Israël « rejette » le plan de paix américain pour Gaza, accepté par le Hamas

Benyamin Netanyahu a rejeté la feuille de route américaine pour Gaza, conditionnant tout retrait au « véritable » désarmement du Hamas, au risque d'un bras de fer avec Washington.



Israël rejette la dernière feuille de route américaine, acceptée par le Hamas et censée lancer la deuxième étape du plan de paix à Gaza, a annoncé dimanche 9 août Benyamin Netanyahu, conditionnant tout retrait de ses troupes à un « véritable » désarmement du Hamas.

Un rejet explicite sous pression de l'extrême droite

Le Premier ministre israélien, qui avait fait part de ses réticences sur ce texte ces derniers jours, a explicitement annoncé son rejet alors qu'il est confronté à une forte contestation de ses alliés d'extrême droite, à quelques mois de législatives délicates. Le Hamas a dans la foulée appelé les Américains à faire pression sur Netanyahu et son gouvernement afin qu'ils respectent la feuille de route sans l'entraver pour des raisons de politique intérieure ou électorale, selon un responsable du mouvement cité par l'AFP.

Lors d'une réunion du cabinet, Netanyahu a affirmé qu'Israël rejetait le document en 15 points présenté fin juillet par le Conseil de paix de Donald Trump, précisant que son armée n'effectuerait aucun retrait du territoire palestinien tant que le Hamas ne serait pas véritablement désarmé.

« La seule voie à suivre », selon le Conseil de paix

Le représentant du Conseil de paix pour le territoire palestinien, Nikolaï Mladenov, a de son côté défendu ce plan comme la seule option permettant d'éviter une attaque similaire à celle du 7 octobre 2023, lors d'un entretien accordé à la chaîne israélienne Channel 12. Le mouvement islamiste palestinien, qui avait accepté ce texte liant son désarmement à un retrait progressif des troupes israéliennes, s'était redit prêt samedi à le mettre en œuvre, appelant déjà à des pressions américaines en ce sens.

Un désarmement total exigé par Israël

À l'issue d'une rencontre le 3 août avec Netanyahu, Nikolaï Mladenov avait assuré au dirigeant israélien qu'Israël ne se retirerait qu'après un désarmement complet du Hamas, sans parvenir à convaincre la partie israélienne. Le texte prévoit que le désarmement du Hamas et le stockage de son arsenal soient assurés par le Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), un organe technocratique palestinien actuellement bloqué en Égypte en raison du refus israélien de le laisser entrer sur le territoire.

Le mouvement islamiste défend depuis longtemps un désarmement progressif plutôt qu'une reddition unilatérale de son arsenal. Netanyahu a évoqué des discussions en cours avec les États-Unis sur les objections israéliennes, insistant sur la nécessité pour le Hamas de renoncer à toutes ses armes, lourdes comme légères, et précisant qu'il exigeait un désarmement réel et non fictif.

Netanyahu tient tête à Washington

Selon le correspondant de RFI à Jérusalem, Michel Paul, ce rejet traduit une divergence fondamentale sur le calendrier : Netanyahu exige un désarmement total et vérifié du Hamas avant tout retrait israélien, refusant l'option d'un retrait progressif. Confronté à la pression de ses alliés d'extrême droite et à l'approche de législatives délicates, il a également réaffirmé son opposition absolue à la création d'un État palestinien, à Gaza comme en Cisjordanie.

Au-delà du dossier gazaoui, le Premier ministre israélien s'est montré offensif sur l'Iran et le Liban, martelant que l'Iran n'aura jamais l'arme nucléaire tant qu'il sera au pouvoir, tout en défendant la poursuite des frappes militaires au Liban. Ce rejet s'adresse toutefois avant tout à la Maison Blanche : tout en réaffirmant son estime pour Donald Trump, Netanyahu affiche sa capacité à tenir tête aux Américains, prenant le risque d'ouvrir un bras de fer direct avec l'administration Trump en rejetant l'une de ses initiatives phares.

Benyamin Netanyahu a rejeté le plan de paix américain pour Gaza pourtant accepté par le Hamas, exigeant un désarmement total et vérifié avant tout retrait israélien, un choix qui expose le dirigeant israélien à un possible bras de fer avec Washington tout en confortant sa position face à son aile droite.

Rédigé par le Lundi 10 Aout 2026 à 00:10