Sonko veut réduire les taxes sur les carburants : « L’État encaisse plus qu’il ne subventionne »

Dakar — Le leader de PASTEF, Ousmane Sonko, a relancé le débat sur la fiscalité appliquée aux produits hydrocarbures et sur le coût réel des subventions aux carburants au Sénégal. Selon lui, les recettes fiscales tirées des produits pétroliers dépassent largement les montants consacrés par l’État aux subventions, ce qui pose la question d’une éventuelle baisse des taxes pour réduire les prix à la pompe.



Des taxes qui représentent jusqu’à 52 % du prix du carburant

Ousmane Sonko estime que la fiscalité représente une part importante du prix payé par les consommateurs sénégalais. « Quand tu travailles avec des produits hydrocarbures, les taxes représentent entre 40 et 52 % du prix », a-t-il déclaré.

À titre d’exemple, il explique que sur un litre d’essence vendu à 900 FCFA, une part comprise entre 40 et 52 % correspondrait aux différentes taxes prélevées par l’État.

Cette structure fiscale concerne notamment la TVA, les droits de porte ainsi que différents prélèvements destinés au financement du secteur énergétique.

Sonko remet en question le poids réel des subventions

Pour le leader de PASTEF, la question des subventions aux carburants doit être analysée parallèlement aux recettes fiscales générées par les hydrocarbures.

« La subvention n’existe pas réellement au Sénégal. Quand l’État subventionne 50 FCFA, il encaisse 100 FCFA en taxes. Donc, il neutralise la subvention », a-t-il soutenu.

Selon cette lecture, l’État conserverait une marge financière importante grâce aux prélèvements effectués sur les produits pétroliers, malgré les sommes mobilisées pour contenir les prix à la consommation.

2021, 2024 et 2025 : les chiffres avancés par Ousmane Sonko

Pour étayer son argumentaire, Ousmane Sonko a cité plusieurs montants correspondant, selon lui, aux subventions accordées aux carburants et aux recettes fiscales générées par ces produits.

En 2021, il affirme que l’État aurait consacré 212 milliards de FCFA aux subventions, contre 450 milliards de FCFA de taxes perçues, soit un écart de 237 milliards de FCFA en faveur des recettes fiscales.

Pour 2024, il évoque 467 milliards de FCFA de subventions contre 682 milliards de FCFA de recettes fiscales, représentant une différence de 214 milliards de FCFA.

En 2025, les montants avancés atteignent 380 milliards de FCFA de subventions, pour 765 milliards de FCFA de taxes, soit un écart de 384 milliards de FCFA.

Ces chiffres constituent le principal argument du responsable politique pour défendre une révision de la fiscalité appliquée aux hydrocarbures.

Une baisse des prix qui passerait par les taxes

Face au poids de la fiscalité dans la formation des prix, Ousmane Sonko préconise une réduction des prélèvements plutôt qu’un simple recours aux subventions.

« Il faut diminuer les taxes », a-t-il affirmé, estimant que cette mesure pourrait permettre de réduire directement le prix payé par les consommateurs à la pompe.

Cette proposition intervient dans un contexte où le coût des carburants demeure un enjeu majeur pour les ménages, les transporteurs et les entreprises. Une baisse de la fiscalité pourrait ainsi avoir des effets sur les dépenses liées au transport et, indirectement, sur le coût de plusieurs biens et services.

Plusieurs prélèvements appliqués aux produits pétroliers

Ousmane Sonko rappelle par ailleurs que le prix des carburants intègre plusieurs catégories de prélèvements. Il cite notamment la TVA, les droits de porte et le fonds de soutien à l’énergie, parmi les différentes taxes appliquées aux produits pétroliers.

Pour le leader de PASTEF, une réforme de cette architecture fiscale pourrait donc constituer un levier pour alléger la facture énergétique des Sénégalais.

Quel impact sur les finances publiques ?

Une réduction des taxes sur les carburants poserait toutefois la question de son impact sur les recettes de l’État. Les prélèvements appliqués aux hydrocarbures constituent en effet une source importante de revenus publics.

Le débat porte ainsi sur l’équilibre entre deux objectifs : préserver les recettes nécessaires au financement des politiques publiques et réduire la pression fiscale supportée par les consommateurs.

À travers ses déclarations, Ousmane Sonko défend une nouvelle approche de la politique des carburants au Sénégal : plutôt que de compenser une partie du prix par des subventions, l’État pourrait agir directement sur la fiscalité afin de permettre une baisse plus durable des prix à la pompe.

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Rédigé par le Lundi 17 Aout 2026 à 15:14