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Jet-set, faux visas et chute libre : la double vie de “Prince” Mbacké éclabousse Guédiawaye

Flambeur mondain le jour, faussaire de visa la nuit. Serigne Modou Moustapha Mbacké, alias “Prince”, figure controversée de la jet-set dakaroise, a été condamné à un an de prison avec sursis pour escroquerie. Une nouvelle page sombre dans une saga judiciaire qui fragilise bien plus qu’une réputation.



Derrière les lunettes griffées, les montres hors de prix et les mariages fastueux, se cachait un réseau d’escroquerie aussi discret que lucratif. Ce mercredi 3 juillet, le tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye a une nouvelle fois condamné Prince Mbacké pour escroquerie au visa, après plusieurs plaintes de victimes flouées.
 

Icône d’une ascension sociale spectaculaire, “Prince” s’était construit une image glamour entre Dakar, New York et Dubaï. Il arborait le prestige d’un nom mouride, s'affichait avec des célébrités, et vendait du rêve à coups de selfies en jet privé et cérémonies extravagantes. Mais en mars 2024, tout s’écroule.
 

C’est à Zac Mbao que le piège se referme : cinq jeunes, floués de plus de 12 millions FCFA pour des visas canadiens fictifs, parviennent à l’arrêter avec l’aide de la police. L’enquête révèle une cascade de cas similaires : promesses non tenues, documents falsifiés, passeports confisqués. Des plaintes jusque-là étouffées par son aura sociale refont surface.
 

Déjà condamné à un mois avec sursis en mai 2025, grâce à des arrangements à l’amiable et à des médiations discrètes, Prince avait échappé à l’incarcération. Mais ce 3 juillet, la justice l’attendait au tournant. Deux nouvelles victimes, Oumar Diop Sall et Mor Sarr, l'accusent de leur avoir soutiré respectivement 2,5 et 2,18 millions FCFA pour des visas italiens et américains.
 

À la barre, l’accusé reconnaît une partie des faits, invoque une volonté d’“aider” et tente de justifier l’illégalité par de “bonnes intentions”. Il remet deux enveloppes à ses victimes : l’une est intégralement dédommagée, l’autre accepte un échéancier.
 

Le parquet requiert un an de prison dont six mois ferme. La défense, elle, plaide la requalification des faits en abus de confiance. Verdict : un an de prison avec sursis. Une peine suspendue, mais qui place désormais Prince sous étroite surveillance judiciaire.
 

Ce dernier jugement laisse un goût amer à certains plaignants, et relance le débat sur la complaisance judiciaire face aux fraudeurs à visage médiatique. À Guédiawaye, la chute de Prince Mbacké n’est pas que celle d’un homme : c’est celle d’une image, d’un mythe, et d’un silence social longtemps protégé par le paraître.

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Rédigé par le Dimanche 6 Juillet 2025 à 03:20


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