Loi de finances rectificative : le chef de l’État réclame la continuité de l’action publique

En pleine discussion sur la loi de finances rectificative, le chef de l’État demande l’exécution des projets budgétaires. Contexte, positions et enjeux.



Dans sa communication au Conseil des ministres du 28 octobre 2026, le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye a posé un principe fort : la continuité des pouvoirs publics est indispensable pour asseoir la crédibilité des institutions. Il a demandé au Premier ministre de prendre les dispositions juridiques et les mesures adéquates pour que les projets inscrits dans la LFR 2026 et la loi de finances 2027 soient exécutés de façon systématique.

Le communiqué ne détaille pas le contexte, mais cette insistance intervient alors que la LFR 2026 est en discussion à l’Assemblée nationale. Le Soleil relève lui-même que le texte officiel n’explique pas ce qui motive ce rappel.

Selon plusieurs médias sénégalais, la commission des finances avait rejeté le projet le 23 octobre. Le 27 octobre, à l’ouverture du débat en plénière, le ministre de l’Économie, Cheikh Diba, a demandé son renvoi en commission en s’appuyant sur l’article 84 du règlement intérieur, afin de poursuivre les échanges et chercher un compromis.

Le parti Pastef, majoritaire à l’Assemblée et dirigé par Ousmane Sonko, avait annoncé qu’il ne voterait pas le texte en l’état. Il dénonce des coupes budgétaires jugées injustifiées dans le social et demande au préalable un encadrement des fonds spéciaux, qui ne sont soumis à aucune obligation de justification. Le président de l’Assemblée a pris acte du renvoi et convoqué la Conférence des présidents pour fixer un nouveau calendrier.

Dans ce climat, le chef de l’État fixe plusieurs urgences : évaluer le Plan de redressement économique et social, relancer les chantiers à l’arrêt, accélérer les projets de santé, d’éducation, d’électrification rurale et d’hydraulique, apurer la dette intérieure et financer les campagnes de commercialisation agricoles.

Il a aussi demandé de poursuivre le dialogue social avec les centrales syndicales, dans l’esprit du Pacte de stabilité sociale signé le 1ᵉʳ mai 2025. L’issue du débat budgétaire, elle, dépendra des discussions en commission et d’un éventuel compromis entre l’exécutif et l’Assemblée.

Rédigé par le Jeudi 29 Octobre 2026 à 03:27