Privatisons la Rts, le service public de l’audiovisuel ? Par Pape Ibrahim Fam



A titre liminaire et loin de l’effet d’annonce, du titre provocateur, ma proposition répond à la nécessaire évolution du monde de l’audiovisuel.
De Babacar Diagne à Pape Alé Niang, le constat demeure le même , la pluralité des opinions n’y est pas la vocation première. Les discours de l’opposition s’anéantissement sur les rochers durs de la volonté politique de maîtriser le débat public et d’offrir à la communication gouvernementale un canal officiel, non pollué par les interférences de la critique.
La démocratisation de la télévision mère n’est pas le seul soucis de l’heure.
Si les fonds publics ne venaient pas au secours de l’héritière de l’Orts, elle aurait fait faillite. La télévision nationale n’est point attractive, attrayante pour espérer être commercialement viable.
Sans les rendez-vous de la République, l’exclusivité de la diffusion des compétitions internationales dont elle dispose, la RTS ne serait pas regardée. Elle n’est pas compétitive. Le statut de fonctionnaire de ses travailleurs y est pour beaucoup. L’administration, la culture du fonctionnariat à vie.
A quoi bon, une grille programmatique de qualité, si la finalité de battre la concurrence sur les audiences, n’est pas nécessaire pour obtenir des annonceurs, de la publicité. Dans le modèle actuel, du soit disant ‘service public’, notre chère maison mère ne performe point.
Elle n’est pas seule dans ce cas. Les médias privées, grâce aux largesses de l’état, notamment avec l’aide à la presse, ne se pressent pas non plus pour être viables économiquement. Le modèle économique de nos médias, la majorité, repose sur la subvention et les liens politiques. Et, cela se reflète dans ce que propose les médias. Les plus grandes émissions dans la sphère médiatiques sont politiques. Les plus grands rendez vous télévisuels sont spécifiquement d’ordre politique.
Là où, en occident, les télé réalités, les séries, concours, produites où co produites par les télévisions battent les records d’audiences et attirent les annonceurs.
Les conventions, j’y reviendrai.
Privatiser la boîte ou ouvrir le capital ?
Je plaide pour la seconde hypothèse. Faire entrer des investisseurs locaux à hauteur de 30 % à 50% des parts, fera baisser l’apport financier du contribuable dans la gestion, estimé à 40% selon certaines sources. L’état qui peine à être solvable et qui mobilise difficilement des fonds pour assurer son fonctionnement et ses investissements, pourra souffler et même espérer générer des dividendes de la boîte.
Les standards de gestion du privé, la culture du résultat, la recherche perpétuelle d’innovation afin de survivre dans un marché concurrentielle, serviront plus à la télévision publique que le modèle actuel.
Le libéral que je suis, veut moins d’état et plus d’économie de marché.

Pape Ibrahim Fam
Consultant en Communication, Expert en Stratégies Digitales.





Rédigé par le Samedi 17 Octobre 2026 à 19:58