Libye: le décès du général Mohamed al-Haddad provoque un rare moment d’unité nationale



La Libye est plongée dans l’émotion après la disparition du général Mohamed al-Haddad, chef d’état-major des forces armées, décédé dans un crash d’avion survenu en Turquie. Un drame qui a suscité une onde de choc à travers tout le pays et entraîné, fait exceptionnel, une réaction commune des autorités rivales de l’Est et de l’Ouest libyen.

À Tripoli comme à Benghazi, les deux camps politiques ont décrété simultanément trois jours de deuil national, saluant la mémoire d’un officier considéré comme l’un des rares symboles de consensus dans un pays encore profondément divisé. L’appareil transportant Mohamed al-Haddad et plusieurs responsables militaires libyens se serait écrasé peu après son décollage d’Ankara, à la suite d’une panne électrique, selon les autorités turques.

À Tripoli, capitale où siège le Gouvernement d’unité nationale (GNU), les festivités prévues pour le 74ᵉ anniversaire de l’indépendance ont été annulées. Dans les rues, l’émotion est palpable. Pour de nombreux Libyens, le général al-Haddad incarnait l’espoir d’une armée nationale unifiée, au-dessus des clivages politiques et régionaux.

« C’était un homme respecté aussi bien à l’Est qu’à l’Ouest », confie un habitant de la capitale, estimant que sa disparition constitue une perte majeure pour un pays en quête de stabilité. Plusieurs acteurs de la société civile ont salué une figure militaire engagée en faveur de la réconciliation nationale et du rapprochement des institutions sécuritaires.

Le chef du GNU, Abdelhamid Dbeibah, a rapidement annoncé trois jours de deuil national, une décision aussitôt suivie par le gouvernement parallèle basé dans l’Est, sous l’autorité du maréchal Khalifa Haftar. Ce geste synchronisé est interprété par certains observateurs comme un signal fort, révélateur d’une volonté partagée d’apaisement dans un contexte politique toujours fragile.

Originaire de Misrata, dans l’Ouest du pays, Mohamed al-Haddad avait été nommé chef d’état-major en août 2020. Durant son mandat, il s’était imposé comme un artisan du dialogue militaire et institutionnel, cherchant à rapprocher des forces armées longtemps fragmentées par la crise post-Kadhafi.

La Mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul) lui a rendu hommage, soulignant son engagement constant pour l’intérêt national, la stabilité et l’unification des institutions civiles et militaires. En attendant la désignation d’un successeur par le Conseil présidentiel, l’intérim a été confié à son adjoint, le général Salaheddine al-Namrouche.

Dans une Libye toujours marquée par des rivalités profondes, la disparition du général Mohamed al-Haddad aura, au moins temporairement, rapproché deux camps opposés autour d’un deuil partagé et d’un hommage unanime.

Tags : Libye, Mohamed al-Haddad, Deuil national, Crise libyenne, Réconciliation nationale, Afrique du Nord

Rédigé par Kamalenba le Jeudi 25 Décembre 2025 à 22:43

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