Mali: Le CNT adopte des réformes judiciaires historiques et renforce la lutte contre les réseaux criminels

Le Conseil national de Transition (CNT) du Mali a tenu une séance plénière stratégique ce mardi 30 juin 2026 à Bamako. Sous la présidence de l’Honorable Hamèye Founé Mahalmadane, 1er Vice-président de l'institution, les parlementaires ont adopté à la quasi-unanimité six textes législatifs, dont trois projets de loi majeurs portés par le Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Mamoudou Kassogué.



Ces réformes structurelles visent à moderniser l'appareil judiciaire malien, à l'adapter aux exigences de la Constitution de 2023 et à durcir la réponse de l'État face aux fléaux de la traite des êtres humains et du trafic de migrants.

Fin de l’entre-soi au Conseil Supérieur de la Magistrature
Le premier texte majeur adopté (124 voix pour, 0 contre) est le projet de loi organique refondant le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM), qui remplace un texte obsolète datant de 2003. La réforme introduit des ruptures fondamentales pour accroître l'indépendance et la transparence de la justice :

Composition paritaire : L'institution s'ouvre à la société civile et à des profils extérieurs avec une stricte parité de neuf magistrats et neuf non-magistrats, brisant définitivement les critiques liées au corporatisme.

Saisine directe par le justiciable : Tout citoyen s'estimant victime d'un dysfonctionnement ou d'un manquement judiciaire peut désormais saisir directement le Conseil.

Indépendance renforcée : Un Secrétariat général autonome, doté de ressources financières et humaines propres, remplace l’ancien secrétariat administratif. De plus, pour éviter tout conflit d'intérêts, les membres du cabinet et du secrétariat général du ministère de la Justice deviennent inéligibles au CSM.

Un nouvel arsenal contre la traite des personnes et le trafic de migrants
Le CNT a également validé deux projets de loi cruciaux pour aligner le Mali sur les standards internationaux, notamment le Protocole de Palerme de l'ONU :

Loi contre la traite des personnes : Adoptée par 118 voix pour.

Loi contre le trafic illicite de migrants : Adoptée par 124 voix pour.

Ces textes consacrent un changement de paradigme. Au-delà de la simple répression pénale des passeurs et des trafiquants, la nouvelle législation intègre une stratégie globale de prévention et impose la protection juridique et psychologique des victimes ainsi que des témoins. Pour piloter cette politique, la création d'un organe national de coordination doté de moyens budgétaires adéquats a été officialisée.

Le Ministre de la Justice, Mamoudou Kassogué, a salué l'engagement des membres du CNT pour l'aboutissement de ces textes qui dotent le Mali d'un environnement de sécurité juridique consolidé et plus équitable.



Rédigé par le Mercredi 1 Juillet 2026 à 03:56