Guerre en Iran: deux candidats républicains au Sénat prennent leurs distances avec Donald Trump face à la flambée des prix

Alors que la cote de popularité de Donald Trump vient de toucher un plancher historique, deux candidats républicains engagés dans des courses sénatoriales serrées, Ashley Hinson en Iowa et Mike Rogers dans le Michigan, ont appelé lundi à une fin rapide de la guerre en Iran — un revirement notable pour deux élus qui avaient auparavant soutenu la ligne présidentielle sur ce dossier.



Engagés tous deux dans des duels électoraux particulièrement disputés — Mike Rogers face au démocrate Abdul El-Sayed dans le Michigan, Ashley Hinson face au démocrate Josh Turek en Iowa — les deux candidats républicains ont adopté lundi un ton nettement plus conciliant sur le dossier iranien, après avoir précédemment soutenu l'autorité présidentielle à mener des frappes contre Téhéran.

Ce basculement est particulièrement remarqué dans le cas d'Ashley Hinson, actuellement élue à la Chambre des représentants, qui avait voté à six reprises contre des textes visant à limiter la capacité de Donald Trump à poursuivre le conflit — y compris pas plus tard que la semaine dernière. « Les habitants de l'Iowa sont étranglés financièrement et ne devraient pas avoir à payer la facture de la guerre en Iran à la pompe ou à la caisse du supermarché », a-t-elle écrit sur les réseaux sociaux, appelant à la suspension des taxes sur l'essence, à une pause des exportations de diesel et à d'autres mesures, tout en réclamant que le conflit soit « mené à une conclusion rapide et réussie ».

Ces prises de position traduisent une inquiétude grandissante chez certains candidats républicains en position de fragilité électorale, qui redoutent que ce conflit vieux de près de sept mois ne devienne un véritable boulet politique à l'approche des élections de mi-mandat de novembre — un scrutin qui déterminera si le parti républicain parvient à conserver ses courtes majorités à la Chambre des représentants et au Sénat.

L'opinion publique américaine s'est en effet nettement dégradée, tant sur la gestion économique de Donald Trump que sur sa conduite du conflit iranien, dans un contexte d'inflation qui reste obstinément élevée. Selon le dernier sondage Reuters/Ipsos publié lundi, la cote de popularité du président est tombée à 32 %, un plus bas historique depuis son retour au pouvoir.

Un nouveau spot de campagne pour Mike Rogers

Mike Rogers avait lui aussi précédemment soutenu les frappes ordonnées par Trump contre l'Iran, plaidant même fin juillet, lors d'une interview accordée à CBS Detroit, contre toute limitation de l'autorité présidentielle à poursuivre le conflit pendant que Washington négociait sa fin. Mais dans une publicité de campagne publiée lundi sur le réseau X, filmée depuis un supermarché, le candidat républicain a nettement changé de registre. « La guerre avec l'Iran doit se terminer, et se terminer rapidement », a-t-il déclaré. « Quand ce sera le cas, les coûts de l'énergie chuteront. Mais les familles du Michigan ne peuvent pas se permettre d'attendre que cela arrive. Nous devons agir maintenant. » Rogers a également réclamé la suspension des taxes fédérales et étatiques sur l'essence, ainsi qu'un arrêt temporaire des exportations américaines de diesel.

La question des prix du diesel revêt une sensibilité politique toute particulière en Iowa, où l'agriculture occupe une place prépondérante dans l'économie de l'État et où les exploitants agricoles dépendent fortement d'équipements et de moyens de transport fonctionnant au gazole.

Les démocrates dénoncent un calcul électoral

Du côté démocrate, ces appels soudains à une fin rapide du conflit sont perçus comme un pur repositionnement électoral de la part de républicains qui avaient jusqu'ici soutenu sans réserve la gestion du dossier par Donald Trump. « Mike Rogers ne fait volte-face maintenant que parce que l'essence a atteint 5 dollars le gallon et que les prix du diesel ont battu des records », a réagi Abdul El-Sayed, son adversaire démocrate, dans un communiqué. De son côté, Josh Turek, adversaire d'Ashley Hinson, a écrit sur X : « C'est facile d'envoyer un tweet, mais quand vous avez eu l'occasion de voter pour mettre fin à cette guerre, vous avez choisi de ne pas le faire. »

Une défiance grandissante au sein du camp républicain

Ce mouvement de distanciation vis-à-vis de Donald Trump ne se limite pas aux deux candidats sénatoriaux. La semaine dernière déjà, les représentants de l'Iowa Zach Nunn et Mariannette Miller-Meeks, tous deux républicains engagés dans des courses de réélection difficiles à la Chambre, avaient opéré un revirement similaire en votant, aux côtés des démocrates, pour limiter les pouvoirs de guerre du président concernant l'Iran.

Jeudi dernier, c'est l'élue de Floride Maria Elvira Salazar qui avait, à son tour, diffusé une publicité mettant en garde contre les excès de la politique migratoire répressive de Donald Trump, estimant que certains de ses soutiens hispaniques se sentaient aujourd'hui trahis.

Rédigé par le Mardi 22 Septembre 2026 à 03:59