Sénégal: des données climatiques de haute résolution au service de l’agriculture et de la résilience



Une collaboration scientifique entre l’ISRA et l’ANACIM

Le 17 juin 2026, le Pôle de Recherches de Hann a accueilli une session scientifique hybride consacrée aux usages des données climatiques en agriculture. L’événement s’inscrit dans le cadre de la collaboration entre l’ISRA et l’ANACIM.

Cette rencontre a réuni chercheurs, étudiants et partenaires techniques autour des enjeux liés à l’intégration des données climatiques dans les politiques agricoles et de développement.

Des bases de données climatiques à très haute résolution

Le Dr Asse Mbengue a présenté ses travaux portant sur le développement de bases de données climatiques spatiales à très haute résolution (4 km) et leurs applications dans le secteur agricole.

Ses recherches s’articulent autour de plusieurs axes méthodologiques :

la fusion de données climatiques issues de différentes sources ;
les techniques de correction de biais (CMIP6, CDF-t) ;
l’analyse des impacts du changement climatique sur les cultures, notamment le mil au Sénégal.

Ces outils permettent d’améliorer la précision des projections climatiques et leur exploitation dans la planification agricole.

Des projections climatiques préoccupantes pour le Sénégal

Les résultats présentés mettent en évidence des tendances climatiques marquantes pour les décennies à venir. Dans un scénario pessimiste (2056–2085, SSP5-8.5), le Sénégal pourrait être confronté à :

une hausse des températures moyennes de +3 °C ;
une baisse des précipitations estimée à –19 % ;
des pertes de rendement du mil comprises entre –19 % et –32 %.

Ces projections soulignent la vulnérabilité du secteur agricole face au changement climatique, en particulier pour les cultures pluviales essentielles à la sécurité alimentaire.

L’agroécologie comme réponse stratégique

Face à ces défis, les chercheurs insistent sur la nécessité d’accélérer la transition vers une agriculture plus résiliente. L’intensification durable et l’agroécologie apparaissent comme des solutions prioritaires pour renforcer la capacité d’adaptation des systèmes agricoles.

Ces approches visent à optimiser les rendements tout en préservant les ressources naturelles et en limitant les impacts environnementaux.

Un espace d’échanges entre science et développement

La session a également permis des échanges approfondis entre chercheurs, étudiants et partenaires institutionnels sur les applications concrètes de ces données dans les politiques agricoles.

L’objectif est de renforcer le lien entre production scientifique et prise de décision afin d’améliorer la résilience du secteur agricole sénégalais.

Rédigé par le Jeudi 25 Juin 2026 à 15:55