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Cyber-chantage à Mbour: Le calvaire de dix jeunes femmes rançonnées pour 10 millions FCFA

MBOUR — Un scandale de cyberprédation d'une ampleur inédite a secoué le tribunal correctionnel de Mbour ce mardi. Deux hommes, un commerçant et un mécanicien, sont accusés d'avoir orchestré un réseau de sextorsion sur TikTok, piégeant dix jeunes femmes de la commune de Sindia dans un engrenage d'humiliation et de chantage.



Le "Deepfake" comme arme de destruction sociale

Le mode opératoire de C. Guèye et M. Thiandoum était aussi simple que dévastateur. Pendant près d'un an, les deux complices ont collecté des photos et vidéos anodines sur les comptes TikTok de leurs victimes. Grâce à des montages numériques, ils transformaient ces contenus en vidéos pornographiques avant de les diffuser massivement sur les réseaux sociaux.

L'onde de choc a brisé des vies. K. Ndiaye, une coiffeuse et première victime identifiée, a vu son salon faire faillite et sa réputation ruinée après que les prédateurs ont piraté son compte pour harceler des hommes mariés, provoquant la fureur de leurs épouses. Au total, dix jeunes femmes ont subi ce lynchage numérique, les condamnant à l'isolement et à la honte publique dans tout le département.

L'arrestation : Un flagrant délit à 10 millions

C’est après une année de terreur que les victimes ont décidé de briser le silence. Sous la supervision de la Gendarmerie, elles ont tendu un piège à leurs bourreaux. Alors que C. Guèye réclamait la somme colossale de 10 millions de FCFA pour supprimer les contenus compromettants, il a mordu à l'appât lors d'un rendez-vous fixé pour un premier versement de 100 000 FCFA. Interpellé, il a rapidement dénoncé son complice, M. Thiandoum.

Deux ans de prison ferme requis

À la barre, si le commerçant a tenté de nier les faits, son complice mécanicien est passé aux aveux complets, détaillant la répartition des rôles : la collecte d'images pour l'un, le montage et la diffusion pour l'autre.

Le procureur de la République a fustigé une "bande organisée" dont les actes ont provoqué des dégâts psychologiques irréparables. Pour les délits d’extorsion de fonds, diffusion d’images obscènes et usurpation d’identité, le ministère public a requis deux ans de prison ferme contre les deux prévenus. Le tribunal rendra son délibéré le 3 février prochain.

Rédigé par Kamalenba le Samedi 31 Janvier 2026 à 13:52





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