Dakar, Sénégal – Dans un pays où les langues nationales rythment les interactions quotidiennes, leur intégration au cœur des outils numériques constitue à la fois un défi d'accessibilité et un pilier de souveraineté technologique. C'est autour de cette vision stratégique qu's'est déroulée au Noom Hôtel de Dakar la cérémonie officielle de restitution du Kiriku Voice Inclusive & Creative Challenge. Portée par l'organisation AI Hub Sénégal en partenariat avec Vie Publique Sénégal et avec le soutien décisif de l'Ambassade de France au Sénégal, cette initiative a rassemblé développeurs, chercheurs, linguistes et entrepreneurs autour d'une ambition commune : concevoir des assistants vocaux intelligents ancrés dans les réalités locales.
Des prototypes innovants au service des besoins quotidiens
Sur les 74 candidatures initialement enregistrées, 15 équipes ont été sélectionnées pour prendre part à la phase active du concours, débouchant sur 10 projets finalistes. À l'issue des évaluations du jury, trois solutions majeures se sont distinguées par leur pertinence sociale et leur faisabilité technique :
TekTalma (1er prix) : Dédié au secteur des transports et de la mobilité urbaine, cet assistant vocal permet aux usagers de rechercher des itinéraires, d'obtenir des informations sur les lignes de transport, les correspondances et les temps de parcours. Une démonstration convaincante a illustré son efficacité pour un trajet entre Liberté 6 et Petersen via le Bus Rapid Transit (BRT).
Tewlu Kaddu (2e prix) : Conçu comme un assistant financier intelligent, cet outil cible prioritairement les petits commerçants informels. Par de simples commandes vocales, les utilisateurs peuvent enregistrer leurs transactions quotidiennes, suivre l'état des crédits, gérer les remboursements et piloter leurs stocks, le système intégrant une étape de confirmation pour minimiser les risques d'erreur.
Sunuchat (3e prix) : Déployé sous forme d'assistant conversationnel accessible via WhatsApp, ce projet permet d'interroger un serveur en wolof ou en pulaar pour obtenir des informations sanitaires fiables issues de sources officielles. Il intègre également des fonctionnalités de lecture d'ordonnances, de rappels de traitement et de géolocalisation des structures de santé et des pharmacies de garde.
210 heures de données linguistiques pour structurer l'écosystème
Le succès de ces innovations repose sur un travail amont d'envergure mené dans le cadre du projet Sen Hub IA. En synergie avec le ministère chargé du Numérique et le Centre de linguistique appliquée de Dakar (CLAD), une campagne rigoureuse de collecte et d'annotation a permis de constituer un corpus inédit de 210 heures de données vocales réparties entre le wolof, le pulaar et le sérère. Ce volume se divise entre 150 heures dédiées à la reconnaissance automatique de la parole (ASR) et 60 heures consacrées à la synthèse vocale (TTS).
Ces efforts ont abouti à la création des modèles ouverts M-Kiriku ASR et M-Kiriku TTS. Entièrement documentés, ces jeux de données, modèles et outils d'évaluation sont accessibles en libre accès (open source) sur la plateforme internationale Hugging Face, via la page officielle d'AI Hub Sénégal.
Intervenant lors de la rencontre, Aymar Prigent, attaché de coopération pour l'innovation et l'économie numérique à l'Ambassade de France, a rappelé que l'accès à ces ressources linguistiques constitue un prérequis indispensable pour éviter que l'IA ne devienne un facteur d'exclusion numérique des populations non francophones. Une position partagée par Daouda Tandiang Djiba, président d'AI Hub Sénégal, qui a insisté sur l'impératif pour le continent de se doter des infrastructures de calcul et des compétences nécessaires pour concevoir et héberger ses propres technologies.
Vers le passage à l'échelle et l'impact territorial
Alors que la représentante du Ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Marie-Louise Diokh, a réitéré l'alignement de cette dynamique avec les ambitions de la Vision Sénégal 2050 et du New Deal technologique, les organisateurs entendent pérenniser ces acquis. Les équipes lauréates se sont vu attribuer une enveloppe globale de plus de 2 millions de francs CFA ainsi qu'un accompagnement technique d'un à deux mois.
L'enjeu des prochains mois réside dans la capacité à mobiliser l'ensemble des acteurs institutionnels, économiques et de la société civile pour transformer ces prototypes prometteurs en services durables, utiles et généralisés dans les domaines de la santé, de l'éducation, de l'agriculture et de l'administration.
Des prototypes innovants au service des besoins quotidiens
Sur les 74 candidatures initialement enregistrées, 15 équipes ont été sélectionnées pour prendre part à la phase active du concours, débouchant sur 10 projets finalistes. À l'issue des évaluations du jury, trois solutions majeures se sont distinguées par leur pertinence sociale et leur faisabilité technique :
TekTalma (1er prix) : Dédié au secteur des transports et de la mobilité urbaine, cet assistant vocal permet aux usagers de rechercher des itinéraires, d'obtenir des informations sur les lignes de transport, les correspondances et les temps de parcours. Une démonstration convaincante a illustré son efficacité pour un trajet entre Liberté 6 et Petersen via le Bus Rapid Transit (BRT).
Tewlu Kaddu (2e prix) : Conçu comme un assistant financier intelligent, cet outil cible prioritairement les petits commerçants informels. Par de simples commandes vocales, les utilisateurs peuvent enregistrer leurs transactions quotidiennes, suivre l'état des crédits, gérer les remboursements et piloter leurs stocks, le système intégrant une étape de confirmation pour minimiser les risques d'erreur.
Sunuchat (3e prix) : Déployé sous forme d'assistant conversationnel accessible via WhatsApp, ce projet permet d'interroger un serveur en wolof ou en pulaar pour obtenir des informations sanitaires fiables issues de sources officielles. Il intègre également des fonctionnalités de lecture d'ordonnances, de rappels de traitement et de géolocalisation des structures de santé et des pharmacies de garde.
210 heures de données linguistiques pour structurer l'écosystème
Le succès de ces innovations repose sur un travail amont d'envergure mené dans le cadre du projet Sen Hub IA. En synergie avec le ministère chargé du Numérique et le Centre de linguistique appliquée de Dakar (CLAD), une campagne rigoureuse de collecte et d'annotation a permis de constituer un corpus inédit de 210 heures de données vocales réparties entre le wolof, le pulaar et le sérère. Ce volume se divise entre 150 heures dédiées à la reconnaissance automatique de la parole (ASR) et 60 heures consacrées à la synthèse vocale (TTS).
Ces efforts ont abouti à la création des modèles ouverts M-Kiriku ASR et M-Kiriku TTS. Entièrement documentés, ces jeux de données, modèles et outils d'évaluation sont accessibles en libre accès (open source) sur la plateforme internationale Hugging Face, via la page officielle d'AI Hub Sénégal.
Intervenant lors de la rencontre, Aymar Prigent, attaché de coopération pour l'innovation et l'économie numérique à l'Ambassade de France, a rappelé que l'accès à ces ressources linguistiques constitue un prérequis indispensable pour éviter que l'IA ne devienne un facteur d'exclusion numérique des populations non francophones. Une position partagée par Daouda Tandiang Djiba, président d'AI Hub Sénégal, qui a insisté sur l'impératif pour le continent de se doter des infrastructures de calcul et des compétences nécessaires pour concevoir et héberger ses propres technologies.
Vers le passage à l'échelle et l'impact territorial
Alors que la représentante du Ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Marie-Louise Diokh, a réitéré l'alignement de cette dynamique avec les ambitions de la Vision Sénégal 2050 et du New Deal technologique, les organisateurs entendent pérenniser ces acquis. Les équipes lauréates se sont vu attribuer une enveloppe globale de plus de 2 millions de francs CFA ainsi qu'un accompagnement technique d'un à deux mois.
L'enjeu des prochains mois réside dans la capacité à mobiliser l'ensemble des acteurs institutionnels, économiques et de la société civile pour transformer ces prototypes prometteurs en services durables, utiles et généralisés dans les domaines de la santé, de l'éducation, de l'agriculture et de l'administration.
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