Souveraineté alimentaire : le Sénégal mise sur la jeunesse au Forum mondial de l’alimentation à Rome

Au Forum mondial de l’alimentation 2026, organisé du 8 au 16 octobre à Rome, le Sénégal défend une stratégie axée sur la participation des jeunes à la transformation agricole. Formation, financement, accès à la terre et innovation figurent parmi les leviers mis en avant pour renforcer la souveraineté alimentaire et développer l’emploi dans les territoires.



Rome, Italie – Faire de la jeunesse un moteur de la souveraineté alimentaire. C’est le message porté par le Sénégal au World Food Forum 2026, organisé du 8 au 16 octobre au siège de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), à Rome, en Italie.

Représentant le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Cheikhou Oumar Ba, conduit la délégation sénégalaise à cette rencontre internationale consacrée à la transformation des systèmes agroalimentaires. Le Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR) participe également aux travaux, à travers son coordonnateur, Elhadji Thierno Cissé.

Pour les autorités sénégalaises, l’implication des jeunes constitue un enjeu majeur dans la réalisation des objectifs nationaux de souveraineté alimentaire. Le ministre a notamment rappelé que plus de 60 % de la population sénégalaise est jeune, soulignant le potentiel de cette catégorie dans le développement et la modernisation du secteur agricole.

Formation, financement et accès à la terre : les priorités

Pour favoriser l’engagement des jeunes dans la production alimentaire, le gouvernement entend promouvoir des mécanismes facilitant leur installation et leur intégration dans les chaînes de valeur agricoles.

L’accès à la formation, au financement, au foncier et aux technologies figure parmi les principaux leviers identifiés. L’ambition est de permettre aux jeunes de développer des activités viables, aussi bien dans la production que dans les différents métiers liés à l’agriculture.

Les perspectives concernent notamment la transformation des produits agricoles, la mécanisation, le commerce, le numérique et le commerce électronique. Ces segments peuvent offrir des possibilités d’entrepreneuriat et de création d’emplois, particulièrement dans les zones rurales.

Le développement des coopératives agricoles communautaires et la mise en œuvre de stratégies d’installation des jeunes sont également présentés comme des moyens de structurer les initiatives, d’améliorer les capacités de production et de soutenir des activités économiques durables.

L’enjeu consiste à dépasser les interventions ponctuelles pour proposer un accompagnement dans la durée, avec des financements adaptés aux besoins des porteurs de projets et des dispositifs capables de soutenir leur développement.

Le CNCR plaide pour des investissements durables dans les exploitations familiales

La présence du Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR) au Forum vise notamment à porter les préoccupations des producteurs dans les discussions internationales sur l’avenir des systèmes alimentaires.

L’organisation paysanne met en avant le rôle des exploitations familiales dans la souveraineté alimentaire du Sénégal. Elle défend des investissements durables dans les secteurs agrosylvopastoral et halieutique, ainsi qu’un renforcement du dialogue entre l’État et le mouvement paysan.

Pour le CNCR, la transformation agricole doit s’appuyer sur les réalités des territoires, valoriser les savoir-faire des producteurs et soutenir les innovations locales. Elle doit également favoriser l’accès aux ressources productives et garantir une participation effective des jeunes et des femmes.

Cette approche entend concilier amélioration de la productivité, résilience des exploitations familiales et inclusion économique des populations rurales.

Le Forum mondial de l’alimentation met l’accent sur la jeunesse et l’innovation

Le World Food Forum 2026 réunit des représentants d’États, des organisations paysannes, des jeunes, des scientifiques et des investisseurs autour des enjeux de sécurité alimentaire et de transformation durable des systèmes agroalimentaires.

Les discussions portent notamment sur le rôle de la jeunesse, de la science, de l’innovation et de l’investissement dans la construction de systèmes alimentaires plus résilients. L’objectif de créer 100 chapitres nationaux de la jeunesse illustre la volonté de rapprocher les jeunes des espaces de concertation et de décision.

Plusieurs personnalités présentes ont également insisté sur les conditions nécessaires à l’autonomisation des jeunes. La vice-présidente de l’Équateur, Verónica Abad Pinto, a mis en avant le potentiel de leadership des jeunes femmes. La Première Dame du Gabon a, pour sa part, souligné trois impératifs : former, financer et faire confiance à la jeunesse.

Pour le Sénégal, cette rencontre représente une occasion de défendre une vision de l’agriculture fondée sur l’innovation, l’entrepreneuriat et la création de richesses, plutôt que sur une activité exercée par défaut.

De Rome aux territoires : le défi de la mise en œuvre

Au-delà des échanges internationaux, la portée de cette mobilisation dépendra de sa traduction en actions concrètes sur le terrain. L’accès effectif au foncier, la disponibilité des financements et la continuité de l’accompagnement des jeunes seront déterminants pour apprécier les résultats de cette orientation.

La souveraineté alimentaire suppose également de renforcer les capacités de production nationales et de soutenir durablement les exploitations familiales. Dans cette perspective, les partenariats et les investissements défendus à Rome pourraient contribuer à améliorer les moyens de production et à développer les activités économiques dans les territoires.

Le message de la délégation sénégalaise met ainsi en avant un enjeu central : donner aux jeunes les moyens de participer pleinement à la transformation agricole, afin de contribuer à la création d’emplois, au développement rural et à la souveraineté alimentaire du pays.

Rédigé par le Mardi 13 Octobre 2026 à 23:41