Sénégal : le projet GUARD lancé à l’UCAD pour protéger les eaux souterraines

L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) accueille un nouveau programme de recherche international consacré à la préservation des aquifères du triangle Dakar–Mbour–Thiès. Baptisé GUARD, le projet entend améliorer la surveillance des ressources souterraines et renforcer la sécurité hydrique face à la surexploitation, à la pollution et aux changements climatiques.



GUARD : un projet scientifique face aux défis de l’eau au Sénégal

La préservation des eaux souterraines constitue un enjeu majeur pour le Sénégal, particulièrement dans le triangle Dakar–Mbour–Thiès, soumis à une pression croissante sur ses ressources hydriques. Pour répondre à ces défis, un nouveau projet de recherche international, dénommé GUARD, a été lancé à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Cette initiative vise à renforcer la résilience des aquifères et à améliorer les connaissances scientifiques nécessaires à une gestion durable des ressources en eau. Elle intervient dans un contexte marqué par la surexploitation des nappes phréatiques, les risques de contamination et l’intrusion saline, auxquels s’ajoutent les effets des changements climatiques et de la croissance démographique.

À travers GUARD, les chercheurs ambitionnent de développer des outils de surveillance et de modélisation capables de mieux caractériser les eaux souterraines et d’anticiper les évolutions susceptibles de menacer leur disponibilité.

L’UCAD mobilise plusieurs institutions partenaires

La cérémonie de lancement s’est déroulée au Centre international de recherche et de formation en génomique appliquée et de surveillance sanitaire (CIGASS), en présence de représentants de l’UCAD et de plusieurs institutions partenaires.

Parmi les structures représentées figuraient la Direction de la gestion et de la planification des ressources en eau (DGPRE), l’UNESCO, l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), la Société nationale des eaux du Sénégal (SONES) et l’Office des lacs et cours d’eau (OLAC), ainsi que l’ambassade du Danemark.

Représentant le recteur de l’UCAD, le professeur Alioune Diouf, directeur de la Recherche et de l’Innovation, a insisté sur l’importance de disposer de données fiables pour éclairer les décisions relatives à la préservation et à la gestion des ressources hydriques.

Le professeur Kader Fofana, représentant le doyen de la Faculté des sciences et techniques, a pour sa part souligné la contribution attendue du projet au renforcement des capacités scientifiques, à la formation des jeunes chercheurs et au développement des partenariats.

La géophysique pour mieux connaître les réserves souterraines

Le lancement de GUARD a également été marqué par des présentations scientifiques consacrées aux objectifs et aux principaux axes de recherche du programme.

Une démonstration d’un équipement de géophysique électromagnétique en domaine temporel, connu sous le sigle TEM, a notamment permis d’illustrer les méthodes utilisées pour explorer le sous-sol.

Cette technologie aide à caractériser les formations géologiques susceptibles de contenir des eaux souterraines. Elle peut ainsi contribuer à améliorer la connaissance de la structure des aquifères et à compléter les données nécessaires à leur surveillance.

En associant recherche scientifique, technologies d’exploration et modélisation hydrogéologique, le projet GUARD entend renforcer les capacités d’analyse des ressources souterraines dans une zone stratégique pour l’approvisionnement en eau.

Renforcer la sécurité hydrique dans le triangle Dakar–Mbour–Thiès

Au-delà de ses objectifs scientifiques, GUARD ambitionne de contribuer à une meilleure anticipation des risques pesant sur les ressources en eau. La surveillance des aquifères et l’amélioration des connaissances sur leur fonctionnement constituent des leviers importants pour orienter les politiques de gestion.

Pour le triangle Dakar–Mbour–Thiès, où les pressions sur les eaux souterraines représentent un défi majeur, ces travaux pourraient fournir des informations utiles à la planification et à la préservation des réserves disponibles.

Avec ce programme, l’UCAD et ses partenaires entendent ainsi renforcer les outils scientifiques nécessaires à une gestion durable des aquifères et à la sécurisation de l’approvisionnement en eau au Sénégal.

Rédigé par le Jeudi 29 Octobre 2026 à 16:55