L'ancien président sénégalais se heurte au mur de la Maison-Blanche dans sa course au Secrétariat général des Nations unies
Derrière la façade d’une prétendue proximité avec le locataire de la Maison-Blanche alimentée par certains cercles de communication, la réalité du terrain dépeint un tout autre tableau : celui d’une porte résolument fermée. Conscient qu’un candidat ne peut s’installer à la tête de l’ONU sans l’aval ou la non-opposition des membres permanents du Conseil de sécurité, l’ex-président sénégalais a tenté d'établir une passerelle directe. Selon des confidences obtenues auprès de sources diplomatiques bien introduites, cette entreprise de séduction s’est soldée par un échec, l'administration américaine n'ayant donné aucun retour à ses nombreuses sollicitations.
Le mirage d'un soutien américain et le passif de 2018
Dans une opération de charme assumée, l'ancien président africain a ouvertement apporté son soutien aux projets de réforme portés par Donald Trump, allant jusqu'à adopter une rhétorique calquée sur celle de la Maison-Blanche en exprimant sa volonté de Rendre à l’ONU sa grandeur. Mais Washington n’a jamais envisagé de faire de Macky Sall son champion dans cette course multilatérale. Ce froid polaire n’a rien d’une surprise pour les analystes. En 2018, face aux déclarations de Donald Trump qualifiant les nations africaines de pays de merde, Macky Sall, alors en exercice, avait publiquement condamné vigoureusement des propos insultants et exigé le respect pour l'Afrique.
Aujourd'hui, alors que Macky Sall se pose en chantre du multilatéralisme revitalisé, la doctrine américaine reste profondément ancrée dans le nationalisme de l’America First et le scepticisme vis-à-vis des instances onusiennes. De plus, sa candidature est portée devant l’Assemblée générale par le Burundi, qui préside l’Union africaine, et non par son propre pays, le Sénégal, ce qui témoigne de réelles fractures internes. Face à une concurrence féroce incarnée par des figures d'Amérique latine comme Michelle Bachelet ou Rebeca Grynspan, les appels du pied de Macky Sall sont restés lettre morte à Washington.
Un choix géopolitique à haut risque pour le Sud Global
En cherchant l’appui direct de Washington via un discours de rupture, l'ancien chef d'État fait un choix géopolitique à haut risque. Cette diplomatie transactionnelle court-circuite la règle non écrite de la rotation régionale au profit d’une alliance bilatérale forte, ce qui soulève le dilemme de l’arbitre intègre. Un Secrétaire général peut-il conserver la neutralité absolue exigée par sa fonction lorsqu’il s’aligne publiquement sur la ligne politique d’une grande puissance ?
De plus, s’aligner ainsi présente un risque systémique de veto. Dans un Conseil de sécurité profondément divisé, s’aliéner d’autres membres permanents comme la Chine ou la Russie s'avère être la garantie d’un blocage immédiat. En déplaçant le curseur vers un axe très polarisé, cette posture risque de fragiliser davantage l’unité du bloc africain et du Sud Global, traditionnellement attachés au non-alignement. Elle offre désormais des arguments supplémentaires à tous ceux qui, de son propre pays à l’Union africaine, n’avaient pas soutenu sa démarche.
Le mirage d'un soutien américain et le passif de 2018
Dans une opération de charme assumée, l'ancien président africain a ouvertement apporté son soutien aux projets de réforme portés par Donald Trump, allant jusqu'à adopter une rhétorique calquée sur celle de la Maison-Blanche en exprimant sa volonté de Rendre à l’ONU sa grandeur. Mais Washington n’a jamais envisagé de faire de Macky Sall son champion dans cette course multilatérale. Ce froid polaire n’a rien d’une surprise pour les analystes. En 2018, face aux déclarations de Donald Trump qualifiant les nations africaines de pays de merde, Macky Sall, alors en exercice, avait publiquement condamné vigoureusement des propos insultants et exigé le respect pour l'Afrique.
Aujourd'hui, alors que Macky Sall se pose en chantre du multilatéralisme revitalisé, la doctrine américaine reste profondément ancrée dans le nationalisme de l’America First et le scepticisme vis-à-vis des instances onusiennes. De plus, sa candidature est portée devant l’Assemblée générale par le Burundi, qui préside l’Union africaine, et non par son propre pays, le Sénégal, ce qui témoigne de réelles fractures internes. Face à une concurrence féroce incarnée par des figures d'Amérique latine comme Michelle Bachelet ou Rebeca Grynspan, les appels du pied de Macky Sall sont restés lettre morte à Washington.
Un choix géopolitique à haut risque pour le Sud Global
En cherchant l’appui direct de Washington via un discours de rupture, l'ancien chef d'État fait un choix géopolitique à haut risque. Cette diplomatie transactionnelle court-circuite la règle non écrite de la rotation régionale au profit d’une alliance bilatérale forte, ce qui soulève le dilemme de l’arbitre intègre. Un Secrétaire général peut-il conserver la neutralité absolue exigée par sa fonction lorsqu’il s’aligne publiquement sur la ligne politique d’une grande puissance ?
De plus, s’aligner ainsi présente un risque systémique de veto. Dans un Conseil de sécurité profondément divisé, s’aliéner d’autres membres permanents comme la Chine ou la Russie s'avère être la garantie d’un blocage immédiat. En déplaçant le curseur vers un axe très polarisé, cette posture risque de fragiliser davantage l’unité du bloc africain et du Sud Global, traditionnellement attachés au non-alignement. Elle offre désormais des arguments supplémentaires à tous ceux qui, de son propre pays à l’Union africaine, n’avaient pas soutenu sa démarche.