Il parle doucement, mais ses idées résonnent avec force. Souleymane Bachir Diagne, philosophe sénégalais de renommée internationale, incarne une pensée exigeante, patiente et profondément humaniste. Loin des postures tapageuses, il préfère le dialogue aux certitudes et la complexité aux slogans.
Interrogé sur la mission du philosophe aujourd’hui, il rappelle trois exigences fondamentales : l’esprit critique, la capacité de penser la totalité, et l’obligation de réfléchir dans une perspective d’avenir. Pour lui, la philosophie est d’abord un art du recul, un usage rigoureux du scepticisme, qui permet d’éviter les convictions hâtives et les pensées fragmentées.
Défenseur d’une philosophie-monde, Souleymane Bachir Diagne estime que la fragmentation actuelle du monde — marquée par les replis identitaires, la crise du multilatéralisme et l’affaiblissement du droit international — rend plus urgente encore la nécessité de penser l’humanité comme une totalité. Les défis contemporains, qu’ils soient politiques, environnementaux ou sanitaires, ne peuvent trouver de réponses strictement nationales.
Sur la philosophie africaine, il refuse toute assignation identitaire étroite. Pour lui, elle signifie avant tout une présence africaine active dans la pensée mondiale, à la fois par la prise en charge des problématiques propres au continent et par la contribution des philosophes africains aux grandes questions universelles, de l’écologie à l’intelligence artificielle.
La question de la traduction, centrale dans son œuvre, est également au cœur de sa réflexion. Traduire, explique-t-il, n’est pas un simple acte technique, mais un geste éthique d’hospitalité, une manière de faire humanité ensemble. S’il reconnaît que la traduction peut aussi être un instrument de domination, notamment dans les contextes coloniaux, il insiste sur la nécessité d’une traduction réciproque et respectueuse, seule capable de réparer les violences du passé.
Abordant l’islam, Souleymane Bachir Diagne plaide pour un retour à une pensée religieuse ouverte, capable de concilier rationalité philosophique et spiritualité. Inspiré par Mohamed Iqbal, il dénonce la pétrification de la pensée musulmane et appelle à retrouver le sens de l’initiative, de la responsabilité humaine et de la projection vers l’avenir.
Sur Senghor, enfin, il livre un témoignage empreint d’admiration. Loin des lectures réductrices, il défend l’idée d’un Senghor penseur de la civilisation de l’universel, pour qui l’orgueil d’être différent ne prend sens que dans le bonheur d’être ensemble.
Critiqué pour son silence lors des crises politiques récentes au Sénégal, Souleymane Bachir Diagne assume pleinement sa position :
« La liberté de l’intellectuel inclut aussi la liberté de se taire ».
Pour lui, penser est un acte autonome, rythmé par le temps long de la réflexion. Il y a, dit-il, un temps pour parler, et un temps pour se taire — et ce choix relève pleinement de la liberté intellectuelle.
Interrogé sur la mission du philosophe aujourd’hui, il rappelle trois exigences fondamentales : l’esprit critique, la capacité de penser la totalité, et l’obligation de réfléchir dans une perspective d’avenir. Pour lui, la philosophie est d’abord un art du recul, un usage rigoureux du scepticisme, qui permet d’éviter les convictions hâtives et les pensées fragmentées.
Défenseur d’une philosophie-monde, Souleymane Bachir Diagne estime que la fragmentation actuelle du monde — marquée par les replis identitaires, la crise du multilatéralisme et l’affaiblissement du droit international — rend plus urgente encore la nécessité de penser l’humanité comme une totalité. Les défis contemporains, qu’ils soient politiques, environnementaux ou sanitaires, ne peuvent trouver de réponses strictement nationales.
Sur la philosophie africaine, il refuse toute assignation identitaire étroite. Pour lui, elle signifie avant tout une présence africaine active dans la pensée mondiale, à la fois par la prise en charge des problématiques propres au continent et par la contribution des philosophes africains aux grandes questions universelles, de l’écologie à l’intelligence artificielle.
La question de la traduction, centrale dans son œuvre, est également au cœur de sa réflexion. Traduire, explique-t-il, n’est pas un simple acte technique, mais un geste éthique d’hospitalité, une manière de faire humanité ensemble. S’il reconnaît que la traduction peut aussi être un instrument de domination, notamment dans les contextes coloniaux, il insiste sur la nécessité d’une traduction réciproque et respectueuse, seule capable de réparer les violences du passé.
Abordant l’islam, Souleymane Bachir Diagne plaide pour un retour à une pensée religieuse ouverte, capable de concilier rationalité philosophique et spiritualité. Inspiré par Mohamed Iqbal, il dénonce la pétrification de la pensée musulmane et appelle à retrouver le sens de l’initiative, de la responsabilité humaine et de la projection vers l’avenir.
Sur Senghor, enfin, il livre un témoignage empreint d’admiration. Loin des lectures réductrices, il défend l’idée d’un Senghor penseur de la civilisation de l’universel, pour qui l’orgueil d’être différent ne prend sens que dans le bonheur d’être ensemble.
Critiqué pour son silence lors des crises politiques récentes au Sénégal, Souleymane Bachir Diagne assume pleinement sa position :
« La liberté de l’intellectuel inclut aussi la liberté de se taire ».
Pour lui, penser est un acte autonome, rythmé par le temps long de la réflexion. Il y a, dit-il, un temps pour parler, et un temps pour se taire — et ce choix relève pleinement de la liberté intellectuelle.