« L’élégance républicaine », jusqu’au bout : Cheikh Tidiane Sow répond au débat sur les institutions



Dakar, 18 août 2026 – Dans une tribune consacrée au débat institutionnel et politique, Dr Cheikh Tidiane Sow, coach en communication politique, appelle à appliquer le principe de « l’élégance républicaine » de manière cohérente, quel que soit le camp politique concerné.

Sous le titre « L’élégance républicaine », jusqu’au bout, l’auteur revient notamment sur la procédure de révision constitutionnelle, le rôle du Conseil constitutionnel, les prérogatives du Parlement et la question controversée des fonds secrets.

La Constitution et le rôle du Parlement

Dr Cheikh Tidiane Sow s’appuie d’abord sur l’article 103 de la Constitution, qu’il présente comme reconnaissant concurremment au président de la République et aux députés l’initiative de la révision constitutionnelle.

Pour lui, une majorité parlementaire qui dépose une proposition de révision exerce donc une prérogative constitutionnelle et ne saurait être qualifiée d’« usurpatrice » du seul fait de son initiative.

L’auteur estime ainsi que la légitimité du Parlement doit être reconnue au même titre que celle des autres institutions issues du suffrage.

« Lire le juge, non lui faire dire davantage »

La tribune revient ensuite sur le rôle du Conseil constitutionnel dans la récente controverse institutionnelle.

Dr Sow considère comme légitime le fait de saisir le juge constitutionnel plutôt que de chercher à imposer une procédure contestée. Il estime toutefois qu’il faut s’en tenir strictement à la portée des décisions rendues.

Selon lui, lorsque le Conseil constitutionnel annule une procédure, il ne faut pas automatiquement lui attribuer des qualificatifs ou des analyses politiques qui relèvent davantage du discours des différents camps.

Pour l’auteur, une procédure annulée peut être reprise en respectant les formes prévues par le droit.

La bataille autour des fonds secrets

L’un des principaux arguments développés dans la tribune concerne également la réforme des fonds secrets.

Dr Cheikh Tidiane Sow présente la proposition actuellement soumise au débat parlementaire comme une volonté de réduire l’opacité entourant certaines dépenses publiques.

Selon son analyse, le texte vise notamment à encadrer l’utilisation de ces ressources, en les orientant vers la défense, la sécurité et le renseignement, tout en excluant leur utilisation à des fins politiques et en renforçant leur contrôle.

L’auteur établit un parallèle avec les engagements pris par le chef de l’État en 2024 en matière de gouvernance et de transparence.

Des divergences avec l’exécutif

La tribune critique également l’attitude qu’elle attribue à l’exécutif dans le débat sur les modalités de contrôle de ces fonds.

Dr Sow estime que les discussions autour des amendements et des mécanismes de contrôle illustrent une question plus large : le pouvoir doit-il accepter les mêmes exigences de transparence lorsqu’elles concernent directement son propre fonctionnement ?

Pour lui, l’« élégance républicaine » ne peut être sélective.

« Une majorité n’est pas la Nation »

Dans la dernière partie de son analyse, le coach en communication politique rappelle que ni un parti politique ni une majorité parlementaire ne peuvent être confondus avec l’État ou la Nation.

Mais il ajoute qu’une présidence ne saurait davantage être assimilée à elle seule à la République.

Il défend ainsi une conception de la démocratie dans laquelle l’Assemblée nationale doit être considérée comme un véritable pouvoir institutionnel, avec la possibilité d’exercer les prérogatives que lui reconnaît la Constitution.

Une exigence de cohérence

En conclusion, Dr Cheikh Tidiane Sow reformule le principe placé au cœur de sa tribune : l’élégance républicaine ne consiste pas uniquement à accepter une décision de justice lorsqu’elle est défavorable.

Elle suppose également, selon lui, une cohérence dans l’application du droit, quelles que soient les institutions ou les sensibilités politiques concernées.

« L’élégance républicaine n’est donc pas seulement la force qui s’incline devant le droit. C’est aussi la probité qui ne prend jamais le vocabulaire d’un camp pour la voix de la Constitution. »

Dr Cheikh Tidiane Sow conclut son plaidoyer par une formule qui résume l’ensemble de sa démarche : « Jusqu’au bout, donc. Mais pour tous. »

Rédigé par le Mardi 18 Aout 2026 à 21:46