Préparation du PLF 2027 — Baisse de près de 288 milliards des plafonds de dépenses et déficit projeté à 4,9 %

Dakar — Rigueur, réalisme budgétaire et adaptation aux chocs exogènes. Le Directeur de cabinet du Ministre de l’Économie, des Finances et du Plan a présidé, ce mercredi 12 août 2026, le séminaire de partage de la lettre circulaire portant préparation du projet de loi de finances (PLF) 2027, organisé par la Direction générale du Budget (DGB). S’exprimant au nom du ministre Cheikh Diba, il a planté le décor d'un exercice budgétaire placé sous le sceau de la prudence.



Un contexte international et régional sous forte tension

Justifiant les arbitrages rigoureux retenus pour l'année à venir, l'exécutif a mis en avant un environnement macroéconomique mondial particulièrement agité. La persistance du conflit au Moyen-Orient et les incertitudes géopolitiques alimentent une résurgence des anticipations inflationnistes et un durcissement drastique des conditions de financement à l'échelle internationale.

Sur le plan national, l’économie sénégalaise demeure exposée à des facteurs de vulnérabilité multiples susceptibles d’impacter la soutenabilité des finances publiques :

Le ralentissement de la croissance et des flux d'investissements étrangers ;

La pression accrue sur la dette publique et la raréfaction des financements extérieurs ;

Les crises énergétiques, alimentaires et les menaces liées aux changements climatiques sur les secteurs productifs ;

Les tensions sécuritaires sous-régionales et les difficultés inhérentes à la mobilisation optimale des recettes intérieures.

Des plafonds de dépenses revus à la baisse et un déficit ramené à 4,9 %

Face à ces contraintes exogènes et budgétaires, le gouvernement a fait le choix de la responsabilité. Les plafonds de dépenses inscrits dans le Tableau des opérations financières de l’État (TOFE) affichent une baisse notable de près de 288 milliards de francs CFA par rapport à la loi de finances initiale (LFI) 2026.

Dans cette optique de consolidation, le déficit budgétaire est projeté à 4,9 % pour l’année 2027.

Si le Directeur de cabinet a concédé que plusieurs dépenses prioritaires et sensibles n'ont pu trouver place dans ce premier cadrage — en raison de marges budgétaires trop étroites —, il a indiqué qu'elles pourraient éventuellement être réexaminées lors des arbitrages ultérieurs ou d'une révision à la hausse.

Conformément aux orientations du Président de la République visant à concilier relance économique et assainissement rigoureux des finances publiques, l'État privilégie désormais une allocation stratégique et ciblée des crédits plutôt qu’une fuite en avant par la dépense.

Rédigé par le Mercredi 12 Aout 2026 à 23:01