Trump annonce un "Economic D-Day" contre l'Iran et menace tout pays qui l'aiderait

Donald Trump a promis le lancement de "l'opération économique la plus dévastatrice jamais menée contre un pays", visant l'Iran ainsi que toute nation qui commercerait ou l'assisterait financièrement. Cette annonce intervient au lendemain de l'expiration, sans accord, de la trêve de 60 jours dans la guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran.



Donald Trump a annoncé le lancement de nouvelles mesures économiques renforcées contre l'Iran, ainsi que contre tout pays qui l'aiderait ou commercerait avec lui. Le président américain a écrit en lettres capitales sur Truth Social qu'il lançait "l'opération économique la plus dévastatrice jamais menée contre un pays", sans fournir davantage de précisions ni nommer d'autre nation que l'Iran.

Cette annonce survient après l'expiration formelle, lundi, de la trêve de 60 jours conclue entre les États-Unis et l'Iran, sans qu'aucun règlement diplomatique n'ait pu mettre fin à la guerre déclenchée fin février par Washington et Israël. Téhéran a averti que cette menace ne ferait qu'attiser davantage l'hostilité entre les deux pays.

Si elle se concrétise, cette initiative viendrait prolonger la campagne de pression économique déjà engagée contre l'Iran pour tenter de le forcer à capituler. Washington avait déclenché en avril une première vague de sanctions visant des banques et entreprises étrangères commerçant avec Téhéran, après avoir constaté que l'action militaire n'était parvenue ni à renverser le régime iranien, ni à obtenir sa reddition, comme Trump l'espérait initialement. De son côté, l'Iran est parvenu, depuis le début du conflit, à freiner considérablement le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, contribuant à la hausse mondiale des prix de l'énergie — un enjeu politique sensible pour Trump à l'approche des élections de mi-mandat de novembre, alors qu'il fait face à des critiques sur le coût de la guerre pour les consommateurs américains.

"Vous savez qui vous êtes"

Mercredi soir, Trump a écrit qu'il déclenchait un "Economic D-Day" contre l'Iran, ce dernier n'étant pas parvenu à conclure un accord avec Washington. "Tout pays qui permettrait à ses institutions financières, ses entreprises, ses aéroports ou ses entités gouvernementales de fournir une quelconque bouée de sauvetage à l'Iran s'exposera lui-même à des conséquences économiques ÉNORMES", a-t-il averti, sans préciser la nature des sanctions envisagées.

Il a ajouté : "Contrebande de pétrole, lignes de swap, transferts d'espèces, bureaux de change, registres de navires, sociétés-écrans — tout cela doit cesser MAINTENANT. Vous savez qui vous êtes."

Cette annonce fait suite à la décision des Émirats arabes unis, alliés des États-Unis, de rompre l'ensemble de leurs liens financiers et économiques avec l'Iran, après une nouvelle menace de missiles balistiques visant le trafic maritime dans le Golfe — deux engins ayant fini leur course en mer, selon le ministère émirien de la Défense. Les entités iraniennes ont longtemps utilisé le système financier de Dubaï pour transférer des fonds via des bureaux de change et des sociétés-écrans. En réaction à la décision émirienne, les forces armées iraniennes ont averti les États du Golfe que tout soutien apporté à l'armée américaine serait considéré comme un acte de collusion.

La Chine dans le viseur, sans être nommée

Si la Chine n'est pas explicitement citée dans le message de Trump, les entreprises chinoises demeurent les principaux acheteurs de pétrole iranien, une source de financement essentielle pour Téhéran. Depuis le début de la guerre, Washington a déjà sanctionné plusieurs "teapot refineries" — de petites raffineries privées, majoritairement situées dans la province du Shandong, dans l'est du pays.

Le ministère chinois du Commerce avait alors dénoncé des sanctions "contraires au droit international et aux normes fondamentales régissant les relations internationales", exigeant qu'elles ne soient "ni reconnues, ni appliquées, ni respectées". Interrogée par la BBC après la dernière annonce de Trump, l'ambassade de Chine à Washington a réagi en affirmant que "les sanctions et les pressions ne contribuent pas à résoudre le problème", appelant "les parties concernées à agir de manière responsable et à résoudre la question par des voies politiques et diplomatiques".

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a de son côté qualifié la dernière sortie de Trump de "diversion" destinée à détourner l'attention des problèmes économiques intérieurs des États-Unis. "S'obstiner dans des politiques qui ont échoué ne fera qu'apporter davantage de défaites — et l'hostilité des Iraniens", a-t-il écrit sur X.

Une escalade qui s'inscrit dans l'"Opération Economic Fury"

Cette nouvelle offensive économique s'inscrit dans le prolongement de l'"Opération Economic Fury", lancée en avril par le département du Trésor et le Pentagone, qui visait à affaiblir la capacité de l'Iran à mener la guerre en coupant ses sources de revenus, notamment via un blocus naval empêchant ses exportations. Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, avait déjà averti la semaine dernière que Washington s'apprêtait à imposer à l'Iran un isolement économique "comme le monde n'en a jamais connu".

Trump aurait par ailleurs récemment menacé de bombarder Oman — pourtant allié des États-Unis — si le pays venait à "faire obstacle" aux négociations que son administration mène séparément avec Téhéran. Washington et Mascate négocient en effet chacun de leur côté avec l'Iran en vue de rouvrir le détroit d'Ormuz, voie de passage stratégique par laquelle transite habituellement environ 20 % du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondial.

Rédigé par le Vendredi 21 Aout 2026 à 02:00