Le PRES, un programme de redressement face aux déséquilibres budgétaires
Le Plan de redressement économique et social (PRES), également désigné sous l’appellation « Jubbanti Koom », a été conçu pour répondre aux difficultés des finances publiques sénégalaises et favoriser une transformation de l’économie nationale. Le programme officiel couvre la période 2025-2028, contrairement à la période 2024-2028 parfois avancée dans le débat public.
Ses orientations reposent notamment sur le renforcement de la souveraineté financière, la relance de la production nationale et la protection sociale. L’objectif affiché est de mobiliser davantage de ressources internes, de mieux maîtriser les dépenses publiques et de soutenir les investissements jugés prioritaires.
La situation financière héritée par les nouvelles autorités a toutefois considérablement réduit les marges de manœuvre de l’État. Dans son audit des finances publiques portant sur la période 2019 au 31 mars 2024, la Cour des comptes a notamment relevé des écarts importants dans les données relatives à la dette et au déficit budgétaire. Ces conclusions ont placé la transparence financière et la soutenabilité de la dette au cœur des enjeux économiques du pays.
Réduction du train de vie de l’État et apurement des arriérés
La rationalisation des dépenses de fonctionnement constitue l’un des axes mis en avant par les défenseurs du PRES. La réduction des dépenses administratives et la réorientation des ressources vers les investissements productifs sont présentées comme des leviers permettant d’améliorer l’efficacité de l’action publique.
Le règlement des arriérés intérieurs constitue également un enjeu important, notamment pour les entreprises, les fournisseurs de l’État et les secteurs sociaux. Le montant de plus de 300 milliards de francs CFA évoqué dans certains bilans politiques pour l’apurement des dettes intérieures et le soutien aux secteurs sociaux doit toutefois être rapproché des documents budgétaires détaillant les montants effectivement payés et leur répartition.
La mobilisation des recettes fiscales et la réforme des procédures douanières figurent, elles aussi, parmi les mécanismes destinés à renforcer les ressources nationales et à réduire la dépendance aux financements extérieurs.
Industrialisation : le défi de la création d’emplois
L’industrialisation est présentée comme un levier essentiel pour renforcer la souveraineté économique du Sénégal. Dans cette perspective, les projets de zones industrielles doivent contribuer à attirer les investissements, à développer la transformation locale et à créer des emplois durables.
Le projet de zone industrielle privée de Bargny-Sendou, auquel les éléments présentés associent un investissement de 83 milliards de francs CFA et la perspective de 400 unités industrielles, illustre cette ambition. Les estimations avancées évoquent entre 22 000 et 24 000 emplois potentiels.
Ces chiffres doivent néanmoins être distingués des réalisations effectives. L'évaluation de l'impact économique d'une zone industrielle suppose notamment de vérifier son niveau d'aménagement, le nombre d'entreprises effectivement installées, les investissements réalisés et les emplois réellement créés.
Agriculture et accès à l’eau : la souveraineté alimentaire en ligne de mire
L’agriculture et le développement rural occupent une place stratégique dans les ambitions de transformation économique. L’objectif affiché est de renforcer la production nationale, de soutenir les producteurs et de réduire la dépendance du pays aux importations alimentaires.
Les mesures évoquées comprennent l’apurement de dettes agricoles, les subventions aux campagnes de semences et la revalorisation du prix d’achat de l’arachide. Leur portée doit être appréciée au regard des sommes effectivement versées, des producteurs bénéficiaires et de l’évolution de leurs revenus.
Dans le bassin du Nianija Bolong, un investissement de 36 milliards de francs CFA est également cité pour le projet PROMEREN, avec l’ambition de mobiliser 46,6 millions de mètres cubes d’eau douce et d’aménager 12 000 hectares de terres agricoles. Ces objectifs mettent en évidence le lien entre maîtrise de l’eau, développement de l’irrigation et amélioration de la production agricole.
Le grand transfert d’eau, auquel les données avancées associent une enveloppe de 50 milliards de francs CFA, s’inscrit dans la même problématique : limiter les tensions sur les ressources hydriques et améliorer l’accès à l’eau potable. Là encore, le suivi des financements, des travaux et des résultats sur le terrain est indispensable pour mesurer les effets de ces investissements.
Infrastructures, santé et éducation : des besoins importants
Le désenclavement des régions constitue un autre volet majeur des politiques d’investissement. Les chiffres avancés dans le bilan évoquent plus de 1 000 milliards de francs CFA consacrés au réseau routier, avec notamment des chantiers de voirie urbaine du programme PROMOVILLES à Kédougou et le projet du deuxième pont de Ziguinchor.
Dans le secteur de la santé, une enveloppe de 91 milliards de francs CFA est mentionnée pour la construction de 35 structures de formation sanitaire de proximité et la finalisation de l’Hôpital général de Diamniadio. Plus de 50 milliards de francs CFA sont également évoqués pour l’éducation et l’enseignement supérieur.
Ces annonces traduisent l’importance accordée aux services publics de base dans les objectifs de développement. Pour établir un bilan précis, il reste toutefois nécessaire de distinguer les budgets annoncés, les crédits décaissés, les infrastructures achevées et les services effectivement accessibles aux populations.
Transparence et gouvernance : un enjeu central
La transparence dans la gestion des ressources publiques figure parmi les principales attentes associées au redressement économique. Les audits des finances publiques, la publication des rapports de gestion et le contrôle des ressources naturelles et foncières sont des instruments essentiels pour renforcer la confiance des citoyens.
La concertation avec les élus locaux et les réformes institutionnelles sont également évoquées dans les orientations défendues par les partisans du programme. Leur efficacité dépend cependant de la qualité de leur mise en œuvre, de la disponibilité des informations publiques et de la capacité des institutions de contrôle à exercer leurs missions.
Le traitement de la dette, un nouveau point de débat
La situation de la dette publique demeure l’un des principaux défis du Sénégal. Le gouvernement dirigé par le Premier ministre Ahmadou Al Amine Lo a engagé une nouvelle étape dans la gestion de cet endettement, avec la présentation d’un Plan de traitement de la dette du Sénégal en septembre 2026.
Cette orientation intervient dans un contexte de fortes contraintes financières et de besoins importants en matière d’investissement. Elle relance le débat sur les conséquences des choix budgétaires pour les entreprises, les ménages et le financement des services publics.
Qualifier cette stratégie de « catastrophique », comme le font certains opposants ou critiques, relève d’une appréciation politique. Son évaluation nécessite d’examiner les modalités du traitement de la dette, son coût, ses effets sur les finances publiques et les éventuelles conséquences sur le pouvoir d’achat, l’emploi et les investissements sociaux.
Focus sur 2027 : les résultats attendus
À l’approche de 2027, le débat sur le PRES devrait porter de plus en plus sur les résultats mesurables : recettes effectivement mobilisées, arriérés réglés, investissements exécutés, emplois créés, production agricole, accès à l’eau et qualité des services publics.
Dans sa déclaration de politique générale, le Premier ministre Ahmadou Al Amine Lo a lui-même reconnu que le PRES peinait à concrétiser toutes ses ambitions. Selon les chiffres présentés par le gouvernement, les ressources domestiques, notamment fiscales, mobilisées à fin août 2026 atteignaient 172,5 milliards de francs CFA, pour un objectif de 303,3 milliards, soit un taux de réalisation de 56,9 %.
Ce constat souligne l’écart qui peut exister entre les objectifs annoncés et les résultats obtenus. Il ne suffit donc pas d’énumérer les projets et les montants prévus : il faut aussi rendre compte des réalisations, des retards éventuels et des bénéfices concrets pour les citoyens.
Le PRES reste ainsi au centre des discussions sur le modèle économique du Sénégal. Pour ses partisans, il incarne une volonté de souveraineté et de transformation structurelle. Pour ses critiques, les contraintes budgétaires et les choix opérés dans la gestion de la dette soulèvent des interrogations sur la trajectoire suivie. En 2027, la publication de données détaillées et vérifiables sera déterminante pour permettre aux citoyens d’apprécier les résultats de cette politique économique.
Le Plan de redressement économique et social (PRES), également désigné sous l’appellation « Jubbanti Koom », a été conçu pour répondre aux difficultés des finances publiques sénégalaises et favoriser une transformation de l’économie nationale. Le programme officiel couvre la période 2025-2028, contrairement à la période 2024-2028 parfois avancée dans le débat public.
Ses orientations reposent notamment sur le renforcement de la souveraineté financière, la relance de la production nationale et la protection sociale. L’objectif affiché est de mobiliser davantage de ressources internes, de mieux maîtriser les dépenses publiques et de soutenir les investissements jugés prioritaires.
La situation financière héritée par les nouvelles autorités a toutefois considérablement réduit les marges de manœuvre de l’État. Dans son audit des finances publiques portant sur la période 2019 au 31 mars 2024, la Cour des comptes a notamment relevé des écarts importants dans les données relatives à la dette et au déficit budgétaire. Ces conclusions ont placé la transparence financière et la soutenabilité de la dette au cœur des enjeux économiques du pays.
Réduction du train de vie de l’État et apurement des arriérés
La rationalisation des dépenses de fonctionnement constitue l’un des axes mis en avant par les défenseurs du PRES. La réduction des dépenses administratives et la réorientation des ressources vers les investissements productifs sont présentées comme des leviers permettant d’améliorer l’efficacité de l’action publique.
Le règlement des arriérés intérieurs constitue également un enjeu important, notamment pour les entreprises, les fournisseurs de l’État et les secteurs sociaux. Le montant de plus de 300 milliards de francs CFA évoqué dans certains bilans politiques pour l’apurement des dettes intérieures et le soutien aux secteurs sociaux doit toutefois être rapproché des documents budgétaires détaillant les montants effectivement payés et leur répartition.
La mobilisation des recettes fiscales et la réforme des procédures douanières figurent, elles aussi, parmi les mécanismes destinés à renforcer les ressources nationales et à réduire la dépendance aux financements extérieurs.
Industrialisation : le défi de la création d’emplois
L’industrialisation est présentée comme un levier essentiel pour renforcer la souveraineté économique du Sénégal. Dans cette perspective, les projets de zones industrielles doivent contribuer à attirer les investissements, à développer la transformation locale et à créer des emplois durables.
Le projet de zone industrielle privée de Bargny-Sendou, auquel les éléments présentés associent un investissement de 83 milliards de francs CFA et la perspective de 400 unités industrielles, illustre cette ambition. Les estimations avancées évoquent entre 22 000 et 24 000 emplois potentiels.
Ces chiffres doivent néanmoins être distingués des réalisations effectives. L'évaluation de l'impact économique d'une zone industrielle suppose notamment de vérifier son niveau d'aménagement, le nombre d'entreprises effectivement installées, les investissements réalisés et les emplois réellement créés.
Agriculture et accès à l’eau : la souveraineté alimentaire en ligne de mire
L’agriculture et le développement rural occupent une place stratégique dans les ambitions de transformation économique. L’objectif affiché est de renforcer la production nationale, de soutenir les producteurs et de réduire la dépendance du pays aux importations alimentaires.
Les mesures évoquées comprennent l’apurement de dettes agricoles, les subventions aux campagnes de semences et la revalorisation du prix d’achat de l’arachide. Leur portée doit être appréciée au regard des sommes effectivement versées, des producteurs bénéficiaires et de l’évolution de leurs revenus.
Dans le bassin du Nianija Bolong, un investissement de 36 milliards de francs CFA est également cité pour le projet PROMEREN, avec l’ambition de mobiliser 46,6 millions de mètres cubes d’eau douce et d’aménager 12 000 hectares de terres agricoles. Ces objectifs mettent en évidence le lien entre maîtrise de l’eau, développement de l’irrigation et amélioration de la production agricole.
Le grand transfert d’eau, auquel les données avancées associent une enveloppe de 50 milliards de francs CFA, s’inscrit dans la même problématique : limiter les tensions sur les ressources hydriques et améliorer l’accès à l’eau potable. Là encore, le suivi des financements, des travaux et des résultats sur le terrain est indispensable pour mesurer les effets de ces investissements.
Infrastructures, santé et éducation : des besoins importants
Le désenclavement des régions constitue un autre volet majeur des politiques d’investissement. Les chiffres avancés dans le bilan évoquent plus de 1 000 milliards de francs CFA consacrés au réseau routier, avec notamment des chantiers de voirie urbaine du programme PROMOVILLES à Kédougou et le projet du deuxième pont de Ziguinchor.
Dans le secteur de la santé, une enveloppe de 91 milliards de francs CFA est mentionnée pour la construction de 35 structures de formation sanitaire de proximité et la finalisation de l’Hôpital général de Diamniadio. Plus de 50 milliards de francs CFA sont également évoqués pour l’éducation et l’enseignement supérieur.
Ces annonces traduisent l’importance accordée aux services publics de base dans les objectifs de développement. Pour établir un bilan précis, il reste toutefois nécessaire de distinguer les budgets annoncés, les crédits décaissés, les infrastructures achevées et les services effectivement accessibles aux populations.
Transparence et gouvernance : un enjeu central
La transparence dans la gestion des ressources publiques figure parmi les principales attentes associées au redressement économique. Les audits des finances publiques, la publication des rapports de gestion et le contrôle des ressources naturelles et foncières sont des instruments essentiels pour renforcer la confiance des citoyens.
La concertation avec les élus locaux et les réformes institutionnelles sont également évoquées dans les orientations défendues par les partisans du programme. Leur efficacité dépend cependant de la qualité de leur mise en œuvre, de la disponibilité des informations publiques et de la capacité des institutions de contrôle à exercer leurs missions.
Le traitement de la dette, un nouveau point de débat
La situation de la dette publique demeure l’un des principaux défis du Sénégal. Le gouvernement dirigé par le Premier ministre Ahmadou Al Amine Lo a engagé une nouvelle étape dans la gestion de cet endettement, avec la présentation d’un Plan de traitement de la dette du Sénégal en septembre 2026.
Cette orientation intervient dans un contexte de fortes contraintes financières et de besoins importants en matière d’investissement. Elle relance le débat sur les conséquences des choix budgétaires pour les entreprises, les ménages et le financement des services publics.
Qualifier cette stratégie de « catastrophique », comme le font certains opposants ou critiques, relève d’une appréciation politique. Son évaluation nécessite d’examiner les modalités du traitement de la dette, son coût, ses effets sur les finances publiques et les éventuelles conséquences sur le pouvoir d’achat, l’emploi et les investissements sociaux.
Focus sur 2027 : les résultats attendus
À l’approche de 2027, le débat sur le PRES devrait porter de plus en plus sur les résultats mesurables : recettes effectivement mobilisées, arriérés réglés, investissements exécutés, emplois créés, production agricole, accès à l’eau et qualité des services publics.
Dans sa déclaration de politique générale, le Premier ministre Ahmadou Al Amine Lo a lui-même reconnu que le PRES peinait à concrétiser toutes ses ambitions. Selon les chiffres présentés par le gouvernement, les ressources domestiques, notamment fiscales, mobilisées à fin août 2026 atteignaient 172,5 milliards de francs CFA, pour un objectif de 303,3 milliards, soit un taux de réalisation de 56,9 %.
Ce constat souligne l’écart qui peut exister entre les objectifs annoncés et les résultats obtenus. Il ne suffit donc pas d’énumérer les projets et les montants prévus : il faut aussi rendre compte des réalisations, des retards éventuels et des bénéfices concrets pour les citoyens.
Le PRES reste ainsi au centre des discussions sur le modèle économique du Sénégal. Pour ses partisans, il incarne une volonté de souveraineté et de transformation structurelle. Pour ses critiques, les contraintes budgétaires et les choix opérés dans la gestion de la dette soulèvent des interrogations sur la trajectoire suivie. En 2027, la publication de données détaillées et vérifiables sera déterminante pour permettre aux citoyens d’apprécier les résultats de cette politique économique.