Justice US : Ultime recours de Donald Trump pour bloquer le versement de 5 millions de dollars à E. Jean Carroll

New York, États-Unis — La bataille judiciaire entre l'ancien président américain et la chroniqueuse E. Jean Carroll connaît un nouveau bras de fer financier de dernière minute. Ce mardi 7 juillet 2026, les avocats de Donald Trump ont déposé un recours d'urgence devant le tribunal fédéral de Manhattan pour bloquer le déblocage imminent de près de 5,8 millions de dollars placés sous séquestre. Cette somme correspond au verdict de 2023 condamnant le milliardaire pour agression sexuelle et diffamation, une décision pourtant validée à la fin du mois de juin par la Cour suprême des États-Unis.



La défense de Trump invoque un recours fantôme devant la Cour suprême

Dans des documents judiciaires transmis au juge de district Lewis Kaplan, la défense de l'ex-président soutient que la procédure de recouvrement ne peut légalement pas débuter. Mes Josh Halpern et Michael Madaio affirment qu'une « demande de réaudience opportune reste en suspens devant la Cour suprême ».

Pourtant, cette ligne de défense se heurte à la réalité des greffes : si la plus haute juridiction américaine a formellement rejeté l'appel de Donald Trump le 29 juin dernier, les registres officiels de la Cour indiquent qu'aucune nouvelle requête de ses avocats n'a été validée ou acceptée pour dépôt cette semaine.

Sur son réseau Truth Social, l'ancien résident de la Maison-Blanche a immédiatement fustigé l'institution judiciaire :

« Sans surprise, la Cour suprême a refusé d'examiner une "Affaire Truquée" intentée contre moi par une femme que je n'ai jamais rencontrée [...] Je continuerai à me battre de toutes mes forces contre cette instrumentalisation politique et cette guerre juridique. »
— Donald Trump sur Truth Social

L'argument de la défense : Carroll veut faire don de l'argent

Pour convaincre le juge Kaplan de maintenir le gel des fonds sur le compte d'entiercement (escrow), les conseillers juridiques de Donald Trump ont avancé un argument inédit, affirmant que le leader républicain risquerait de subir une « perte irrécupérable » si l'argent venait à être décaissé.

Ils pointent directement du doigt les déclarations publiques d'E. Jean Carroll, qui a répété à plusieurs reprises son intention de reverser l'intégralité des dommages et intérêts à des œuvres de charité et des tiers. Selon la défense, si une future décision venait à annuler le verdict en appel, il serait techniquement impossible pour Donald Trump de récupérer ses millions une fois qu'ils auront été redistribués à des organisations caritatives.

« La fin de la route » pour les avocats de l'écrivaine

Face à ce qu'ils qualifient de manœuvre dilatoire abusive, les avocats d'E. Jean Carroll ont exhorté le tribunal à rejeter immédiatement ce recours et à accélérer le calendrier de versement.

Dans un document déposé dès le 30 juin, le conseil de la plaignante a rappelé que cette affaire, qui découle d'une agression survenue au milieu des années 1990 dans les cabines d'un grand magasin de luxe, a déjà fait l'objet de quatre ans de procédures intenses à tous les échelons du système judiciaire fédéral américain. Pour l'accusation, « c'est la fin de la route », et le moment est venu pour le condamné de s'acquitter définitivement de sa dette.

Rédigé par le Mercredi 8 Juillet 2026 à 22:08