Ukraine : près de 600 000 armes occidentales hors des radars depuis le début de la guerre



Sur cette photo des soldats préparent leurs armes sur la ligne de front dans la région de Zaporijia, en Ukraine. Andriy Andriyenko / Ukraine's 65th Mechanized Brigade via AP
Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine en février 2022, l’ampleur de l’aide militaire occidentale à Kiev n’a cessé de croître. Mais un rapport publié en juin 2024 par l’ONG suisse Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC) met en lumière une réalité préoccupante : près de 600 000 armes livrées à l’Ukraine ne sont plus correctement tracées dans les inventaires officiels.

Selon ce document, largement relayé par plusieurs médias européens, ces armes ne sont pas nécessairement « perdues » au sens strict. Il s’agit principalement d’armements légers et portatifs – fusils, pistolets, lance-grenades – dont la localisation n’est plus clairement identifiée par les systèmes de suivi militaires.

Le phénomène s’explique d’abord par la nature même du conflit. Les combats intenses, les déplacements rapides des lignes de front et la destruction d’infrastructures logistiques rendent la traçabilité extrêmement complexe. Des armes peuvent être détruites, abandonnées sur le terrain ou simplement mal enregistrées lors de transferts urgents entre unités.

À ces difficultés s’ajoutent des failles administratives. Le ministère ukrainien de l’Intérieur a reconnu qu’environ un demi-million d’armes portatives avaient disparu des registres depuis 2022. De son côté, un rapport du bureau de l’inspecteur général du Pentagone évoque la perte de traçabilité d’équipements militaires américains d’une valeur estimée à un milliard de dollars, incluant notamment des missiles Stinger et Javelin, des lunettes de vision nocturne et des drones.

La question du détournement vers le marché noir est également soulevée. Si toutes les armes disparues n’ont pas nécessairement alimenté des réseaux criminels, des enquêtes font état de circuits illégaux profitant des failles de contrôle pour revendre du matériel à des groupes armés ou à des organisations criminelles.

Face à ces risques, Kiev affirme avoir renforcé ses dispositifs de lutte contre le trafic d’armes. Plusieurs pays donateurs, dont les États-Unis et le Royaume-Uni, ont mis en place des logiciels dédiés au suivi de l’aide militaire. L’ONG Transparency International estime d’ailleurs que certaines mesures anticorruption ukrainiennes constituent des avancées notables, même si les défis restent considérables dans un contexte de guerre prolongée.

Rédigé par Kamalenba le Jeudi 25 Décembre 2025 à 23:04

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