Des affaires retentissantes et des condamnations sévères
Ces derniers mois, plusieurs figures connues du web russe ont fait les frais de cette traque numérique menée tambour battant par le Département K, l'unité de cybercriminalité du ministère de l'Intérieur :
Sofya Vershinina (alias Sonya Marmeladova) : Âgée de 21 ans, cette jeune femme a été jugée fin juillet 2026 à Moscou pour avoir vendu des vidéos explicites via un canal Telegram privé, lui ayant rapporté plus de 30 millions de roubles (environ 350 000 euros). Inculpée pour production et diffusion de pornographie, elle a écopé de trois ans de prison avec sursis, d'une lourde amende de 4,8 millions de roubles et d'une interdiction d'exercer toute activité en ligne pendant trois ans. Son iPhone a été saisi, mais ses sex-toys lui ont été restitués.
Diana Shurygina : Connue du public depuis son passage dans un talk-show d'État en 2017, la jeune femme de 27 ans a été ciblée en juin 2026 à son retour de Bali. Après une perquisition et une assignation à résidence, elle a été placée en détention provisoire pour avoir poursuivi ses activités en ligne.
Anastasia Ovsyannikova (Nastya Kholod) et Anastasia F. : Collaboratrices régulières de Shurygina sur OnlyFans et Telegram, elles font également l'objet de poursuites similaires pour diffusion de contenu jugé illégal.
De la provocation sur les réseaux au Code pénal durci
Si les autorités russes réprimaient déjà par le passé les publications à caractère explicite réalisées à proximité de monuments officiels ou de lieux de culte (comme le cas de l'Ukrainienne Lolita Bogdanova, alias Lola Bunny, ou d'Ira Volkova devant la cathédrale Saint-Isaac), la répression a pris une tournure bien plus sévère.
L'arsenal juridique s'appuie désormais fermement sur l'article 242 du Code pénal russe, durci au lendemain du déclenchement du conflit en Ukraine en 2022 pour cibler explicitement internet et les réseaux sociaux. Lorsque les créatrices collaborent ou partagent du contenu en groupe, l'infraction peut être requalifiée en « diffusion de pornographie en groupe », un délit passible de deux à six ans d'emprisonnement en colonie pénitentiaire.
Une stratégie idéologique globale
Autrefois tolérées ou ignorées par les autorités, les travailleuses du sexe et créatrices actives sur OnlyFans, Pornhub ou Telegram font face à une surveillance de tous les instants. Le Département K infiltre désormais les groupes payants et épluche les profils pour constituer des dossiers d'inculpation.
Cette offensive judiciaire s'inscrit dans le prolongement direct de la politique menée par Vladimir Poutine depuis 2012, visant à éradiquer les modes de vie jugés déviants par rapport aux « valeurs traditionnelles » russes, une doctrine qui touche également les droits des minorités et l'accès à l'avortement.
Ces derniers mois, plusieurs figures connues du web russe ont fait les frais de cette traque numérique menée tambour battant par le Département K, l'unité de cybercriminalité du ministère de l'Intérieur :
Sofya Vershinina (alias Sonya Marmeladova) : Âgée de 21 ans, cette jeune femme a été jugée fin juillet 2026 à Moscou pour avoir vendu des vidéos explicites via un canal Telegram privé, lui ayant rapporté plus de 30 millions de roubles (environ 350 000 euros). Inculpée pour production et diffusion de pornographie, elle a écopé de trois ans de prison avec sursis, d'une lourde amende de 4,8 millions de roubles et d'une interdiction d'exercer toute activité en ligne pendant trois ans. Son iPhone a été saisi, mais ses sex-toys lui ont été restitués.
Diana Shurygina : Connue du public depuis son passage dans un talk-show d'État en 2017, la jeune femme de 27 ans a été ciblée en juin 2026 à son retour de Bali. Après une perquisition et une assignation à résidence, elle a été placée en détention provisoire pour avoir poursuivi ses activités en ligne.
Anastasia Ovsyannikova (Nastya Kholod) et Anastasia F. : Collaboratrices régulières de Shurygina sur OnlyFans et Telegram, elles font également l'objet de poursuites similaires pour diffusion de contenu jugé illégal.
De la provocation sur les réseaux au Code pénal durci
Si les autorités russes réprimaient déjà par le passé les publications à caractère explicite réalisées à proximité de monuments officiels ou de lieux de culte (comme le cas de l'Ukrainienne Lolita Bogdanova, alias Lola Bunny, ou d'Ira Volkova devant la cathédrale Saint-Isaac), la répression a pris une tournure bien plus sévère.
L'arsenal juridique s'appuie désormais fermement sur l'article 242 du Code pénal russe, durci au lendemain du déclenchement du conflit en Ukraine en 2022 pour cibler explicitement internet et les réseaux sociaux. Lorsque les créatrices collaborent ou partagent du contenu en groupe, l'infraction peut être requalifiée en « diffusion de pornographie en groupe », un délit passible de deux à six ans d'emprisonnement en colonie pénitentiaire.
Une stratégie idéologique globale
Autrefois tolérées ou ignorées par les autorités, les travailleuses du sexe et créatrices actives sur OnlyFans, Pornhub ou Telegram font face à une surveillance de tous les instants. Le Département K infiltre désormais les groupes payants et épluche les profils pour constituer des dossiers d'inculpation.
Cette offensive judiciaire s'inscrit dans le prolongement direct de la politique menée par Vladimir Poutine depuis 2012, visant à éradiquer les modes de vie jugés déviants par rapport aux « valeurs traditionnelles » russes, une doctrine qui touche également les droits des minorités et l'accès à l'avortement.