Le mouvement dirigé par Guy Marius Sagna ne décolère pas. Dans une déclaration publique, le FRAPP a critiqué le communiqué du parquet publié le jour même, y voyant une tentative de minimiser les faits. Le mouvement remet notamment en cause l'impartialité de la Division des Investigations Criminelles (DIC). Selon le FRAPP, confier l'enquête à la Police nationale — directement impliquée dans les affrontements sur le campus — pose un problème éthique majeur. L'organisation plaide pour que l'instruction soit confiée à la Gendarmerie nationale, jugée plus apte à offrir des garanties de neutralité et de transparence dans ce dossier spécifique.
Au cœur de la discorde se trouve le certificat de décès de l'étudiant. Alors que le Procureur semble balayer certaines versions comme des « rumeurs », le FRAPP s'appuie sur un certificat médical circulant sur les réseaux sociaux et signé par un médecin légiste. Pour le mouvement, nier ces conclusions reviendrait à jeter le discrédit sur la probité du corps médical. Pour lever toute ambiguïté, le FRAPP exige désormais que le Procureur rende public un certificat médical officiel, explicite et détaillé, prouvant ou non l'absence de violences physiques.
Le mouvement dénonce également ce qu'il qualifie de « volonté de dissimulation » de la part des autorités. Cette accusation s'appuie sur les conditions d'interpellation des délégués étudiants, jugées musclées et arbitraires. Le FRAPP rejette fermement l'idée d'une responsabilité partagée entre les forces de l'ordre et les manifestants. Il va plus loin en accusant certains éléments des forces de sécurité d'avoir commis des actes de destruction de biens sur le campus social, demandant que ces derniers fassent l'objet de poursuites pénales au même titre que les civils.
Enfin, l'appel à la libération immédiate et sans condition de tous les étudiants arrêtés depuis le 9 février reste la priorité du mouvement panafricaniste. Alors que le campus de l'UCAD demeure sous haute surveillance, cette sortie du FRAPP accentue la pression sur le ministère de la Justice. L'opinion publique, très attentive à l'évolution de ce dossier, attend désormais de voir si le Procureur donnera suite aux exigences de transparence réclamées par la société civile pour apaiser un climat universitaire au bord de l'implosion.


