Désormais détenu à 95 % par l’État et à 5 % par les employés, l’opérateur public souffre d’un modèle économique profondément déséquilibré. En effet, les recettes issues de la facturation s'avèrent insuffisantes pour couvrir les coûts réels de production, de transport et de distribution.
Les chiffres alarmants du passif financier de la Socadel
La nouvelle entité publique hérite d'un passif financier colossal accumulé par l'ex-Eneo :
Une dette abyssale : Lors de sa transformation juridique, la Socadel a récupéré un volume global de dette estimé à près de 800 milliards de FCFA (environ 1,5 milliard USD).
Un déficit mensuel structurel : Le Plan de restructuration d’Eneo 2026-2028 révèle un écart mensuel de 13 milliards de FCFA (environ 23 millions USD) entre les recettes collectées et les dépenses à couvrir.
Une crise du recouvrement : Sur une facturation mensuelle moyenne réelle de 40 milliards de FCFA, seuls 31 milliards sont effectivement recouvrés. Les ménages et les industriels portent 82,5 % de cette facturation (33 milliards de FCFA).
⚖️ L'impasse tarifaire et le paradoxe de l'État débiteur
Au cœur du problème se trouve une politique tarifaire socialement sensible, maintenant les prix payés par les consommateurs en dessous des coûts réels du système électrique. Le FMI insiste sur le fait qu'en l'absence d'ajustements progressifs des tarifs, l'entreprise restera structurellement déficitaire, menaçant à terme les budgets alloués aux investissements publics et aux dépenses sociales.
De plus, l’État camerounais se retrouve dans une position paradoxale : il est à la fois l'actionnaire majoritaire et l'un des débiteurs principaux de la société. Sur les 7 milliards de FCFA d'arriérés de paiement mensuels restants (17,5 % de l'enveloppe globale), la répartition du passif s'établit ainsi :
Administrations et collectivités : 3 milliards de FCFA d'arriérés sont détenus par les administrations publiques et les collectivités territoriales décentralisées.
Sociétés et entités publiques : 3,5 milliards de FCFA sont dus par les structures étatiques et hôpitaux (Alucam, Camwater, Camtel, Sonara, la CRTV, les universités et les centres hospitaliers).
Le secteur privé (Cimentiers) : Le reste des arriérés, soit 0,5 milliard de FCFA, est porté par les industriels du ciment.
Cette double casquette de l'État fragilise la trésorerie de la Socadel et complique toute perspective de redressement rapide. Sans une réforme profonde du modèle économique, une amélioration rigoureuse du recouvrement et une révision maîtrisée des tarifs, la nationalisation, présentée comme un levier de souveraineté, pourrait se transformer en une vulnérabilité budgétaire durable pour le Cameroun.
Les chiffres alarmants du passif financier de la Socadel
La nouvelle entité publique hérite d'un passif financier colossal accumulé par l'ex-Eneo :
Une dette abyssale : Lors de sa transformation juridique, la Socadel a récupéré un volume global de dette estimé à près de 800 milliards de FCFA (environ 1,5 milliard USD).
Un déficit mensuel structurel : Le Plan de restructuration d’Eneo 2026-2028 révèle un écart mensuel de 13 milliards de FCFA (environ 23 millions USD) entre les recettes collectées et les dépenses à couvrir.
Une crise du recouvrement : Sur une facturation mensuelle moyenne réelle de 40 milliards de FCFA, seuls 31 milliards sont effectivement recouvrés. Les ménages et les industriels portent 82,5 % de cette facturation (33 milliards de FCFA).
⚖️ L'impasse tarifaire et le paradoxe de l'État débiteur
Au cœur du problème se trouve une politique tarifaire socialement sensible, maintenant les prix payés par les consommateurs en dessous des coûts réels du système électrique. Le FMI insiste sur le fait qu'en l'absence d'ajustements progressifs des tarifs, l'entreprise restera structurellement déficitaire, menaçant à terme les budgets alloués aux investissements publics et aux dépenses sociales.
De plus, l’État camerounais se retrouve dans une position paradoxale : il est à la fois l'actionnaire majoritaire et l'un des débiteurs principaux de la société. Sur les 7 milliards de FCFA d'arriérés de paiement mensuels restants (17,5 % de l'enveloppe globale), la répartition du passif s'établit ainsi :
Administrations et collectivités : 3 milliards de FCFA d'arriérés sont détenus par les administrations publiques et les collectivités territoriales décentralisées.
Sociétés et entités publiques : 3,5 milliards de FCFA sont dus par les structures étatiques et hôpitaux (Alucam, Camwater, Camtel, Sonara, la CRTV, les universités et les centres hospitaliers).
Le secteur privé (Cimentiers) : Le reste des arriérés, soit 0,5 milliard de FCFA, est porté par les industriels du ciment.
Cette double casquette de l'État fragilise la trésorerie de la Socadel et complique toute perspective de redressement rapide. Sans une réforme profonde du modèle économique, une amélioration rigoureuse du recouvrement et une révision maîtrisée des tarifs, la nationalisation, présentée comme un levier de souveraineté, pourrait se transformer en une vulnérabilité budgétaire durable pour le Cameroun.


