Sénégal: le rebasage du PIB révèle une économie 13,5 % plus importante

L’économie sénégalaise est officiellement plus vaste qu’estimé auparavant. Selon une note publiée par l’Agence nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD), le Produit intérieur brut (PIB) a été réévalué de 13,5 %, à la suite d’un rebasage des comptes nationaux adoptant 2021 comme nouvelle année de référence, en remplacement de 2014.


Rédigé par Kamalenba le Mercredi 26 Novembre 2025 à 01:00

Désormais, le PIB est estimé à 17 316 milliards FCFA, contre 15 261 milliards FCFA précédemment. Cette progression est principalement imputable à une meilleure couverture statistique et à l’intégration de nouvelles sources de données, qui représentent à elles seules 11,6 points de la révision. L’actualisation des nomenclatures et des enquêtes apporte trois points additionnels, tandis que certains ajustements méthodologiques viennent atténuer légèrement l’impact final.

Le rebasage révèle surtout une dynamique longtemps sous-estimée : celle des ménages et de l’économie informelle. La valeur ajoutée issue de ce segment bondit de 24,2 %, tandis que l’autoproduction des ménages enregistre une hausse spectaculaire de 32,1 %.

Le secteur tertiaire sort renforcé de cette mise à jour, représentant 53,4 % du PIB, contre 50,5 % auparavant. En revanche, le secteur secondaire voit sa part légèrement diminuer à 22,6 %.

Sur le plan de la demande, la consommation finale progresse de 17,5 %, portée par une hausse de 19,6 % de la consommation des ménages. La formation brute de capital fixe (FBCF) recule de 6,2 %, une baisse attribuée non à une chute de l’investissement, mais à un changement de classification statistique.

Ce rebasage modifie profondément plusieurs indicateurs macroéconomiques clés :

Dette publique : 80 % du PIB (contre 90,8 %)

Déficit budgétaire : −11,8 % (contre −13,3 %)

Pression fiscale : 15,9 % (contre 18 %)

Croissance 2022 : 4,6 % (contre 3,9 % dans l’ancienne base)

Selon l’ANSD, cette mise à jour permet désormais de refléter plus fidèlement la structure réelle de l’économie sénégalaise. L’intégration de nouvelles enquêtes sur le transport informel, l’élevage, l’orpaillage, les marges commerciales ou encore le secteur informel non agricole, permet une meilleure appréhension de la diversité des activités économiques.

Avec cette révision, le Sénégal renforce la fiabilité de ses statistiques et aligne ses indicateurs sur les meilleures pratiques internationales, offrant ainsi une vision plus précise de la vitalité de son économie.

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