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Massacre de Thiaroye: la justice française reconnaît une faute de l’État

Plus de 80 ans après les faits, le tribunal administratif de Paris reconnaît une défaillance de l’État français dans la gestion du massacre de Thiaroye, ravivant les exigences de vérité et de justice.



Dans une décision rendue le 27 mars 2026, le Tribunal administratif de Paris a reconnu une faute de l’État français dans le traitement du dossier du Massacre de Thiaroye, marquant une avancée judiciaire significative dans cette affaire historique.

La juridiction pointe notamment une défaillance dans la recherche de la vérité. Elle reproche aux autorités françaises de ne pas avoir mobilisé tous les moyens nécessaires pour établir les circonstances exactes de la mort d’un tirailleur africain. Le tribunal relève également la transmission d’informations inexactes à la famille du soldat dans les années ayant suivi les faits, mettant en cause le devoir de transparence de l’État.

Le drame remonte au 1er décembre 1944, lorsque des tirailleurs africains, anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale, rassemblés dans un camp à proximité de Dakar, réclamaient le paiement de leurs soldes et indemnités. La réponse de l’armée coloniale française a été brutale : une fusillade dont le bilan humain reste encore aujourd’hui sujet à controverse.

Les chiffres officiels, longtemps fixés entre 35 et 70 morts, sont contestés par de nombreux historiens qui évoquent plutôt plusieurs centaines de victimes. Les zones d’ombre persistent également sur les circonstances précises de la répression ainsi que sur les lieux d’inhumation des soldats.

Cette décision intervient dans un contexte de renouvellement des recherches historiques. L’État du Sénégal a notamment mis en place un comité chargé de la mémoire des tirailleurs, qui a publié en 2025 un livre blanc concluant à un massacre prémédité et dissimulé. Des fouilles archéologiques sont également en cours pour tenter d’établir la vérité sur les sépultures.

Au-delà de la reconnaissance judiciaire, cette affaire reste un enjeu mémoriel majeur. Elle ravive les attentes des familles, des historiens et de l’opinion publique, qui continuent de réclamer vérité, justice et réparation pour les victimes.

Le massacre de Thiaroye, immortalisé notamment par Ousmane Sembène dans son œuvre cinématographique, demeure une page douloureuse de l’histoire coloniale, encore incomplètement élucidée.

Rédigé par Kamalenba le Samedi 28 Mars 2026 à 01:05


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