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Grève de 72 heures dans la santé: Ibrahima Sy appelle les syndicats à privilégier le dialogue

Face à la menace d’une grève générale de 72 heures dans le secteur de la santé, le ministre Ibrahima Sy a présenté les avancées enregistrées dans l’exécution des engagements du gouvernement envers les travailleurs. Recrutements, reclassements et indemnités de logement figurent parmi les principaux dossiers évoqués, alors que l’exécutif cherche à éviter de nouvelles perturbations dans les structures sanitaires.



Le gouvernement veut éviter une paralysie des soins

Le gouvernement sénégalais tente de prévenir une nouvelle crise sociale dans le secteur de la santé. Lors d’une conférence de presse tenue lundi 19 octobre 2026, le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Dr Ibrahima Sy, a fait le point sur l’état d’avancement des engagements pris envers les personnels de santé, tout en appelant les organisations syndicales à poursuivre les négociations.

Alors qu’une grève générale de 72 heures est annoncée, le ministre a insisté sur les conséquences potentielles des perturbations pour les patients et leurs familles.

« Nous mesurons les difficultés que les perturbations des soins occasionnent aux patients et à leur famille », a-t-il déclaré, plaidant pour la poursuite du dialogue et la levée du mot d’ordre de grève.

L’objectif affiché par le département de la Santé est de parvenir à un compromis avec les partenaires sociaux afin de préserver la continuité du service public hospitalier.

2 500 recrutements attendus d’ici fin octobre

Parmi les principaux engagements évoqués figure le renforcement des ressources humaines. Selon Ibrahima Sy, l’État a autorisé le recrutement de 2 500 agents, dont 80 % seront affectés au personnel médical et de soins, tandis que les 20 % restants concerneront les fonctions de support.

Le ministre a indiqué que le processus devrait être finalisé d’ici à la fin du mois d’octobre 2026.

Compte tenu des besoins persistants dans les structures sanitaires, le ministère a également formulé une nouvelle demande portant sur le recrutement de 3 000 agents supplémentaires. Cette demande témoigne de l’importance des besoins en personnel, même si sa concrétisation reste à préciser.

Le gouvernement prévoit par ailleurs l’intégration de 1 111 agents issus de programmes sanitaires, notamment ISMEA et Teranga. Cette mesure représente une enveloppe supplémentaire de 7 milliards de francs CFA, selon les chiffres communiqués par le ministre.

À cela s’ajoute le recrutement de 270 sages-femmes avec l’appui financier de la Banque mondiale, une initiative destinée à renforcer les effectifs disponibles pour les soins.

Reclassement des techniciens supérieurs : 878 dossiers traités

Le reclassement des techniciens supérieurs de santé non-fonctionnaires constitue un autre point d’avancement présenté par le ministre.

Cette mesure a été rendue possible par l’adoption du décret correspondant. À ce stade, 878 demandes ont été traitées, selon les données communiquées par Ibrahima Sy.

Le dossier s’inscrit dans les revendications relatives à la situation professionnelle des agents et à l’amélioration de leurs conditions de travail. Son traitement représente ainsi un enjeu important dans les discussions entre le gouvernement et les organisations syndicales.

Indemnité de logement : un coût estimé à 8,8 milliards FCFA

La question de l’indemnité de logement demeure toutefois un point sensible des négociations. L’extension de cette mesure concerne 7 365 agents, notamment des contractuels du ministère de la Santé et des établissements publics de santé.

Le coût de sa mise en œuvre est estimé à 8,8 milliards de francs CFA. Le dossier est actuellement examiné par la Direction générale du Budget, qui doit étudier les possibilités d’une prise en charge progressive en fonction des capacités financières de l’État.

Cette contrainte budgétaire constitue l’un des principaux défis dans la recherche d’un accord avec les syndicats, dont les revendications portent notamment sur la rémunération, la reconnaissance professionnelle et les conditions de travail.

Pour le gouvernement, l’enjeu consiste à faire progresser les engagements sociaux sans compromettre l’équilibre des finances publiques.

Près de 90 rencontres avec les syndicats en deux ans

Pour illustrer les efforts engagés en faveur du dialogue social, Ibrahima Sy a également évoqué les concertations menées avec les partenaires sociaux. Près de 90 rencontres auraient été organisées au cours des deux dernières années.

Un projet de protocole d’accord est par ailleurs en cours de finalisation avec plusieurs organisations syndicales. Une nouvelle rencontre est également prévue sous l’égide du ministère de la Fonction publique.

Malgré ces échanges et les avancées annoncées, la menace d’un arrêt de travail de 72 heures continue de faire peser un risque sur le fonctionnement des hôpitaux et des autres structures sanitaires.

Le ministre a donc renouvelé son appel aux syndicats pour qu’ils privilégient les négociations et renoncent au mouvement annoncé.

« Nous appelons les partenaires sociaux à poursuivre le dialogue, à préserver l’accès des populations aux soins et à lever leur mot d’ordre de grève », a-t-il insisté.

Ibrahima Sy a enfin assuré que la continuité des soins d’urgence sur l’ensemble du territoire demeurait une priorité. Reste à savoir si les avancées présentées par le gouvernement permettront de rapprocher les positions et d’éviter les perturbations redoutées par les patients.

Rédigé par le Mercredi 21 Octobre 2026 à 02:02


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