Ziguinchor : La DNLT démantèle un réseau de traite et de proxénétisme

L'Antenne régionale de la Division de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) de Ziguinchor vient de porter un coup d'arrêt à un réseau criminel présumé spécialisé dans la traite de personnes.



Cette affaire à dimension transfrontalière a conduit au déférement de trois suspects devant le procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Ziguinchor le 22 février 2026. Les mis en cause sont poursuivis pour des faits graves d'association de malfaiteurs, proxénétisme, usage de faux documents administratifs et tentative d’exploitation sexuelle.

L'alerte a été donnée par les autorités diplomatiques de la Sierra Leone accréditées au Sénégal, qui ont facilité le signalement d'une victime présumée par un responsable communautaire. L'enquête minutieuse menée par les services spécialisés a révélé un mode opératoire basé sur la manipulation et le recrutement frauduleux. De jeunes filles étaient ainsi recrutées sous le couvert de fausses promesses d'emploi avant d'être acheminées vers la capitale de la Casamance pour y subir une exploitation programmée.

Au cœur de ce système, la nommée M.F. est soupçonnée d'avoir organisé le recrutement à distance, la prise en charge des frais de transport ainsi que l'hébergement des victimes. Les auditions réalisées par les enquêteurs ont mis en lumière une méthode d'asservissement classique mais redoutable : une dette imposée aux jeunes filles pour le remboursement de leur voyage, conditionnant ainsi leur liberté. Pour garantir le contrôle total du réseau, les victimes étaient sélectionnées sur photographie et placées sous une surveillance constante dès leur arrivée.

Le démantèlement a également permis l'interpellation du propriétaire de l'appartement utilisé pour ces activités illicites, identifié sous les initiales F.K.T. Ce dernier a reconnu percevoir un loyer mensuel tout en imposant des consignes de discrétion absolue. Il exigeait notamment que les mouvements soient limités et que la réception de clients se fasse uniquement à des horaires nocturnes afin d'échapper à la vigilance du voisinage et des autorités.

La troisième complice, M.C., a admis son rôle de gardienne au sein de l'appartement de Ziguinchor. Son témoignage a par ailleurs révélé un volet frauduleux connexe, impliquant l'usage de faux documents consulaires. Ces cartes factices, confectionnées par un tiers spécialisé, étaient destinées à fournir une identité de substitution aux victimes de traite et aux personnes se livrant à la prostitution dans la région. Grâce à cette opération, la DNLT réaffirme sa détermination à briser les chaînes de l'exploitation sexuelle et à sécuriser les zones frontalières du pays.

Rédigé par Kamalenba le Lundi 23 Février 2026 à 23:16

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