Le Sénégal intensifie ses efforts pour mobiliser les financements nécessaires au développement de son réseau national de transport de gaz. À l’occasion de l’Africa Energy Week 2026, organisée au Cap, en Afrique du Sud, le directeur général du Réseau gazier du Sénégal (RGS), Pape Momar Lô, a présenté aux investisseurs trois projets de gazoducs représentant un besoin de financement global de 530 millions d’euros, soit environ 348 milliards de FCFA.
Les segments Vert, Bleu et Orange constituent une partie du futur dispositif destiné à acheminer le gaz vers les centrales électriques et les sites industriels du pays. Selon le calendrier présenté, les travaux devraient démarrer en 2027, pour une mise en service visée en 2029.
L’objectif est de renforcer l’utilisation du gaz naturel dans l’économie sénégalaise, conformément aux orientations du gas-to-power, qui vise à produire de l’électricité à partir du gaz, et du gas-to-industry, consacré à son utilisation dans les activités industrielles.
« Ce n’est pas seulement une infrastructure que nous construisons. Nous construisons un pays », a déclaré Pape Momar Lô lors de sa présentation, insistant sur le lien entre le développement des infrastructures énergétiques et la transformation économique nationale.
Trois segments pour acheminer le gaz vers les centrales et les industries
Les projets présentés aux investisseurs au Cap se répartissent en trois segments, chacun ayant des caractéristiques et des objectifs spécifiques.
Le segment Vert, dont le coût est estimé à 220 millions d’euros, doit s’étendre sur 110 kilomètres. Sa capacité annoncée atteint 300 millions de pieds cubes standard par jour. Il est destiné à transporter le gaz excédentaire du projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA), développé conjointement par le Sénégal et la Mauritanie, vers les autres branches du réseau.
Le segment Bleu, évalué à 180 millions d’euros, couvrira une distance de 100 kilomètres. Sa capacité de transport annoncée est de 713 millions de pieds cubes par jour. Il doit desservir six centrales électriques et six sites industriels.
Le segment Orange, estimé à 130 millions d’euros, prévoit la construction de 45 kilomètres de conduites, avec une capacité annoncée de 300 millions de pieds cubes par jour. Il doit alimenter six industries et une centrale électrique.
Au total, ces trois projets représentent un investissement prévisionnel de 530 millions d’euros. Une enveloppe de 25 millions d’euros est également prévue pour l’indemnisation des personnes affectées par les travaux.
Cette composante sociale constitue un enjeu important pour la réalisation des infrastructures. Le passage des conduites nécessite en effet une prise en compte des populations riveraines et des éventuelles conséquences foncières des chantiers.
Un réseau national estimé à 650 milliards FCFA
Au-delà des trois segments présentés au Cap, le Réseau gazier du Sénégal prévoit un dispositif plus vaste, composé de cinq segments et s’étendant sur près de 400 kilomètres.
Le coût global du réseau est évalué à environ 650 milliards de FCFA, soit près de 1,15 milliard de dollars. Sa capacité de transport visée est de 2,5 milliards de mètres cubes par an.
À terme, cette infrastructure doit relier les principales sources de production de gaz du pays, notamment Grand Tortue Ahmeyim, Yakaar-Teranga et Sangomar, aux centrales électriques, aux producteurs indépendants et aux industries.
Le réseau doit progressivement desservir plusieurs pôles énergétiques et industriels, notamment Tobène, le Cap des Biches, Sendou et Malicounda, avant de rejoindre la région de Dakar.
L’ambition est de mettre en place une infrastructure capable de rapprocher les ressources gazières des principaux centres de consommation nationaux. Le développement du réseau domestique constitue ainsi un maillon essentiel de la stratégie visant à valoriser le gaz au-delà de son potentiel d’exportation.
Le gaz domestique, un levier potentiel pour réduire les coûts énergétiques
Le développement du réseau gazier doit permettre au Sénégal d’accroître l’utilisation de ses ressources naturelles dans la production d’électricité et les activités industrielles.
L’approvisionnement des centrales en gaz pourrait notamment contribuer à réduire le recours aux combustibles importés, dont les coûts sont exposés aux fluctuations des marchés internationaux. Pour les entreprises industrielles, l’accès à une énergie plus compétitive constitue également un enjeu de productivité et de développement.
Toutefois, la construction des gazoducs ne garantit pas, à elle seule, une baisse immédiate des factures d’électricité. Le résultat dépendra également de la disponibilité du gaz, du coût de son transport, des performances des centrales et de l’efficacité du système de distribution électrique.
Cette question reste centrale pour les ménages et les entreprises, dans un contexte où le coût de l’électricité pèse sur le pouvoir d’achat et les charges d’exploitation.
Le segment Nord, premier jalon du réseau gazier
Le Sénégal a déjà engagé la réalisation d'un premier maillon de son réseau. Le 10 septembre 2026, le ministre de l’Énergie et du Pétrole, El Hadji Abdourahmane Diouf, a présidé à Gandon, dans la région de Saint-Louis, la pose de la première canalisation du segment Nord.
Selon les données communiquées par le directeur général du RGS, ce chantier affichait alors un taux d’avancement de 25,8 %.
Le segment Nord s’étend sur 85 kilomètres, dont environ 45 kilomètres de conduites en mer jusqu’à Léona, dans la région de Louga, et 40 kilomètres à terre jusqu’à Gandon. Sa capacité de transport est annoncée à 300 millions de pieds cubes par jour.
L’infrastructure doit acheminer le gaz provenant du hub de Grand Tortue Ahmeyim vers la future centrale électrique de Gandon, d’une puissance prévue de 250 mégawatts.
Son coût est estimé à 275 millions d’euros, soit environ 180 milliards de FCFA. Le chantier a été confié au groupement italien Sicilsaldo, Micoperi et Enereco, dans le cadre d’un contrat d’ingénierie, d’approvisionnement, de construction et de financement signé le 29 avril 2025.
Ce premier segment constitue une étape importante dans la mise en place du dispositif national de transport du gaz. Il doit contribuer à créer les conditions nécessaires au développement du gas-to-power au Sénégal.
Le Sénégal cherche à attirer les investisseurs
La présentation des trois segments à l’Africa Energy Week traduit la volonté des autorités sénégalaises de mobiliser des partenaires financiers pour accompagner le développement du réseau.
Devant les investisseurs, Pape Momar Lô a également appelé à une implication accrue des acteurs africains dans le financement des projets énergétiques du continent.
« Il est temps que l’Afrique aide à construire l’Afrique », a-t-il déclaré, soulignant l’importance d’une approche qui fasse des infrastructures énergétiques des instruments de développement économique.
Le Sénégal cherche ainsi à positionner son réseau gazier comme un projet structurant pour son économie, en mettant en avant les débouchés liés à la production électrique et à l’approvisionnement des industries.
L’enjeu est désormais de transformer l’intérêt suscité auprès des investisseurs en engagements financiers concrets. La mobilisation des ressources nécessaires, le respect du calendrier des travaux et la maîtrise des coûts seront déterminants pour concrétiser l’ambition d’un réseau gazier national opérationnel à l’horizon 2029 pour les segments présentés au Cap.
Les segments Vert, Bleu et Orange constituent une partie du futur dispositif destiné à acheminer le gaz vers les centrales électriques et les sites industriels du pays. Selon le calendrier présenté, les travaux devraient démarrer en 2027, pour une mise en service visée en 2029.
L’objectif est de renforcer l’utilisation du gaz naturel dans l’économie sénégalaise, conformément aux orientations du gas-to-power, qui vise à produire de l’électricité à partir du gaz, et du gas-to-industry, consacré à son utilisation dans les activités industrielles.
« Ce n’est pas seulement une infrastructure que nous construisons. Nous construisons un pays », a déclaré Pape Momar Lô lors de sa présentation, insistant sur le lien entre le développement des infrastructures énergétiques et la transformation économique nationale.
Trois segments pour acheminer le gaz vers les centrales et les industries
Les projets présentés aux investisseurs au Cap se répartissent en trois segments, chacun ayant des caractéristiques et des objectifs spécifiques.
Le segment Vert, dont le coût est estimé à 220 millions d’euros, doit s’étendre sur 110 kilomètres. Sa capacité annoncée atteint 300 millions de pieds cubes standard par jour. Il est destiné à transporter le gaz excédentaire du projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA), développé conjointement par le Sénégal et la Mauritanie, vers les autres branches du réseau.
Le segment Bleu, évalué à 180 millions d’euros, couvrira une distance de 100 kilomètres. Sa capacité de transport annoncée est de 713 millions de pieds cubes par jour. Il doit desservir six centrales électriques et six sites industriels.
Le segment Orange, estimé à 130 millions d’euros, prévoit la construction de 45 kilomètres de conduites, avec une capacité annoncée de 300 millions de pieds cubes par jour. Il doit alimenter six industries et une centrale électrique.
Au total, ces trois projets représentent un investissement prévisionnel de 530 millions d’euros. Une enveloppe de 25 millions d’euros est également prévue pour l’indemnisation des personnes affectées par les travaux.
Cette composante sociale constitue un enjeu important pour la réalisation des infrastructures. Le passage des conduites nécessite en effet une prise en compte des populations riveraines et des éventuelles conséquences foncières des chantiers.
Un réseau national estimé à 650 milliards FCFA
Au-delà des trois segments présentés au Cap, le Réseau gazier du Sénégal prévoit un dispositif plus vaste, composé de cinq segments et s’étendant sur près de 400 kilomètres.
Le coût global du réseau est évalué à environ 650 milliards de FCFA, soit près de 1,15 milliard de dollars. Sa capacité de transport visée est de 2,5 milliards de mètres cubes par an.
À terme, cette infrastructure doit relier les principales sources de production de gaz du pays, notamment Grand Tortue Ahmeyim, Yakaar-Teranga et Sangomar, aux centrales électriques, aux producteurs indépendants et aux industries.
Le réseau doit progressivement desservir plusieurs pôles énergétiques et industriels, notamment Tobène, le Cap des Biches, Sendou et Malicounda, avant de rejoindre la région de Dakar.
L’ambition est de mettre en place une infrastructure capable de rapprocher les ressources gazières des principaux centres de consommation nationaux. Le développement du réseau domestique constitue ainsi un maillon essentiel de la stratégie visant à valoriser le gaz au-delà de son potentiel d’exportation.
Le gaz domestique, un levier potentiel pour réduire les coûts énergétiques
Le développement du réseau gazier doit permettre au Sénégal d’accroître l’utilisation de ses ressources naturelles dans la production d’électricité et les activités industrielles.
L’approvisionnement des centrales en gaz pourrait notamment contribuer à réduire le recours aux combustibles importés, dont les coûts sont exposés aux fluctuations des marchés internationaux. Pour les entreprises industrielles, l’accès à une énergie plus compétitive constitue également un enjeu de productivité et de développement.
Toutefois, la construction des gazoducs ne garantit pas, à elle seule, une baisse immédiate des factures d’électricité. Le résultat dépendra également de la disponibilité du gaz, du coût de son transport, des performances des centrales et de l’efficacité du système de distribution électrique.
Cette question reste centrale pour les ménages et les entreprises, dans un contexte où le coût de l’électricité pèse sur le pouvoir d’achat et les charges d’exploitation.
Le segment Nord, premier jalon du réseau gazier
Le Sénégal a déjà engagé la réalisation d'un premier maillon de son réseau. Le 10 septembre 2026, le ministre de l’Énergie et du Pétrole, El Hadji Abdourahmane Diouf, a présidé à Gandon, dans la région de Saint-Louis, la pose de la première canalisation du segment Nord.
Selon les données communiquées par le directeur général du RGS, ce chantier affichait alors un taux d’avancement de 25,8 %.
Le segment Nord s’étend sur 85 kilomètres, dont environ 45 kilomètres de conduites en mer jusqu’à Léona, dans la région de Louga, et 40 kilomètres à terre jusqu’à Gandon. Sa capacité de transport est annoncée à 300 millions de pieds cubes par jour.
L’infrastructure doit acheminer le gaz provenant du hub de Grand Tortue Ahmeyim vers la future centrale électrique de Gandon, d’une puissance prévue de 250 mégawatts.
Son coût est estimé à 275 millions d’euros, soit environ 180 milliards de FCFA. Le chantier a été confié au groupement italien Sicilsaldo, Micoperi et Enereco, dans le cadre d’un contrat d’ingénierie, d’approvisionnement, de construction et de financement signé le 29 avril 2025.
Ce premier segment constitue une étape importante dans la mise en place du dispositif national de transport du gaz. Il doit contribuer à créer les conditions nécessaires au développement du gas-to-power au Sénégal.
Le Sénégal cherche à attirer les investisseurs
La présentation des trois segments à l’Africa Energy Week traduit la volonté des autorités sénégalaises de mobiliser des partenaires financiers pour accompagner le développement du réseau.
Devant les investisseurs, Pape Momar Lô a également appelé à une implication accrue des acteurs africains dans le financement des projets énergétiques du continent.
« Il est temps que l’Afrique aide à construire l’Afrique », a-t-il déclaré, soulignant l’importance d’une approche qui fasse des infrastructures énergétiques des instruments de développement économique.
Le Sénégal cherche ainsi à positionner son réseau gazier comme un projet structurant pour son économie, en mettant en avant les débouchés liés à la production électrique et à l’approvisionnement des industries.
L’enjeu est désormais de transformer l’intérêt suscité auprès des investisseurs en engagements financiers concrets. La mobilisation des ressources nécessaires, le respect du calendrier des travaux et la maîtrise des coûts seront déterminants pour concrétiser l’ambition d’un réseau gazier national opérationnel à l’horizon 2029 pour les segments présentés au Cap.
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