En marge du 39ᵉ Sommet de l’Union africaine, la question de l’eau s'est imposée comme le pilier central de l’Agenda 2063 pour « l’Afrique que nous voulons ». Cette dynamique a été consolidée par une rencontre stratégique entre le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, et le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, posant les jalons de la prochaine Conférence des Nations Unies sur l’eau.
L’adoption de la nouvelle Vision africaine de l’eau marque un tournant historique pour le continent. Pour les dirigeants africains, l'accès à l'eau n'est plus seulement une question de santé publique, mais un levier indispensable pour la justice sociale, la stabilité politique et la transformation économique. C'est dans ce cadre que le Sénégal, fort de son expertise reconnue dans la gestion des ressources hydriques transfrontalières, a été désigné pour co-organiser, aux côtés des Émirats arabes unis, la Conférence des Nations Unies sur l’Eau prévue en 2026 à Abu Dhabi.
L'entretien entre Ousmane Sonko et António Guterres a permis d'affiner les axes prioritaires de ce grand rendez-vous mondial. Le Sénégal entend porter la voix du Sud global pour exiger un renforcement massif des financements destinés aux infrastructures hydrauliques. Au-delà de l'aspect financier, la coopération scientifique et l'innovation technologique seront au cœur des débats, afin de répondre aux défis croissants du stress hydrique et du changement climatique qui frappent durement les zones arides et semi-arides.
L'engagement du Sénégal dans ce processus témoigne d'une volonté politique de placer l'innovation et la science au service du développement durable. En tant que pays hôte du 9e Forum Mondial de l'Eau en 2022, le Sénégal capitalise sur ses acquis pour influencer les politiques internationales. L'objectif pour 2026 est de passer des déclarations d'intention à des actions concrètes, notamment par le transfert de technologies et la mise en place de mécanismes de financement innovants pour les pays les plus vulnérables.
Ce partenariat entre Dakar, Abu Dhabi et les Nations Unies souligne le rôle de pivot que joue désormais le Sénégal sur l'échiquier diplomatique environnemental. La Conférence de 2026 ne sera pas qu'une simple rencontre technique, mais une plateforme de plaidoyer pour que l'eau soit reconnue comme un bien commun universel, moteur de paix et de prospérité pour les générations futures.


