même capacité d’absorption des capitaux mondiaux.
Cette dépendance explique pourquoi les marchés semblent tolérer, aux États-Unis, des dérives politiques qu’ils sanctionneraient sévèrement ailleurs. Là où une proposition budgétaire jugée imprudente avait suffi à précipiter la chute de la Première ministre britannique Liz Truss en 2022, les attaques répétées de Donald Trump contre les institutions américaines ne provoquent, pour l’instant, aucun sursaut comparable.
L’affaire Jerome Powell pourrait ainsi marquer la fin du mythe du « marché protecteur », capable de freiner les excès du pouvoir politique. Lors du premier mandat de Donald Trump, la réaction des marchés avait parfois contraint la Maison-Blanche à reculer. Cette capacité d’influence semble aujourd’hui largement émoussée.
Pour certains analystes, l’absence de réaction forte offre même une forme de carte blanche au président américain. Les investisseurs paraissent prêts à attendre le dernier moment, quitte à s’approcher dangereusement du précipice, pour ne pas manquer des opportunités de profit. Une stratégie risquée, qui pourrait transformer l’indifférence actuelle en choc brutal si l’indépendance de la Fed venait réellement à être compromise.
Pourtant, à Wall Street, l’événement est passé presque inaperçu. L’indice de volatilité, souvent considéré comme le baromètre de la nervosité des investisseurs, a brièvement progressé avant de retomber autour de 15 %, un niveau jugé modéré. Loin, très loin, des pics observés lors de véritables crises financières. « C’est une réaction assez mystérieuse », reconnaît Johannes Petry, spécialiste des marchés financiers à l’université Goethe de Francfort.
En théorie, une tentative de reprise en main politique de la Fed devrait provoquer une onde de choc. Les précédents internationaux sont peu rassurants. En Turquie, en Argentine ou en Inde, les interférences politiques dans les décisions des banques centrales ont souvent conduit à une perte de crédibilité monétaire et à une flambée de l’inflation. En Turquie, la succession de gouverneurs imposée par le pouvoir a précédé une inflation culminant à 85 % en 2022.
Donald Trump reproche depuis longtemps à Jerome Powell de maintenir des taux d’intérêt trop élevés. Son objectif est clair : pousser la Fed à assouplir sa politique monétaire afin de stimuler la croissance à court terme. Une stratégie généralement mal perçue par les marchés, qui redoutent une dérive inflationniste et une perte de confiance dans la monnaie.
Alors pourquoi cette relative indifférence de Wall Street ? Plusieurs facteurs peuvent l’expliquer. D’abord, le sentiment qu’il est encore trop tôt pour mesurer l’issue réelle de cette offensive politique. « Les marchés peuvent mettre du temps à réaliser la gravité d’une situation, puis réagir très brutalement », avertit Jens van’t Klooster, spécialiste de l’indépendance des banques centrales.
Ensuite, l’enquête contre Jerome Powell a suscité de vives critiques, y compris au sein du camp républicain. Des sénateurs influents ont rappelé leur rôle clé dans la nomination du président de la Fed, laissant espérer un contrepoids institutionnel capable de freiner les ambitions de la Maison-Blanche.
Autre élément rassurant pour les investisseurs : la Fed ne repose pas sur un seul homme. Les décisions de politique monétaire sont prises collégialement par un comité. Même un président affaibli ne garantit pas, à lui seul, un basculement immédiat de la ligne monétaire américaine.
Mais cette sérénité apparente masque une réalité plus structurelle. Pour les grands gestionnaires d’actifs, se détourner des États-Unis est presque impossible. « Il n’existe pas d’alternative crédible à l’économie américaine », souligne Johannes Petry. L’Europe, en particulier, ne dispose ni du même dynamisme ni de la même capacité d’absorption des capitaux mondiaux.
Cette dépendance explique pourquoi les marchés semblent tolérer, aux États-Unis, des dérives politiques qu’ils sanctionneraient sévèrement ailleurs. Là où une proposition budgétaire jugée imprudente avait suffi à précipiter la chute de la Première ministre britannique Liz Truss en 2022, les attaques répétées de Donald Trump contre les institutions américaines ne provoquent, pour l’instant, aucun sursaut comparable.
L’affaire Jerome Powell pourrait ainsi marquer la fin du mythe du « marché protecteur », capable de freiner les excès du pouvoir politique. Lors du premier mandat de Donald Trump, la réaction des marchés avait parfois contraint la Maison-Blanche à reculer. Cette capacité d’influence semble aujourd’hui largement émoussée.
Pour certains analystes, l’absence de réaction forte offre même une forme de carte blanche au président américain. Les investisseurs paraissent prêts à attendre le dernier moment, quitte à s’approcher dangereusement du précipice, pour ne pas manquer des opportunités de profit. Une stratégie risquée, qui pourrait transformer l’indifférence actuelle en choc brutal si l’indépendance de la Fed venait réellement à être compromise.


