Mort d'un Colombien dans le Maine : Flou et contradictions autour des tirs mortels de l'ICE

Le département de la Sécurité intérieure (DHS) a modifié sa version des faits concernant la mort de Johan Sebastián Durán Guerrero, un Colombien de 26 ans abattu lundi par un agent de l'immigration à Biddeford, dans le Maine. Alors que les autorités évoquaient initialement une agression délibérée au véhicule-bélier, la thèse d'une simple tentative de fuite est désormais avancée, accentuant la pression sur l'administration fédérale.



Une version officielle à géométrie variable

L'enquête sur la mort de Johan Sebastián Durán Guerrero prend une tournure politique complexe. Lundi, le secrétaire à la Sécurité intérieure, Markwayne Mullin, avait affirmé au sénateur Angus King que l'agent de l'ICE avait ouvert le feu parce que le suspect « tentait d'utiliser son véhicule comme une arme ».

Pourtant, mardi, le DHS a publié un communiqué officiel différent sur le réseau social X :

La nouvelle version : Les agents surveillaient une maison visée par un avis d'expulsion. Lorsque la voiture de Durán Guerrero a démarré, elle a « tenté de fuir » lors de l'interception, poussant l'agent à tirer « par crainte pour la sécurité publique ».

La nuance de l'État : Le bureau du procureur général du Maine, qui mène une enquête parallèle, a tempéré en affirmant que les premiers éléments suggéraient simplement que le conducteur fuyait « en direction de l'agent ».

Pas de caméras piétonnes pour les agents

L'absence de caméras corporelles sur les agents impliqués complique l'établissement des faits. Les seules images disponibles proviennent de la caméra de surveillance d'un commerce local.

La vidéo, consultée par l'Associated Press, montre la voiture blanche de la victime décrivant des cercles lents avant d'être bloquée par un SUV de l'ICE. On y voit ensuite deux agents extraire un corps inerte du véhicule. Le moment précis des coups de feu n'est pas visible sur la séquence.

« Nous évaluons constamment nos procédures pour assurer la sécurité de nos officiers [...]. Nous ne divulguerons pas nos tactiques d'intervention », a tranché un porte-parole de l'ICE pour couper court aux questions sur la distance de tir.

Enquêtes fédérales et locales coordonnées

Face à la gravité des faits, la sénatrice républicaine Susan Collins a confirmé que le Bureau de l'inspecteur général du DHS avait repris l'enquête, en étroite collaboration avec le FBI et la police locale. L'agent auteur des tirs, dont l'identité reste confidentielle, a été suspendu de ses fonctions le temps des investigations.

Rédigé par le Mardi 14 Juillet 2026 à 19:35