Au petit matin d’un quartier animé de Tel Aviv, personne n’aurait pu soupçonner que derrière le sourire affable et les costumes soignés de Jacques Bitton se cachait l’un des espions les plus redoutables du monde arabe. Pendant dix-sept ans, Refaat Ali Suleiman Al-Gammal, mieux connu sous son nom de couverture, a infiltré la société israélienne, gagnant la confiance des militaires, des politiques et des hommes d’affaires tout en transmettant au Caire des informations cruciales pour l’Égypte. Né le 1er juillet 1927 à Damiette, dans une famille modeste, Gammal a rapidement démontré des capacités exceptionnelles d’adaptation et d’apprentissage, maîtrisant le français et l’anglais et développant une aisance dans le jeu de rôle et le déguisement, des qualités qui se révéleront décisives pour sa carrière clandestine. Son destin bascule dans les années 1950, lorsqu’après une affaire de documents falsifiés, il est arrêté en Égypte et se voit offrir un choix radical : la prison ou l’espionnage. Le jeune homme opte pour le danger et l’aventure, s’engageant dans un programme de formation intensive au Service général de renseignement égyptien, où il apprend à décrypter des codes, à utiliser des radios clandestines et à se fondre dans des sociétés étrangères.
Sa nouvelle identité de Jacques Bitton, juif égyptien immigré en Israël, lui permet d’entrer dans la société israélienne sous couvert d’une réussite entrepreneuriale. Avec sa société Sea Tours, il tisse un réseau impressionnant de contacts, mêlant diplomates, officiers et personnalités influentes, tout en transmettant au Caire des renseignements militaires et stratégiques essentiels. Ses missions culminent pendant la guerre d’octobre 1973, où les informations qu’il fournit sur la ligne Bar-Lev contribuent à la percée égyptienne le long du canal de Suez. Derrière cette réussite militaire, se cache cependant un homme dont la vie privée est entièrement construite sur le mensonge. En 1963, il épouse une Allemande, Waltraud, sans jamais lui révéler sa véritable identité. Pour elle, il reste Jacques Bitton, un commerçant israélien au passé mystérieux, et elle ne découvrira qu’après sa mort que son mari a été un espion du renseignement égyptien, vivant sous couverture depuis des années et influençant le cours de l’histoire militaire au Moyen-Orient.
Les versions sur sa loyauté divergent. En Égypte, Gammal est un héros patriote, dont l’audace et le dévouement ont permis à son pays de reprendre l’initiative sur Israël après la défaite de 1967. La série télévisée et le roman basés sur sa vie, diffusés dans le monde arabe à partir de 1988, le transforment en symbole national, célébré pour son intelligence et sa bravoure. En Israël, certains articles et journaux évoquent un retournement : capturé dès ses débuts, il aurait été contraint de collaborer avec le Shabak et le Mossad, transmettant des informations fallacieuses à l’Égypte et contribuant aux succès militaires israéliens. Pourtant, ces allégations sont contestées par des anciens responsables du renseignement israélien, qui n’ont jamais reconnu officiellement l’existence d’un agent nommé Jacques Bitton. Cette ambiguïté nourrit le mystère et entretient le mythe, laissant planer le doute sur la véritable nature de ses actions.
Au-delà des intrigues géopolitiques, l’histoire de Gammal est celle d’un homme capable de vivre doublement, de jongler entre l’intimité et la tromperie, entre la loyauté et le danger. Sa vie illustre le prix humain de l’espionnage : l’éloignement de sa famille, le stress constant, la peur d’être démasqué et le besoin de maintenir une crédibilité dans un environnement où un faux pas pouvait coûter la vie. Sa mort en 1982 à Darmstadt, en Allemagne, n’a pas mis fin à la fascination qu’il suscite. Pour des millions de téléspectateurs, des lecteurs et des passionnés d’histoire militaire, Refaat Al-Gammal demeure l’incarnation d’un espion parfait, capable de façonner la destinée d’un pays tout en demeurant invisible aux yeux de ceux qu’il espionnait. Sa vie, entre réalité et fiction, entre loyauté et trahison présumée, reste un exemple poignant des complexités du renseignement et de l’intimité d’un homme plongé dans un monde d’ombres et de secrets.
Sa nouvelle identité de Jacques Bitton, juif égyptien immigré en Israël, lui permet d’entrer dans la société israélienne sous couvert d’une réussite entrepreneuriale. Avec sa société Sea Tours, il tisse un réseau impressionnant de contacts, mêlant diplomates, officiers et personnalités influentes, tout en transmettant au Caire des renseignements militaires et stratégiques essentiels. Ses missions culminent pendant la guerre d’octobre 1973, où les informations qu’il fournit sur la ligne Bar-Lev contribuent à la percée égyptienne le long du canal de Suez. Derrière cette réussite militaire, se cache cependant un homme dont la vie privée est entièrement construite sur le mensonge. En 1963, il épouse une Allemande, Waltraud, sans jamais lui révéler sa véritable identité. Pour elle, il reste Jacques Bitton, un commerçant israélien au passé mystérieux, et elle ne découvrira qu’après sa mort que son mari a été un espion du renseignement égyptien, vivant sous couverture depuis des années et influençant le cours de l’histoire militaire au Moyen-Orient.
Les versions sur sa loyauté divergent. En Égypte, Gammal est un héros patriote, dont l’audace et le dévouement ont permis à son pays de reprendre l’initiative sur Israël après la défaite de 1967. La série télévisée et le roman basés sur sa vie, diffusés dans le monde arabe à partir de 1988, le transforment en symbole national, célébré pour son intelligence et sa bravoure. En Israël, certains articles et journaux évoquent un retournement : capturé dès ses débuts, il aurait été contraint de collaborer avec le Shabak et le Mossad, transmettant des informations fallacieuses à l’Égypte et contribuant aux succès militaires israéliens. Pourtant, ces allégations sont contestées par des anciens responsables du renseignement israélien, qui n’ont jamais reconnu officiellement l’existence d’un agent nommé Jacques Bitton. Cette ambiguïté nourrit le mystère et entretient le mythe, laissant planer le doute sur la véritable nature de ses actions.
Au-delà des intrigues géopolitiques, l’histoire de Gammal est celle d’un homme capable de vivre doublement, de jongler entre l’intimité et la tromperie, entre la loyauté et le danger. Sa vie illustre le prix humain de l’espionnage : l’éloignement de sa famille, le stress constant, la peur d’être démasqué et le besoin de maintenir une crédibilité dans un environnement où un faux pas pouvait coûter la vie. Sa mort en 1982 à Darmstadt, en Allemagne, n’a pas mis fin à la fascination qu’il suscite. Pour des millions de téléspectateurs, des lecteurs et des passionnés d’histoire militaire, Refaat Al-Gammal demeure l’incarnation d’un espion parfait, capable de façonner la destinée d’un pays tout en demeurant invisible aux yeux de ceux qu’il espionnait. Sa vie, entre réalité et fiction, entre loyauté et trahison présumée, reste un exemple poignant des complexités du renseignement et de l’intimité d’un homme plongé dans un monde d’ombres et de secrets.