Sommet d'Addis-Abeba: L'Afrique et la Russie scellent un pacte stratégique avant le 3e Sommet de Moscou

L'axe diplomatique entre le continent africain et Moscou franchit un nouveau palier historique. Ce mardi 7 juillet 2026, le nouveau Président de la Commission de l’Union Africaine (UA), S.E. Mahmoud Ali Youssouf, et le Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, S.E. Sergey Lavrov, ont mené des consultations de haut niveau au siège de l’UA à Addis-Abeba.



Cette rencontre bilatérale majeure a permis de dessiner les contours d'une feuille de route ambitieuse pour la période 2027-2029, à moins de quatre mois du très attendu 3e Sommet Russie-Afrique prévu les 28 et 29 octobre 2026 à Moscou.

Géopolitique et Sécurité : Le soutien russe aux « solutions africaines »

Dans un contexte de fortes mutations géopolitiques globales, les deux dirigeants ont réaffirmé la solidité des liens historiques unissant l'Afrique et la Russie, basés sur l'égalité souveraine et la non-ingérence. Passant en revue les crises du Sahel, des Grands Lacs, de la Corne de l'Afrique, du Soudan et de la Libye, Sergey Lavrov a réitéré le soutien indéfectible de Moscou au principe des « Solutions africaines aux problèmes africains ».

Les discussions ont abouti à des points de convergence stratégiques cruciaux :

Financement de la sécurité : L'UA et la Russie ont insisté sur l'opérationnalisation urgente de la Résolution 2719 du Conseil de sécurité de l'ONU pour garantir un financement durable des opérations de paix menées par l'Afrique.

Synergie onusienne : Un accord a été trouvé pour instaurer une coordination étroite à New York entre la délégation russe et le groupe des trois pays africains élus (A3) au Conseil de sécurité.

Réforme de l'ONU : Moscou a officiellement réaffirmé son soutien à la Position commune africaine (Consensus d'Ezulwini et Déclaration de Syrte) visant à corriger l'injustice historique faite à l'Afrique par l'octroi de sièges permanents au Conseil de sécurité.

Réforme financière, souveraineté économique et crise de l'Ebola

Le volet économique a mis en lumière la volonté commune de dépolitiser l'architecture financière internationale. Face au fardeau de la dette et au coût élevé du capital qui asphyxient les États africains, les deux parties appellent à une réforme profonde des banques multilatérales de développement. L'accent a été mis sur la nécessité d'octroyer des prêts d'urgence aux pays en développement et de diversifier les financements, notamment via l'usage des monnaies nationales dans les transactions commerciales.

Par ailleurs, face aux urgences du moment, deux priorités sanitaires et humanitaires ont été actées :

Alerte Sanitaire (Ebola) : L'UA et la Russie ont exprimé leur vive préoccupation face aux récentes éruptions de virus Ebola en République Démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda. Moscou s'engage à appuyer l'Africa CDC à travers l'envoi d'experts, le renforcement des systèmes de laboratoires et la recherche scientifique pour stopper la contagion.

Sécurité Alimentaire : Pour stabiliser les marchés africains, la Russie a promis de garantir un approvisionnement continu et fluide en produits céréaliers, engrais et intrants agricoles.

Institutionnalisation et Cap sur l'Agenda 2063

Afin d'ancrer ce partenariat dans la durée, Mahmoud Ali Youssouf et Sergey Lavrov ont acté l'institutionnalisation de ces consultations politiques de haut niveau, qui se tiendront désormais au moins une fois par an. Les deux délégations ont d'ores et déjà entamé l'alignement des futurs projets industriels et énergétiques russes (notamment liés au programme PIDA) avec la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) et l'Agenda 2063 de l'Union Africaine.

Le prochain rendez-vous de suivi est fixé pour 2027, mais tous les regards se tournent désormais vers le Kremlin pour le sommet d'octobre prochain.


Rédigé par le Mardi 7 Juillet 2026 à 20:57