Ziguinchor : un débat relancé sur la sécurité aérienne et le statut opérationnel de l’aéroport

Le fonctionnement de l’aéroport de Ziguinchor sous régime AFIS suscite des interrogations sur le niveau réel de contrôle aérien, la certification des infrastructures et les garanties de sécurité offertes aux usagers.



Le statut opérationnel de l’aéroport de Ziguinchor est au cœur d’un débat relancé sur les conditions de sécurité aérienne dans la région Sud. La question porte notamment sur le maintien du dispositif AFIS (Aerodrome Flight Information Service), un système d’information aéronautique, par opposition au contrôle aérien classique assuré par un service ATC.

Dans le fonctionnement AFIS, les agents présents se limitent à fournir des informations aux pilotes sans disposer d’un pouvoir de contrôle, d’autorisation ou d’instruction sur les mouvements des aéronefs. À l’inverse, un contrôle aérien ATC encadre et régule activement le trafic, en délivrant des clairances et en assurant la séparation des appareils.

Cette distinction technique alimente des interrogations sur l’adéquation du dispositif actuel avec le niveau de trafic et les ambitions opérationnelles de la plateforme aéroportuaire.

Le débat est également alimenté par des références à des incidents aériens récents au Sénégal, notamment l’événement du 9 mai 2024 à l’AIBD impliquant un Boeing 737/300, qui avait fait plusieurs blessés lors d’une sortie de piste. Si cet accident concernait un autre aéroport doté d’un contrôle aérien complet, il est régulièrement cité dans les discussions sur le renforcement global de la sécurité aérienne.

Par ailleurs, des interrogations persistent sur les conditions de certification et d’homologation de l’aéroport de Ziguinchor, ainsi que sur la disponibilité des équipements nécessaires à des opérations de nuit, notamment le balisage lumineux et les infrastructures de navigation.

Des échanges techniques auraient eu lieu ces derniers mois entre les autorités compétentes, dont l’ANACIM et des structures régionales de navigation aérienne, autour des exigences réglementaires et des conditions de mise en conformité. Toutefois, certains acteurs appellent à davantage de transparence sur les documents de certification et les standards effectivement validés.

Du côté des compagnies aériennes, les contraintes opérationnelles liées aux infrastructures disponibles influencent également les choix d’exploitation, certaines opérant sous conditions spécifiques en fonction des exigences de sécurité interne et des normes internationales.

Dans ce contexte, plusieurs voix appellent à un renforcement des dispositifs de contrôle aérien et à une clarification du statut technique de l’aéroport, afin de garantir une exploitation conforme aux standards internationaux et une meilleure information des usagers.

La question de la transition vers un système ATC pleinement opérationnel, évoquée dans certains calendriers techniques, reste également un enjeu central pour l’avenir de la plateforme.

Au-delà du débat technique, les enjeux soulevés renvoient à une exigence commune : assurer un niveau de sécurité conforme aux normes internationales et garantir la confiance des passagers dans les infrastructures aériennes nationales.

Rédigé par le Lundi 22 Juin 2026 à 19:56