Séisme au Venezuela : les démolitions compliquent la recherche des disparus sous les décombres

Six semaines après les violents séismes qui ont frappé le Venezuela, les autorités poursuivent la démolition des bâtiments jugés instables. Une décision qui suscite l'inquiétude des familles des victimes, toujours à la recherche de milliers de disparus ensevelis sous les ruines.



Les démolitions s'accélèrent après les séismes meurtriers

Le Venezuela poursuit la destruction contrôlée des immeubles gravement endommagés par les deux puissants séismes du 24 juin 2026. Les autorités estiment que ces opérations sont indispensables pour prévenir de nouveaux effondrements, alors que plusieurs centaines de bâtiments restent fragilisés.

Le 30 juillet, un premier immeuble a été démoli à Catia La Mar, dans l'État de La Guaira, après avoir été déclaré dangereux par les experts. D'autres démolitions sont attendues dans les prochaines semaines.

Mais pour de nombreuses familles, cette accélération des travaux risque de compromettre les recherches des victimes toujours portées disparues.

Des familles refusent d'abandonner les recherches

À Caraballeda, le complexe résidentiel OPPE 27 a été entièrement détruit lors des séismes. Les quatre tours qui le composaient figurent parmi les près de 190 bâtiments effondrés au cours de la catastrophe.

Glenda Viloria fait partie des proches qui refusent de quitter les lieux. Depuis plusieurs semaines, elle vit sous une tente installée à proximité des décombres, espérant retrouver son neveu Mateo, âgé de trois ans, toujours disparu.

Elle a déjà identifié les corps de six membres de sa famille, dont sa mère et sa sœur. Pourtant, l'enfant reste introuvable.

« Je ne m'arrêterai pas tant que je n'aurai pas retrouvé Mateo », affirme-t-elle.

Une recherche rendue plus difficile par les engins de chantier

Les excavatrices et autres engins lourds interviennent quotidiennement pour évacuer les tonnes de béton et de métal accumulées après les effondrements.

Selon les équipes de secours, chaque opération nécessite une extrême prudence.

Lorsqu'une dalle de béton est soulevée, les recherches sont immédiatement suspendues dès qu'un indice laisse penser qu'un corps pourrait se trouver dessous. Les sauveteurs poursuivent alors entièrement à la main afin de préserver les restes humains et d'éviter toute dégradation supplémentaire.

Pour les familles, chaque démolition soulève la crainte de voir disparaître les derniers indices permettant de retrouver leurs proches.

Plus de 6 000 morts, mais un bilan encore provisoire

Selon les autorités vénézuéliennes, les séismes ont fait au moins 6 125 morts.

Toutefois, ce bilan pourrait être largement sous-estimé. Des milliers de personnes sont encore portées disparues, selon plusieurs plateformes citoyennes qui recensent les signalements des familles.

Les opérations de récupération des corps sont désormais devenues la priorité des équipes de secours.

Les secouristes poursuivent les recherches jour et nuit

Parmi les organisations mobilisées figure Search and Rescue Mexico, une équipe spécialisée dans les interventions après catastrophe.

Son président, Froylan Gerardo Robles, explique que les recherches se poursuivent même après la fin des opérations officielles.

Chaque soir, lorsque les équipes de protection civile quittent les sites, des sauveteurs bénévoles continuent d'explorer les décombres aux côtés des familles.

Selon lui, certains immeubles ont déjà totalement disparu du paysage en raison des opérations de démolition, rendant la localisation des victimes encore plus complexe.

La Guaira tente de se relever

Quelques semaines après la catastrophe, l'État côtier de La Guaira présente un visage bien différent des premiers jours.

Les équipes internationales de secours ont progressivement quitté le pays, les distributions d'aide humanitaire se sont espacées et de nombreux survivants ont été relogés dans des centres d'hébergement temporaires.

Sur plusieurs sites, les décombres laissent désormais place à des terrains vides, tandis que les familles continuent d'espérer retrouver leurs proches.

Pour beaucoup, les recherches représentent la dernière étape avant de pouvoir faire leur deuil.

Entre sécurité et devoir de mémoire

Les autorités défendent les démolitions comme une nécessité pour protéger la population contre de nouveaux effondrements.

Cependant, pour les proches des disparus, chaque immeuble détruit symbolise aussi la disparition d'un lieu de mémoire et réduit les chances de retrouver les personnes encore ensevelies.

Le Venezuela se retrouve ainsi confronté à un dilemme difficile : assurer la sécurité des survivants tout en permettant aux familles de poursuivre les recherches et d'obtenir des réponses sur le sort de leurs proches.

Rédigé par le Mercredi 5 Aout 2026 à 19:57