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Mali : Assimi Goïta s’installe durablement au pouvoir sous couvert de transition prolongée

Au Mali, la démocratie semble céder définitivement la place au régime militaire. Le général Assimi Goïta, président de la Transition depuis le coup d'État d’août 2020, pourrait obtenir un mandat présidentiel de cinq ans renouvelable sans limite, selon un projet de loi adopté le 11 juin en Conseil des ministres.



🔁 Un mandat sans fin… jusqu’à la « pacification »

Ce nouveau cadre légal offrirait à Goïta un mandat renouvelable à partir de 2025, sans élections, jusqu’à la pacification totale du pays et de l’Alliance des États du Sahel (AES) – qui comprend également le Niger et le Burkina Faso. Une formulation floue qui ouvre la voie à un maintien prolongé au pouvoir, en l’absence de toute échéance électorale claire.


Officiellement, le texte se justifie par une persistance des menaces sécuritaires malgré les progrès revendiqués par les autorités : contrôle du territoire, lutte contre le terrorisme, nouvelle Constitution adoptée en 2023… tout en affirmant que des élections seraient dangereuses en raison d’une supposée « déstabilisation internationale » – un terme perçu comme une référence implicite à la France.


🗳 Un processus verrouillé, sans opposition

Le projet de loi doit encore être voté par le Conseil national de Transition, composé essentiellement de soutiens du régime. Il s'inscrit dans une logique déjà annoncée en avril 2025, lors de « consultations nationales » jugées opaques et orientées, et ayant conduit à la dissolution de tous les partis politiques.


Reste une incertitude symbolique : Assimi Goïta deviendra-t-il président “de la République” ou restera-t-il président “de la Transition” ? La charte de Transition, déjà modifiée en 2022, devrait être de nouveau amendée pour entériner ce nouveau mandat.


💬 Une société profondément divisée

Les réactions sont tranchées. D’un côté, les partisans du régime glorifient un « Mali souverain et libéré de l’ingérence occidentale », multipliant les messages triomphants sur les réseaux sociaux. De l’autre, des voix critiques dénoncent un « braquage constitutionnel ». Le journaliste malien en exil Malick Konaté fustige « l’enterrement en grande pompe du Mali républicain » et évoque un régime militaire « paré du boubou neuf de la dictature ».

🧩 En résumé :
Le Mali entame un tournant décisif vers une consolidation du pouvoir militaire, au détriment du processus démocratique. Si le projet est voté – ce qui semble acquis – Assimi Goïta pourrait diriger sans limite de temps, dans une logique régionale partagée par ses homologues burkinabè et nigérien.

Rédigé par le Jeudi 12 Juin 2025 à 15:04


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