Ministère de la Justice: Me Moussa Sarr prône le dialogue et ouvre les chantiers des libertés avec Article 19

Le nouveau Garde des Sceaux ne perd pas de temps. À peine installé à la tête du ministère de la Justice, Me Moussa Sarr imprime déjà sa méthode : le dialogue et la concertation avec la société civile. Ce vendredi 3 juillet 2026, le ministre a accordé une audience stratégique à une délégation d’Article 19 Afrique de l’Ouest, conduite par son directeur régional, Alfred Bulakali Nkuru, posant ainsi les jalons d'une collaboration constructive pour l'avenir de l'État de droit au Sénégal.



Au-delà des félicitations d’usage, cette première prise de contact a rapidement pris les allures d’une séance de travail approfondie sur les grands défis démocratiques du pays.

Liberté de presse, réseaux sociaux et détention préventive au cœur des débats
L’organisation internationale, reconnue pour son combat en faveur de la liberté d’expression, est venue soumettre plusieurs réformes jugées prioritaires et structurantes. Sur la table du ministre, Article 19 a formellement plaidé pour :

La révision des dispositions du Code pénal touchant à l’exercice des libertés publiques.

La dépénalisation définitive des délits de presse pour protéger le travail des journalistes.

La modernisation des textes encadrant les réunions et manifestations publiques.

Une démarche inclusive et concertée dans l’élaboration des futures réglementations sur les réseaux sociaux.

Les discussions ont également abordé les recommandations de l’Examen périodique universel (EPU) des Nations unies. Les deux parties ont mis l'accent sur la nécessité de limiter drastiquement le recours à la détention préventive dans les affaires liées à l’exercice des libertés fondamentales, tout en renforçant les mécanismes de lutte contre les violences faites aux femmes.

Accès à l'information : Vers l'installation de la Commission nationale
Autre dossier brûlant au menu de cette audience : le Partenariat pour un Gouvernement Ouvert (PGO), dont le Sénégal fait partie depuis 2018. Alfred Bulakali Nkuru et Me Moussa Sarr ont insisté sur l’urgence de consolider le pilotage institutionnel de cette initiative et d’accélérer la mise en œuvre du troisième Plan d’action national.

Pour Article 19, cela passe impérativement par la rendre pleinement opérationnelle la loi sur l’accès à l’information, un chantier qui nécessite l’installation immédiate de la Commission nationale d’accès à l’information, la vulgarisation des textes juridiques et la formation accrue des différents acteurs administratifs et médiatiques.

Recevant ces propositions avec beaucoup d'ouverture, le ministre Me Moussa Sarr a salué une contribution utile aux réformes d'envergure déjà engagées par son département. Réaffirmant la vision des plus hautes autorités, le Garde des Sceaux a promis de conduire ces transformations dans un esprit de transparence, en associant systématiquement les forces vives de la société civile à travers un cadre d’échanges régulier.

Rédigé par le Lundi 6 Juillet 2026 à 19:54