Maintien de la paix : le Sénégal veut renforcer la présence des femmes dans les missions de l’ONU

En déplacement au siège des Nations Unies à New York, le 26 octobre 2026, le ministre sénégalais des Forces armées, Yankoba Diémé, a plaidé pour une participation plus importante des femmes aux opérations de maintien de la paix. Alors que leur représentation dans les contingents militaires sénégalais atteint 7,33 %, Dakar entend accélérer les efforts pour atteindre l’objectif de 13 % fixé pour 2026.



Le Sénégal veut donner une nouvelle impulsion à la participation des femmes aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies. Lors d’une intervention au siège de l’organisation, à New York, le lundi 26 octobre 2026, le ministre des Forces armées, Yankoba Diémé, a défendu une représentation pleine, effective et équitable des femmes dans les missions internationales, aussi bien dans les fonctions opérationnelles que dans les postes de décision.

Cette prise de position s’inscrit dans le cadre de l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité, consacré par la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies. Ce texte souligne notamment l’importance de la participation des femmes à la prévention des conflits, aux processus de paix et à la reconstruction des sociétés affectées par les violences.

Les femmes, un levier pour une paix durable

Au cours de son intervention, Yankoba Diémé a rappelé le rôle stratégique des femmes dans la protection des populations civiles, la prévention des conflits et la consolidation d’une paix durable. Le ministre a également rendu hommage aux personnels civils et militaires déployés sous le drapeau des Nations Unies, notamment à ceux qui ont perdu la vie ou subi de graves blessures dans l’exercice de leurs missions.

Le Sénégal s’appuie sur plus de six décennies d’expérience dans les opérations de maintien de la paix, depuis sa participation à l’Opération des Nations Unies au Congo en 1960. Pour les autorités sénégalaises, cette expérience renforce la nécessité de promouvoir une représentation plus équilibrée des femmes et des hommes dans les missions internationales.

Des avancées institutionnelles, mais des efforts à poursuivre

Plusieurs initiatives ont été engagées au Sénégal pour favoriser l’égalité dans le secteur de la défense. Le pays a notamment adopté un premier Plan d’action national en 2011, actualisé en 2020, avant de développer une stratégie sectorielle consacrée à la prise en compte du genre au sein des Forces armées.

La nomination, en avril 2023, de la première femme générale de l’histoire des Forces armées sénégalaises constitue également une étape importante dans l’accès des femmes aux plus hautes responsabilités militaires.

Le Sénégal bénéficie par ailleurs de partenariats internationaux, notamment à travers des projets soutenus par le Fonds ELSIE depuis juillet 2021. Ces initiatives visent à identifier les obstacles au déploiement des femmes militaires, à adapter les infrastructures à leurs besoins et à élargir le vivier de personnel féminin susceptible d’être engagé dans les opérations de paix.

Une représentation de 7,33 %, loin de l’objectif de 2026

Malgré ces progrès, la participation des femmes aux contingents militaires sénégalais demeure limitée. Selon les chiffres présentés par Yankoba Diémé, leur représentation s’établit à 7,33 %, contre un objectif de 13 % fixé pour 2026.

Cet écart met en évidence les défis qui restent à relever en matière de recrutement, de formation et d’accès aux fonctions opérationnelles. Le renforcement de la présence des femmes dans certaines unités, notamment celles d’infanterie, figure parmi les enjeux évoqués.

Au-delà des effectifs, le ministre a insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes de prévention et de lutte contre l’exploitation et les atteintes sexuelles. Il a également souligné l’importance de mobiliser les ressources nécessaires pour transformer les engagements internationaux en mesures concrètes.

À New York, le Sénégal a ainsi réaffirmé sa volonté de poursuivre sa coopération avec les Nations Unies, les États partenaires et les organisations internationales. L’ambition affichée est de faire de l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité une réalité mesurable, en renforçant la participation des femmes et en contribuant à des opérations de paix plus inclusives.

Rédigé par le Mardi 27 Octobre 2026 à 19:23