L'armée israélienne a reconnu mercredi que ses soldats avaient ouvert le feu en 2024 sur un véhicule transportant Hind Rajab, une fillette palestinienne de 5 ans, ainsi que des membres de sa famille, dans la bande de Gaza. Une enquête criminelle a été ouverte, bien que les organisations de défense des droits humains soulignent que ce type de procédure aboutit rarement à des condamnations.
Cette mort avait été l'un des épisodes les plus médiatisés parmi les pertes civiles survenues pendant l'offensive militaire israélienne à Gaza, lancée après les attaques menées par le Hamas contre le sud d'Israël en 2023.
La fillette est morte après être restée bloquée pendant des heures dans la voiture familiale, suppliant par téléphone des secouristes palestiniens de venir à son aide, alors que sa tante, son oncle et trois cousins étaient déjà morts autour d'elle. Une ambulance avait été envoyée sur place, mais le contact avait été perdu peu après son arrivée. Les corps de la fillette, de ses proches et de deux ambulanciers n'ont été retrouvés que douze jours plus tard.
L'armée, qui avait initialement nié la présence de ses troupes dans le secteur, a indiqué qu'à l'issue d'une enquête interne de plusieurs mois, elle avait établi que des soldats avaient tiré sur le véhicule alors qu'il s'approchait de leur position, et qu'un obus avait ensuite touché une ambulance du Croissant-Rouge palestinien dépêchée sur les lieux.
Dans son communiqué, l'armée a évoqué des "défaillances alléguées dans la coordination du déplacement" de l'ambulance pour justifier l'ouverture d'une enquête criminelle. Une procédure similaire a également été lancée concernant la mort de quinze secouristes et travailleurs humanitaires en mars 2025. En revanche, dans trois autres dossiers — dont celui des sept employés de l'ONG World Central Kitchen tués en avril 2024 — l'armée a estimé qu'il n'y avait pas matière à poursuites.
Des enquêtes qui aboutissent rarement à des condamnations, selon les ONG
Un film consacré à la mort de Hind Rajab a été récompensé au Festival de Venise et nommé aux Oscars.
Interrogée par Reuters dans un camp de déplacés de Gaza, la grand-mère de la fillette — qui portait le même prénom qu'elle — a dit ne pas faire confiance à la justice israélienne, plaidant pour une intervention de la communauté internationale.
Des organisations israéliennes de défense des droits humains, comme Yesh Din, rappellent que seule une infime part des enquêtes pour faute pénale visant des soldats impliqués dans la mort de Palestiniens débouche sur des mises en accusation, la pression politique croissante dissuadant davantage encore les autorités judiciaires d'agir.
Selon les autorités sanitaires de Gaza et l'armée israélienne, plus de 73 000 Palestiniens ont été tués depuis le début de la guerre en 2023, auxquels s'ajoutent des milliers de victimes des opérations militaires israéliennes dans le sud du Liban. Le cessez-le-feu instauré en octobre dernier a mis fin aux combats de grande ampleur, mais les frappes israéliennes se poursuivent — plus de 1 200 Palestiniens et quatre soldats israéliens ayant été tués depuis la trêve.
Cette mort avait été l'un des épisodes les plus médiatisés parmi les pertes civiles survenues pendant l'offensive militaire israélienne à Gaza, lancée après les attaques menées par le Hamas contre le sud d'Israël en 2023.
La fillette est morte après être restée bloquée pendant des heures dans la voiture familiale, suppliant par téléphone des secouristes palestiniens de venir à son aide, alors que sa tante, son oncle et trois cousins étaient déjà morts autour d'elle. Une ambulance avait été envoyée sur place, mais le contact avait été perdu peu après son arrivée. Les corps de la fillette, de ses proches et de deux ambulanciers n'ont été retrouvés que douze jours plus tard.
L'armée, qui avait initialement nié la présence de ses troupes dans le secteur, a indiqué qu'à l'issue d'une enquête interne de plusieurs mois, elle avait établi que des soldats avaient tiré sur le véhicule alors qu'il s'approchait de leur position, et qu'un obus avait ensuite touché une ambulance du Croissant-Rouge palestinien dépêchée sur les lieux.
Dans son communiqué, l'armée a évoqué des "défaillances alléguées dans la coordination du déplacement" de l'ambulance pour justifier l'ouverture d'une enquête criminelle. Une procédure similaire a également été lancée concernant la mort de quinze secouristes et travailleurs humanitaires en mars 2025. En revanche, dans trois autres dossiers — dont celui des sept employés de l'ONG World Central Kitchen tués en avril 2024 — l'armée a estimé qu'il n'y avait pas matière à poursuites.
Des enquêtes qui aboutissent rarement à des condamnations, selon les ONG
Un film consacré à la mort de Hind Rajab a été récompensé au Festival de Venise et nommé aux Oscars.
Interrogée par Reuters dans un camp de déplacés de Gaza, la grand-mère de la fillette — qui portait le même prénom qu'elle — a dit ne pas faire confiance à la justice israélienne, plaidant pour une intervention de la communauté internationale.
Des organisations israéliennes de défense des droits humains, comme Yesh Din, rappellent que seule une infime part des enquêtes pour faute pénale visant des soldats impliqués dans la mort de Palestiniens débouche sur des mises en accusation, la pression politique croissante dissuadant davantage encore les autorités judiciaires d'agir.
Selon les autorités sanitaires de Gaza et l'armée israélienne, plus de 73 000 Palestiniens ont été tués depuis le début de la guerre en 2023, auxquels s'ajoutent des milliers de victimes des opérations militaires israéliennes dans le sud du Liban. Le cessez-le-feu instauré en octobre dernier a mis fin aux combats de grande ampleur, mais les frappes israéliennes se poursuivent — plus de 1 200 Palestiniens et quatre soldats israéliens ayant été tués depuis la trêve.